La France présente quelques unes de ses mesures innovantes pour lutter contre l’antibiorésistance

La France est engagée depuis de nombreuses années dans la lutte contre l’antibiorésistance, qui est une réelle menace pour la santé publique, identifiée comme sujet prioritaire par l’OMS et les Nations Unies.

Une feuille de route interministérielle publiée en 2016 liste d’ailleurs 40 actions à mener en France, dans une perspective “Une seule santé”.

Ce document d’information présente de manière succincte quelques mesures innovantes en santé humaine pour maîtriser l’antibiorésistance mises en place à ce jour (mai 2020). Il sera actualisé de manière annuelle.

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2019
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Liste des produits de santé financés au titre des prestations d’hospitalisation prévue à l’article L. 165-11 du code de la sécurité sociale

Le dispositif « intra-GHS », introduit à l’article L. 165-11 du code de la sécurité sociale par la loi du 29 décembre 2011 de renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé, conditionne l’achat, la fourniture et l’utilisation de certains dispositifs médicaux par les établissements de santé, et leur prise en charge au titre des prestations d’hospitalisation, à l’inscription sur une liste, dite « intra-GHS ».

Rappel du dispositif

Les dispositifs médicaux concernés par le dispositif « intra-GHS »appartiennent à des catégories homogènes de produits de santé déterminées par arrêtés des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale. Ces catégories de dispositifs médicaux sont déterminées au regard de leurs caractères invasifs ou des risques que ces derniers peuvent présenter pour la santé humaine.

Afin d’être inscrits sur la liste « intra-GHS », les dispositifs médicaux doivent faire l’objet au préalable d’une évaluation par la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDiMTS) de la Haute autorité de santé (HAS).

Les dispositifs médicaux doivent justifer de l’une au moins des exigences suivantes : la validation de l’efficacité clinique des dispositifs, la définition de spécifications techniques particulières ou l’appréciation de leur efficience au regard des alternatives thérapeutiques disponibles.

Cette évaluation permet ainsi, dans des domaines où les risques et les enjeux pour les patients sont majeurs, de renforcer l’obligation de production de données cliniques, au-delà de celles fournies à l’appui de la demande de marquage CE, dans le but d’étayer la pertinence de leur utilisation et de leur prise en charge.

Sur la base de l’avis rendu par la CNEDiMTS à l’issue de son évaluation, les ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale prennent la décision d’inscrire (par le biais d’un arrêté) ou non les dispositifs médicaux sur la liste « intra-GHS ». Au-delà du délai fixé par l’arrêté fixant les catégories homogènes, les dispositifs médicaux concernés doivent être inscrits sur cette liste positive pour continuer à pouvoir être achetés et utilisés par les établissements de santé et être pris en charge au titre des prestations d’hospitalisation.

L’inscription d’une catégorie homogène de DM sur la liste « intra-GHS » peut s’effectuer sous forme de nom de marque ou de ligne générique.

Le dispositif « intra-GHS » est réglementé dans le code de la sécurité sociale aux articles L. 165-11 et R. 165-49 à R.165-62.

Les catégories homogènes retenues au titre de 2013

L’arrêté du 28 novembre 2013 modifié [1] a défini 5 catégories homogènes de dispositifs médicaux nécessitant une évaluation :

- les défibrillateurs cardiaques implantables avec sonde endocavitaire (simple, double et triple chambre) ;
- les défibrillateurs cardiaques implantables sans sonde endocavitaire ;
- les stents intracrâniens utilisés dans l’angioplastie des sténoses athéromateuses ;
- les valves cardiaques chirurgicales biologiques avec suture

- les valves cardiaques chirurgicales biologiques sans suture

Le processus d’évaluation des quatre premières catégories citées (défibrillateurs cardiaques implantables avec et sans sonde endocavitaire, stents intracraniens et valves cardiaques chirurgicales biologiques avec suture) est achevé. Les dispositifs qui peuvent être achetés et utilisés par les établissements de santé sont désormais inscrits sur la liste « intra-GHS ».

Pour la cinquième catégorie, les valves cardiaques chirurgicales biologiques sans suture, le processus d’évaluation et d’inscription sur la liste positive intra-GHS est en cours et prendra fin au 3 juin 2020.

Les catégories homogènes définies au titre de 2019

L’arrêté du 22 février 2019, modifié par l’arrêté du 26 novembre 2019, [2] a défini 5 nouvelles catégories homogènes de dispositifs médicaux :

- les dispositifs implantables destinés au traitement par voie vaginale du prolapsus des organes pelviens ;
- les dispositifs implantables destinés au traitement par voie vaginale de l’incontinence urinaire ;
- les dispositifs destinés au traitement par voie haute du prolapsus des organes pelviens ;
- les stents intracrâniens pour diversion de flux (flow diverter) ;

- les dispositifs de thrombectomie, comprenant les stents retrievers, les systèmes de thrombo-aspiration ainsi que les cathéters guide à ballonnets spécifiques à la thrombectomie.

Le schéma ci-dessous reprend les 10 catégories homogènes de dispositifs médicaux concernées par le dispositif « intra-GHS » ainsi que leurs calendriers respectifs pour l’inscription sur la liste positive des dispositifs médicaux correspondants.

Publication de la liste Intra-GHS

Après la publication des arrêtés d’inscription, la liste « intra-GHS » consolidée est rendue accessible sur cette page et est mise à jour au fur et à mesure de la publication de nouveaux arrêtés.

pdf Liste intra-GHS (Mars 2020) Téléchargement (696.1 ko)

Recommandations à l’attention des fabricants

L’article R. 165-55 du code de la sécurité sociale prévoit que « les décisions relatives à l’inscription ou à la modification des conditions d’inscription d’un produit sur la liste prévue au I de l’article L. 165-11 sont publiées au Journal officiel. Elles sont prises et communiquées dans un délai de cent quatre-vingt jours à compter de la réception de la demande ».

Ce délai de 180 jours, soit environ 6 mois, correspond au temps nécessaire à la Haute autorité de santé pour évaluer et aux ministres compétents pour prendre la décision d’inscrire ou non sur la liste « intra-GHS » un produit de santé donné.

Dans le cas d’un dépôt tardif de demande d’inscription sur la liste intra-GHS, si le temps de l’évaluation et de la prise de décision d’un produit de santé devait se prolonger au delà de la fin du délai prévue par l’arrêté fixant sa catégorie homogène, cela conduirait à la rupture de prise en charge du produit par l’assurance maladie, voire d’accès aux soins pour le patient, notamment dans le cas d’une catégorie homogène où un seul dossier aurait été déposé. En effet, un produit qui n’est pas inscrit sur la liste « intra-GHS » à la date fixée par arrêté ne peut plus être acheté, fourni et utilisé par les établissements de santé, ni pris en charge au titre des prestations d’hospitalisation.

Dès lors, les ministères chargés de la santé et de la sécurité sociale et la Haute autorité de santé recommandent aux industriels de déposer leurs dossiers de demande au plus tard 180 jours avant la fin du délai prévu par arrêté pour la catégorie homogène dont fait partie leur produit de santé.

Modalités de dépôt des dossiers

Pour toute demande d’inscription sur la liste intra-GHS, l’intégralité du dossier doit être déposé auprès de la CNEDiMTS de façon dématérialisée comme indiqué sur le site de la HAS. Une copie de l’intégralité du dossier doit être adressée au Ministère des Solidarités et de la Santé à l’adresse : DGS-PP3@sante.gouv.fr

Vous mentionnerez un seul correspondant qui sera l’unique destinataire et interlocuteur des échanges avec la HAS tout au long de l’instruction du dossier

Le schéma ci-dessous résume les étapes en vue d’une inscription sur la liste « intra-GHS » d’un dispositif médical.


Source

Direction générale de la santé

Sous-direction de la politique des produits de santé et de la qualité des pratiques et des soins

Bureau des dispositifs médicaux et des autres produits de santé

14, avenue Duquesne – 75350 PARIS 07 SP

Courriel : DGS-PP3@sante.gouv.fr



Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine

La lutte contre le moustique tigre fait partie intégrante de la lutte antivectorielle (LAV). Le moustique Aedes albopictus (communément appelé “moustique tigre”) est un moustique originaire d’Asie. Il est le vecteur de maladies telles que la dengue, le chikungunya ou le zika. En métropole, ce moustique s’est développé rapidement depuis 2004 et est désormais implanté dans 58 départements.

Plus récemment, un autre type de moustique, très répandu, le Culex pipiens, a transmis un autre type de virus, le virus du Nil occidental (ou West Nile Virus)

Ces cartes officielles de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine sont destinées à l’information des décideurs et du grand public. Elles sont actualisées régulièrement.

Carte de présence des moustiques vecteurs Aedes albopictus

Le moustique tigre est essentiellement urbain. Son caractère anthropophile (qui aime les lieux habités par l’homme) explique qu’une fois installé dans une commune ou un département, il est pratiquement impossible de s’en débarrasser. Les départements dans lesquels le moustique tigre est implanté et actif, sont répartis en 2 catégories, les départements faiblement colonisés si moins de 40 % des communes du département sont colonisées, les départements fortement colonisés si au moins 40 % des communes du département sont colonisées.

- En 2019, 58 départements sont colonisés par le moustique vecteur Aedes albopictus (sur les 96 départements métropolitains)

Diffusion d’Aedes albopictus (moustique tigre) au fil du temps

- Le fichier ci-dessous est constitué d’un ensemble de cartes montrant les départements colonisés par Aedes albopictus pour chaque année de 2004 à 2018.

pdf Extension du moustique Aedes albopictus en France métropolitaine de 2004 à (…) Téléchargement (929.5 ko)

Population exposée

- La carte ci-dessous, montre le % de population exposée des départements où le moustique tigre est présent :

Ressources documentaires à l’attention des organismes de formation

La mise à disposition du public d’un appareil de bronzage est encadrée par plusieurs textes qui précisent notamment les exigences en matière de formation des personnes qui mettent à disposition ces appareils (esthéticiennes…)

-Décret n°2013-1261 du 27 décembre 2013 relatif à la vente et à la mise à disposition du public de certains appareils utilisant des rayonnements ultraviolets

-Arrêté du 29 juin 2017 relatif à la formation préalable à la mise à disposition ou à la participation à la mise à disposition d’un appareil de bronzage au public ainsi qu’aux modalités de certification des organismes de formation et aux conditions d’accréditation des organismes certificateurs

-Guide de lecture du référentiel de certification des organismes de formation UV

-Éléments de langage relatifs au déploiement de la certification des organismes de formation qui délivrent des attestations de compétence

-Synthèse des exigences en matière d’attestation de formation pour mettre un appareil de bronzage à disposition du public ou participer à cette mise à disposition
« Attention : Au vu des exigences en matière d’attestation de formation pour mettre un appareil de bronzage à disposition du public ou participer à cette mise à disposition, les besoins en formation jusqu’à fin 2018 se limitent à des premières formations nouvelle formule. Aucun candidat n’aura à renouveler une attestation de compétence par une formation de renouvellement avant le 1er janvier 2019 au plus tôt. Une attestation de compétence délivrée par un organisme de formation suite à une formation de renouvellement avant 2019 ne sera pas conforme à la réglementation en vigueur et donc non valide. En outre, au regard du processus de certification, l’offre de formations de renouvellement à la place de premières formations par un organisme de formation sera formalisée par une non-conformité majeure. »

Liste des organismes certificateurs

Le seul organisme certificateur est QUALIANOR.

Liste des organismes de formation certifiés :

  • ACADÉMIE GUINOT MARY COHR – 52 rue Laffitte – 75009 PARIS
  • APAVE – 90 avenue Gay Lussac – 33370 ARTIGUES PRES BORDEAUX
  • BRC FORMATION – 200 avenue Georges Durand – 72100 LE MANS
  • CCPEC – 1-3 rue de l’Arquette – 14000 CAEN
  • CEPAL – 3 rue de la Vezouze – 54520 LAXOU
  • CEVINO – 254 avenue Frederic Mistral – 84200 CARPENTRAS
  • Chambre de Métiers des Hauts de France, Antenne URMA de Tourcoing le Virolois – 78 rue des Piats – 59200 TOURCOING
  • Chambre de Métiers des Hauts de France, Antenne URMA de Béthune – 223 Boulevard Vauban – 62400 BETHUNE
  • Chambre de Métiers des Hauts de France, Antenne URMA de Saint-Martin-Boulogne – rue Mont Joie – 62280 SAINT-MARTIN-BOULOGNE
  • Chambre de Métiers des Hauts de France, CFA de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Aisne – 1 passage Brise Bêches – 02400 CHATEAU-THIERRY
  • Chambre des Métiers et de l’artisanat des Hauts de France – 383 Avenue des Arts et Métiers – 59880 SAINT SAULVE
  • CFA Marc Ruyer – 34-36 avenue des Canadiens – 76140 LE PETIT QUEVILLY
  • DG FORMATION PLUS – 6 rue Jacques de Vaucanson – 60200 COMPIEGNE
  • École de coiffure et d’esthétique SCOTTO DI CESARE – 2 allée de Laroiseau – 56000 VANNES
  • ÉCOLE ELYSEES CANNES – 22 Boulevard de la république – 06400 CANNES
  • ÉCOLE ELYSEES MARBEUF – 64 bis rue la Boétie – 75008 PARIS
  • ÉCOLE LE COZIC – 52 boulevard Villebois Mareuil – 35000 RENNES
  • ÉCOLE VENDÔME – 5 avenue de Colmar – 68200 MULHOUSE
  • EISEC – 2 rue du Dauphiné – 21121 FONTAINE LES DIJON
  • ESDEC – 96 boulevard Louis Blanc – 85000 LA ROCHE-Sur-YON
  • ESPACE FORMATION METIERS ARTISANAT – Champ Fleuri, 10 rue St Honoré – 38308 BOURGOIN-JALLIEU Cedex
  • FB Formation Esthétique – 10 rue Sainte Opportune – 86000 POITIERS
  • FERD Formation Esthétique Rive Droite – 23 avenue du Mirail – 33370 ARTIGUES-PRES-BORDEAUX
  • FORMABELLE – 58 avenue du Latium – 34070 MONTPELLIER
  • GRETA de l’Oise – 47 boulevard Pierre de Coubertin – 60180 NOGENT-sur-OISE
  • INFORMAT’IF – 2 rue d’Isly – 59000 LILLE
  • MAESTRIS BEAUTE – 50 allée de SAFED – BATIMENT ATRIUM – 59777 EURALILLE
  • OGEC INSTITUTION JEANNE D’ARC – 157 rue de l’Hôtel de Ville – 59620 AULNOYE-AYMERIES
  • PEYREFITTE Esthétique – 24 quai Tilsitt – 69002 LYON
  • PLANET BEAUTÉ – 4 impasse Bonfils – 30900 NÎMES
  • SILVYA TERRADE ARRAS – 114 rue saint Aubert – 62000 ARRAS
  • SILVYA TERRADE MONTPELLIER – 16 et 18 rue Durand – 34000 MONTPELLIER
  • SILVYA TERRADE ROUEN – 52 rue Jean Lecanuet – 76000 ROUEN
  • SILVYA TERRADE LYON – 73 rue Louis Blanc – 69006 LYON
  • SUSINI Esthétique – 384 avenue du Club hippique CS 10450 – 13090 AIX EN PROVENCE CEDEX

Liste des organismes de formation dont le dossier de demande de certification a été jugé recevable et pouvant délivrer une première formation dans l’attente de la certification :

  • AUDITINS – 137 rue de Bonnetable – 72000 LE MANS
  • SILVYA TERRADE NANTES – 1 place de la Galarne – 44200 NANTES

Ces organismes de formation peuvent délivrer l’attestation de compétence requise pour mettre à disposition ou participer à la mise à disposition des appareils de bronzage.

Source :

Direction générale de la santé

Sous-direction “Prévention des risques liés à l’environnement et à l’alimentation”

14 avenue Duquesne

75350 Paris 07 SP

Discours d’Olivier Véran, conférence de presse du 21 mars 2020

Conférence de presse du 21 mars 2020 – COVID-19.

Seul le prononcé fait foi

pdf Discours d’Olivier Véran, conférence de presse du 21 mars 2020 Téléchargement (370.2 ko)

Mesdames, messieurs,

Depuis mardi, en restant chez eux, les Français ont pris le chemin de la résistance contre le virus.

C’est une course de fond qui s’engage et nous n’en sommes qu’au début ; nous ne savons pas encore pour combien de temps nous devrons nous tenir à distance les uns des autres, mais une chose est certaine : il faudra se montrer très patient et très solidaire.

Une autre chose est certaine et il ne faut pas avoir peur de le dire : dans un premier temps, la situation va continuer à s’aggraver, avant que les effets du confinement, de la prise de distance fassent leur preuve. Je rappelle qu’ils permettent de limiter le nombre de personnes infectées et le nombre de personnes admises dans nos hôpitaux.

La France est loin d’être isolée dans sa stratégie. Le confinement généralisé, la fermeture des écoles, la limitation des rassemblements sont des mesures désormais adoptées par la quasi-totalité des pays européens. Nous ne faisons ni plus, ni moins que les autres et nous nous inscrivons dans une stratégie concertée au jour le jour. Seuls les moments de mise en place ont pu être différents, tenant compte des différences de stades d’épidémie constatés dans chaque pays.

Les Français s’interrogent et nous interrogent légitimement sur l’étendue actuelle du confinement et notre capacité à le faire respecter. Ils s’interrogent et nous interrogent sur la durée de ce confinement : j’ai saisi le conseil scientifique de ces questions légitimes qui rendra des conclusions publiques lundi.

Notre ennemi est récent, il était encore inconnu au début de l’année et grâce à la recherche, grâce à la science, grâce à la médecine, nous le comprenons mieux chaque jour. Plus personne désormais ne sous-estime sa dangerosité pour l’homme. Je rappelle que si 85% des symptômes sont bénins, que 98 à 99% des personnes guérissent, le COVID-19 peut tuer. Si les personnes les plus fragiles sont aussi les plus âgées et les plus malades, il y a dans nos services de réanimation, de nombreux patients plus jeunes.

Le confinement généralisé – appliqué partout avec rigueur et détermination –est la clé pour vaincre l’épidémie, donner du

temps à nos hôpitaux et nos soignants, sauver de nombreuses vies.

Et je veux vous le dire comme je le pense : en de pareilles circonstances, la désinvolture et la légèreté ne sont pas seulement irresponsables, elles sont dangereuses pour soi et dangereuses pour les autres.

Depuis le premier jour, les Français ont pu observer avec fierté mais aussi soulagement que nous étions capables d’une union nationale indispensable pour maintenir la cohésion dans notre société. Je le redis, la polémique non plus n’a pas sa place, à l’heure d’un péril inédit, et au vu des sacrifices consentis.

Ces derniers jours, un enjeu est sur toutes les lèvres, celui des équipements en masques de protection.

Je veux dire aux Français, en particulier aux soignants, que je comprends et partage leurs attentes et parfois leurs colères face à cette situation qui, de fait, prive un certain nombre de nos concitoyens de masques dans des situations qui le nécessitent pourtant.

Vous savez, face à une épidémie d’une telle ampleur, il pourrait être facile de mobiliser notre énergie sur la recherche de responsabilités. Je nous invite collectivement à mobiliser dans la période notre énergie auprès de celles et ceux qui sauvent des vies, avec celles et ceux qui maintiennent notre pays en vie. Il sera temps le moment venu, de tirer toutes les conséquences en matière de préparation de notre pays face à une menace qui, je le rappelle, constitue une première sanitaire depuis plus d’un siècle.

Ayant dit cela, je veux me livrer aujourd’hui comme je l’ai fait à chaque occasion depuis que je suis ministre, à un exercice de transparence absolue et vous présenter la situation telle qu’elle est.

Suite à de premières alertes sérieuses, qui auraient pu évoluer comme la crise actuelle, les pouvoirs publics ont pris la décision, il y a une dizaine d’années, d’équiper la France d’un milliard de masques chirurgicaux et de 600 millions de masques FFP2. Souvenons-nous qu’à l’époque, certains avaient raillé la ministre de la santé pour toutes ses précautions. Les vérités d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui.

Quels que soient les processus de décision ayant conduit à ce que ces stocks ne soient pas renouvelés dans la durée, toujours est-il que ces stocks de masques se sont réduits année après année. De sorte, que lorsque le COVID est apparu, il ne restait qu’un stock d’Etat de 117 millions de masques chirurgicaux pour adultes et aucun stock stratégique d’Etat de masques FFP2.

C’est parce que nous avons, dès le début, considéré que la disponibilité en masques allait être une difficulté dans la gestion de cette crise qu’il a été décidé de recourir dès le mois de janvier à l’importation de masques, en provenance de tous les pays producteurs, avant même les premiers cas sur le territoire national.

Nous avons tout mis en œuvre pour augmenter notre stock, dans un marché, vous le savez, extrêmement tendu et où une grande partie de la production vient de Chine, berceau de l’épidémie. La France, en plus des stocks et de la production nationale renforcée, a ainsi passé plusieurs commandes de masques de protection à l’étranger auprès d’industriels en capacité de fournir rapidement de gros volumes. Ainsi, je peux vous annoncer que nous avons d’ores et déjà signé plusieurs commandes de plus de 250 millions de masques qui seront livrés progressivement.

En parallèle, de nombreuses personnes, institutions, ou entreprises, se sont mobilisées face à cette situation exceptionnelle pour faire dons de masques supplémentaires : le Crédit Agricole, LVMH. Je tiens à les remercier de leur engagement exceptionnel pour protéger notre système de santé et nos patients les plus fragiles.

J’entends bien sur l’urgence de donner des masques à ceux qui nous protègent, à ceux qui nous soignent, à ceux qui sont malades.

Ma responsabilité de ministre, c’est aussi de tout mettre en œuvre pour que ces masques si indispensables puissent être délivrés dans la durée. Je connais la durée de nos stocks, je ne connais pas encore celle de l’épidémie.

C’est pourquoi, une stratégie nationale d’utilisation des masques a été mise en place afin de pouvoir préserver notre système de santé, nos soignants, et les patients les plus fragiles. Elle nous permet de garantir que toutes les personnes qui doivent être protégées par un masque puissent en bénéficier pendant toute la durée de l’épidémie.

Je veux revenir brièvement sur les décisions déjà prises avant d’annoncer celles à venir.

Les masques ont d’abord été distribués au sein des zones de circulation active du virus, parce que notre choix a toujours été de donner la priorité aux personnels exposés et aux zones qui en avaient le plus besoin.

A la fin du mois de février, 15 millions de masques chirurgicaux ont été livrés aux établissements de santé de première et de deuxième ligne.

Dès le 3 mars, à la demande du Président de la République, nous avons sécurisé notre équipement en masques par une réquisition de toutes les ressources disponibles sur le territoire national. Nous sommes le seul pays à avoir pris une telle décision.

Dès le début du mois du mars également, nous avons distribué 25 millions de masques pour répondre aux besoins des établissements de santé de référence mais aussi aux professionnels de santé de ville, des professionnels du secteur médico-social et des transporteurs sanitaires.

Des livraisons de masques ont aussi été réalisées, les 17 et 18 mars, à hauteur de 1,6 millions de masques de norme FFP2 et de 10,7 millions de masques chirurgicaux pour les professionnels de ville en première ligne pour la prise en charge en ville de malades suspects ou confirmés du COVID- 19.

Vous l’aurez compris, j’ai fait le choix difficile mais un choix responsable d’octroyer les masques de protection d’abord aux professionnels de santé pour nous permettre de tenir le plus longtemps possible.

Depuis des semaines, nous travaillons jour et nuit à augmenter la production et les importations de masques. Toute production possible a été commandée. Toute production disponible a été réquisitionnée. Toute distribution possible a été assurée.

Un approvisionnement a été réalisé ces derniers jours auprès des établissements les plus exposés dans le Grand Est, les Hauts-de-France, l’Occitanie, l’Île-de-France et en Bourgogne- Franche-Comté.

Un approvisionnement global destiné aux établissements de santé, à tous les établissements médico-sociaux et aux transporteurs sanitaires a été réalisé à l’échelle nationale hier.

Un second approvisionnement sera effectué dans les jours qui viennent pour consolider leurs stocks. Le total de ces 2 livraisons représentera 17 millions de masques.

Au total, depuis la dernière semaine de février, 70 millions de masques ont été livrés aux professionnels de santé de ville, à l’hôpital et dans nos EHPAD.

Grâce à la réquisition des stocks et de la production sur le territoire national, aux dons et aux importations, nous avons récupéré dans le même temps, depuis la dernière semaine de février, près de 40 millions de masques supplémentaires.

Nous disposons, à ce jour, d’un stock d’Etat de 86 millions de masques :

- 5 millions de masques de norme FFP2 ;

- 81 millions de masques chirurgicaux.

Nous prévoyons de disposer de 24 millions de masques par semaine dans notre pays.

Voilà la réalité des chiffres.

La réalité, c’est aussi que ces derniers jours, la logistique a été complexe à gérer et nous avons pris du temps pour assurer la meilleure répartition possible.

Je dis « pris » et non « perdu » parce qu’encore une fois, dans les zones les plus sensibles nous avions et nous avons déstocké des masques. Pour faire face à cette urgence inédite que nous traversons, nous avons donc réarmé notre système de production et de logistique de façon colossale et rapide. La mise en place d’une chaine de distribution adaptée, a effectivement été complexe, je le sais. Mais elle fonctionne maintenant, et elle permettra d’approvisionner rapidement

les hôpitaux, les praticiens en ville, les pharmacies, les acteurs du soin à domicile, l’ensemble des professionnels de santé et des patients pour qui l’utilisation des masques est recommandée. J’en profite pour remercier du fond du cœur, les pharmaciens d’officine qui depuis le premier jour se mobilisent dans des conditions que je sais difficiles.

La transparence toujours. La France est en mesure de fabriquer entre 6 millions de masques supplémentaires chaque semaine. Et dès le mois d’avril, 8 millions par semaine. Pour moitié des FFP2.

Les producteurs français ont mis leurs chaînes de production en tension et ces chaînes fonctionnent pour répondre à une demande sans précédent. Les usines tournent à plein régime.

De nouvelles chaînes de livraison ont été mises en place en urgence, pour assurer la distribution de masques à l’ensemble des professionnels de santé prenant en charge ou étant en contact potentiel avec des patients atteints de coronavirus.

Enfin, comme nous l’avons déjà indiqué, Le Président de la République et le Premier ministre ont demandé au ministère de l’Economie et au ministère de la Défense d’identifier des alternatives, soit pour démultiplier les chaines de production, soit pour qualifier des alternatives, jetables ou réutilisables. Les ministères ont qualifié des bancs de tests, mis à disposition des industriels des spécifications, et 40 prototypes sont en cours de tests, pour des masques chirurgicaux comme pour des FFP2. Je salue la mobilisation des industriels sur ce sujet qui doit nous permettre d’apporter des solutions notamment vers les secteurs autres que celui de la santé.

Enfin, de nombreuses alternatives innovantes sont en cours d’expertise pour répondre à ces besoins urgents de protection. Les industriels français sont pleinement mobilisés avec les pouvoirs publics, pour répondre à cette urgence sanitaire, et je tiens à les en remercier. Elles montrent la créativité, la solidarité dans l’adversité de nos entreprises et de nos concitoyens.

Au regard de ces capacités de production et des stocks disponibles, nos priorités restent :

- De protéger les professionnels de santé amenés à prendre en charge des patients COVID-19 en ville comme à l’hôpital ;

- Et de préserver les capacités hospitalières de prise en charge en protégeant les personnes qui interviennent auprès des personnes âgées en EHPAD pour éviter les hospitalisations.

Ce sont des priorités absolues. Protéger les soignants, c’est protéger les malades, et in fine, sauver des vies. Et entre ceux qui souhaitent être rassurés, et ceux qui doivent être protégés, j’assume de donner la priorité aux seconds.

La distribution de ces masques est en cours comme je viens de vous l’indiquer et nous travaillons sans relâche à optimiser leur distribution partout où des dysfonctionnements ont pu intervenir.

L’inquiétude, légitime, de la population face à cette situation inédite entraine également des comportements que je voudrais condamner avec la plus grande fermeté. Nous avons effectivement constaté de nombreux vols, utilisations détournées ou inadaptées de masques de protection. Que ce soit à l’intérieur des hôpitaux, en cours de distribution, jusque dans les véhicules des soignants. Ces comportements mettent en danger nos soignants en diminuant les disponibilités en masques. Soyons responsables ensemble, protégeons ceux qui nous soignent.

J’entends la demande de matériels de protection de la part de plusieurs professions pouvant être au contact direct avec la population. Mardi, à la demande du Président de la République, nous recevrons le Conseil scientifique pour envisager toutes modifications, extensions des modes de répartition des masques au-delà des seuls soignants et personnes malades.

Les masques limitent votre transmission du virus si vous pouvez le porter en permanence, mais certainement pas votre exposition car elle est constante. Les masques protègent certains, mais seuls les gestes barrières nous protègent tous, car il y a transmission par les mains et les objets si vous ne vous lavez pas les mains très régulièrement !

Prenons un exemple très concret : en population générale, une personne qui marche dans la rue pour aller faire ses courses n’a pas besoin de porter un masque, parce que le virus se transmet essentiellement par les mains et il faut rester plus de 15 minutes à moins d’un mètre d’une personne contagieuse pour que le risque de transmission par la bouche se développe.

C’est pourquoi j’invite toute personne qui dispose de masques à les mettre à la disposition des soignants en les déposant à l’établissement de santé le plus proche, à un médecin ou infirmier libéral, ou dans une officine de pharmacie.

J’invite toute entreprise, toute organisation qui en dispose à se rapprocher de l’ARS la plus proche ou, pour les stocks les plus importants (plus de 200 000 masques), du Ministère des Solidarités et de la Santé.

Les masques doivent revenir prioritairement à ceux qui en ont vraiment besoin. Et je vous assure que les gens en réanimation portent des masques toute la journée.

J’en viens aux choix que nous avons faits pour la distribution de masques dans les 15 jours qui viennent.

Nous donnerons, comme nous l’avons fait jusqu’à présent, la priorité :

- à la protection des professionnels de santé amenés à prendre en charge des patients COVID 19 en ville comme à l’hôpital ;

- et à la protection des personnes qui interviennent auprès des personnes âgées en EHPAD, pour préserver les capacités hospitalières.

Pour la prochaine distribution, nous procéderons donc de la façon suivante :

- Pour les médecins de ville, les biologistes médicaux et les infirmiers de ville : nous allons distribuer 18 masques par semaine et par professionnel, dont des masques FFP2 dans le strict respect des indications ;

- Pour les pharmaciens de ville : 18 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel ;

- Pour les masseurs-kinésithérapeutes : 6 masques par semaine et par professionnel, chirurgicaux ou aux normes FFP2, dans le strict respect des indications et selon les disponibilités, pour la réalisation des actes prioritaires et non reportables ;

- Pour les sages-femmes : 6 masques chirurgicaux par semaine pour la prise en charge des femmes confirmées COVID-19 ;

- Pour les chirurgiens-dentistes : ces professionnels disposent désormais d’un stock dédié de masques qu’ils ont eux-mêmes réparti sur le territoire de façon à pouvoir dans la durée assurer les soins urgents à la population. Je les en remercie.

- Pour les prestataires de service et les distributeurs de matériel
: 1 boîte de 50 masques chirurgicaux par semaine et, en moyenne, par entreprise pour assurer les visites prioritaires ;

- Pour les personnes exerçant des activités de services d’aide et de soins à domicile : 9 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel exerçant au sein de la structure pour assurer les visites prioritaires.

Ces personnes pourront s’approvisionner en masques auprès des officines dans les territoires les plus touchés.

Je veux saluer chaleureusement ces professionnels et leurs encadrants – c’est grâce à eux que nous pourrons organiser une prise en charge à domicile et des retours d’hospitalisation.

Pour les EHPAD et les structures médico-sociales accueillant des personnes fragiles, notamment les personnes en situation de handicap ou les patients COVID-19 sans domicile ne relevant pas d’une hospitalisation : nous distribuerons 5 masques chirurgicaux par lit ou place et par semaine.

S’agissant encore des EHPAD, je sais qu’il y a eu des tensions dans certains endroits, j’ai reçu hier une lettre signée des responsables des fédérations des EHPAD me demandant de leur garantir 500 000 masques chirurgicaux par jour compte tenu des fragilités des personnes âgées qui y résident. Je leur réponds ce jour que j’ai entendu leur demande et qu’ils disposeront dans la durée de ces 500 000 masques chirurgicaux par jour.

Nous sommes avec les professionnels pour les aider à s’organiser, à se protéger et à protéger les résidents.

Pour eux, ainsi que pour les autres établissements médico- sociaux prenant en charge des personnes particulièrement vulnérables, les masques seront disponibles dans des établissements-plateformes.

Le nombre de masques sera proportionnel à la taille des établissements. Lorsque des symptômes apparaissent, la dotation devra permettre de couvrir en priorité les personnes qui œuvrent auprès des cas possibles ou confirmés. A tous les professionnels des EHPAD, je veux dire un immense merci, ils sont les gardiens des plus vulnérables.

J’en viens aux établissements de santé : pour l’hospitalisation conventionnelle, nous distribuerons 3 masques chirurgicaux par jour et par professionnel de santé dans les services de soins prenant en charge les cas possibles ou confirmés et, pour la réalisation des gestes à risque, des masques FFP2 dans les services d’urgence, d’accueil des malades COVID-19 et de soins critiques ;

Pour l’hospitalisation à domicile : nous distribuerons 2 boîtes de 50 masques chirurgicaux par semaine et, en moyenne, par structure ;

Pour les transporteurs sanitaires et les centres de secours : nous distribuerons 1 boîte de 50 masques par semaine et par structure.

Je veux profiter de cette intervention pour vous parler des tests diagnostic. Là aussi j’entends les questions, les attentes, l’incompréhension parfois comme j’entends l’expression publique de nombreux experts.

Dans le même esprit que celui qui a présidé à la distribution des masques, nous avons fait jusque-là le choix d’un usage rationnel, raisonnable et raisonné des tests.

- Rationnel car il y a une logique qui prévaut lors de chaque épidémie quand un virus circule vite : ne pas dépister de manière systématique mais baser le suivi sur la surveillance des symptômes. C’est ce que nous faisons chaque hiver par exemple avec la grippe.

- Raisonné car réaliser des tests mobilise d’importantes ressources qu’il s’agisse de la mobilisation des professionnels pour prélever ou des réactifs pour les réaliser.

Les tests ne servent pas à mesurer, mais à contenir l’épidémie. En la matière, je rappelle que nous sommes depuis le premier jour parfaitement alignés sur les recommandations et pratiques internationales. Au stade 1 et 2, nous avons testé l’ensemble des cas contacts des malades, ce qui nous a permis un contrôle remarquable du foyer de Contamines Montjoie. J’avais même souhaité aller plus loin, en testant l’ensemble des personnes gravement atteintes de syndromes pulmonaires en réanimation.

Aujourd’hui, nous ne dépistons donc pas de façon automatique, car nous avons fait un choix, comme la plupart des pays, et conformément aux recommandations de la commission européenne, de réserver les tests à des publics prioritaires.

Les personnes ciblées sont, comme chez nos voisins européens, les personnes les plus à risque :

- Les professionnels de santé symptomatiques ;

- Les personnes âgées symptomatiques ;

- Les personnes présentant des difficultés respiratoires sévères ou des comorbidités ;

- Les personnes hospitalisées ;

- Les nouveaux foyers et nouveaux territoires.

En France, nous priorisons également les femmes enceintes et donneurs d’organes, de tissus ou de cellules.

Aujourd’hui, 4 000 tests sont effectués chaque jour sur ces personnes. Nous avons atteint un total de 60 000 tests. Actuellement, 70 laboratoires en plus des cinquante déjà équipés sont en capacité de réaliser des tests. Nous sommes ainsi parmi les premiers pays européens en matière de capacité de dépistage.

La capacité journalière de réalisation des tests va ainsi continuer sa montée en puissance.

Ce n’est pas là une simple hypothèse de travail c’est un impératif de santé publique : la doctrine d’usage rationnel et raisonné des tests doit évoluer. Ce n’est pas moi qui le dit c’est le directeur général de l’OMS. Lundi dernier le Dr Tedros a délivré un message simple « Testez, testez, testez »

La France doit donc désormais suivre cette voie et se préparer à faire évoluer rapidement sa stratégie de dépistage. L’enjeu c’est d’être en mesure de multiplier nos capacités de test au moment où nous lèverons le confinement. Quand je dis multiplier, cela veut dire multiplier. Pas juste augmenter. Sans attendre, nous travaillons avec l’ensemble des industriels en France comme à l’étranger pour augmenter notre capacité de tests dans les plus bref délais.

L’espoir est aussi tourné vers la recherche qui pourrait nous permettre d’ici à quelques semaines de disposer d’une nouvelle méthode diagnostic plus simple, plus rapide plus largement diffusable sur tout le territoire national. Vous l’avez compris, ce n’est pas sur la base d’un dépistage massif que nous mettrons fin au confinement. Mais c’est sur la base d’un dépistage massif que nous pourrions être amenés à accroître notre surveillance, une fois le confinement levé.

J’aurai l’occasion d’y revenir dans les prochains jours car à situation évolutive, vous l’avez compris, stratégie évolutive.

Mardi, je verrai avec le Président de la République le conseil scientifique pour évoquer les tests ainsi qu’une autre question, celle des traitements.

Ma stratégie, vous l’aurez compris est claire : adapter rapidement nos décisions en fonction de l’évolution des connaissances et des recommandations pour toujours mieux protéger les français.

C’est que je fais également en matière de stratégie thérapeutique, en m’assurant au jour le jour que si demain un traitement démontrait son efficacité, les Français puissent en disposer sans délais. Que nous ne manquions ni de stock de médicaments, ni de capacité à en produire pour répondre à la demande, ni même des matières premières indispensables pour y arriver. J’ai, depuis le premier jour de ma prise de fonction encouragé, accompagné, facilité, toute étude de recherche clinique visant à répondre à la demande des chercheurs. Plusieurs sont en cours dans de grands hôpitaux français.

Ministre de la santé, j’ai le devoir de respecter l’exigence scientifique et sanitaire pour toutes décisions de traitement, j’ai aussi le devoir et l’exigence de tout faire pour que nous puissions le plus rapidement possible, trouver traitement et vaccins.

Mesdames, messieurs,

Mon souci de la transparence reste – comme au premier jour – total, la voici, avec des chiffres et des annonces on ne peut plus claires.

Nous avons une méthode et nous la suivons, pour permettre à notre système de santé de tenir bon, pour permettre de protéger ceux qui en ont besoin dès que la situation se présente.

Permettez-moi pour terminer de saluer et de dire la reconnaissance de la Nation tout entière aux soignants qui, en première ligne, luttent avec un courage exceptionnel.

Je salue aussi et je remercie chaleureusement celles et ceux qui assurent le ravitaillement et la distribution des biens essentiels, je remercie les services de l’Etat, nos forces de police et de gendarmerie et toutes celles et tous ceux qui permettent à la France de se protéger et de tenir bon.

Votre soutien quel que soit votre façon de l’exprimer, en applaudissant à vos fenêtres à 20H comme vous le faites spontanément, en apportant à manger aux soignants, en rendant votre véhicule disponible pour ramener une infirmière après une longue nuit de garde, ou tout simplement en garantissant par votre travail la continuité la vie économique de notre pays, votre soutien est magnifique. Quel que soit le poste de travail que vous occupez, il constitue forcément un maillon essentiel de la chaine qui relie économie et santé.

Sans frigo, pas de médicament.

Sans composant électrique, pas de frigo.

Sans matières premières, pas de composants électriques. Sans transport de marchandises, pas de matières premières.

A l’arrière du front, le rôle de chacun est crucial, parce que c’est une guerre de positions.

En respectant les consignes qui vous ont été données, vous permettrez aux soignants d’agir plus vite, vous permettrez de réduire la propagation du virus, vous permettrez à la France de faire face à cette épidémie.

Nous vivons un moment historique et c’est une épreuve sans précédent que nous devons surmonter aujourd’hui, ensemble.

Je compte sur chacun d’entre vous, pour suivre avec rigueur les consignes qui vous sont données, mais aussi pour ne pas céder aux sirènes de la polémique et de la division.

La situation est bien trop grave. Soyons solidaires, soyons courageux, soyons à la hauteur du défi qui se dresse devant nous.

Je vous remercie.

Discours de Christelle Dubos : COVID-19 : accueil des enfants de moins de 3 ans

Point presse 16 mars 2020 – COVID-19 : accueil des enfants de moins de 3 ans.

Seul le prononcé fait foi.

Mesdames, messieurs,

Afin de ralentir au maximum la propagation du COVID-19 et ainsi éviter l’engorgement de notre système de Santé, le Président de la République et le Premier ministre ont pris des mesures exceptionnelles.

Parmi ces mesures, la fermeture des crèches au même titre que celle des écoles, des collèges, des lycées et des universités a été décrétée.

Je veux rappeler ici les raisons qui motivent ces décisions :

Elles se fondent sur des avis de médecins et d’experts en épidémiologie : les enfants et les plus jeunes sont ceux qui propageraient le plus rapidement le virus, sans forcément avoir de symptômes ou – heureusement – souffrir de formes aiguës de la maladie.

La concentration au sein d’un même établissement de plusieurs dizaines d’enfants est un facteur important de propagation du virus. Mais les structures qui accueillent un nombre d’enfants beaucoup plus réduit ne présentent pas les mêmes risques.

Une approche pragmatique fondée sur une analyse des mesures de réduction sociale nous conduit à considérer que nous pouvons maintenir en fonctionnement des structures qui accueillent moins de 10 enfants.

Nous fondant sur les avis scientifiques, nous avons avec Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, pris dès vendredi les décisions suivantes :

Les établissements d’accueil du jeune enfant accueillant plus de 10 enfants sont fermés.

Sont concernés : les crèches, et les maisons d’assistants maternels accueillant plus de 10 enfants.

En revanche, les structures qui accueillent moins de 10 enfants doivent être maintenues. C’est le cas des micro crèches, elles restent donc ouvertes. Et c’est le cas des assistants maternels qui peuvent ainsi maintenir leur activité. Les dérogations permettant aux micro-crèches d’accueillir exceptionnellement plus de 10 enfants sont suspendues.

Ces mesures ont été transmises aux autorités compétentes et aux professionnels, mises en application depuis ce matin, et resteront en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

Concernant l’accueil des enfants des personnes indispensables à la gestion de la crise :

Conformément aux annonces du Président de la République jeudi soir dernier, un service de garde est mis en place région par région pour que les personnels qui sont indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants et continuer d’aller au travail pour vous protéger et vous soigner. Le dispositif a été déployé ce week-end.

Les établissements d’accueil du jeune enfant rattaché à un établissement de santé, social, médico-social ou aux services de l’Etat chargé de la gestion de l’épidémie restent ouverts.

Dans ces établissements – qu’il s’agisse de crèches, de halte-garderies, ou de multi-accueil – l’organisation interne de l’établissement permettra de composer des groupes de 10 enfants maximum, sans temps de rassemblement.

Par ailleurs, les préfets organisent depuis ce weekend les solutions d’accueil prioritaire dans chaque territoire et pourront réquisitionner les établissements nécessaires.

Les parents exerçants une profession prioritaire ont été informés par les gestionnaires des structures concernées que l’accueil de leurs enfants peut être assuré.

L’ensemble de ces informations ont été transmises ce weekend aux préfectures, aux structures d’accueil du jeune enfant et aux ARS pour permettre la mise en place de ces solutions de garde dès ce matin.

Enfin, le Gouvernement met en place dès aujourd’hui sur le site mon-enfant.fr un portail qui permettra à chacun de s’inscrire pour demander une place d’accueil prioritaire pour son enfant. Cela permettra aux préfets de mieux juger des besoins.

A noter également que les personnels des crèches mobilisées feront partie des personnels prioritaires.

Nous devons tout mettre en place pour faciliter le travail de nos concitoyens qui sont en première ligne face à l’épidémie : je pense au personnel hospitalier, aux personnel des structures médico-sociales qui s’occupent de nos concitoyens les plus fragiles, mais aussi de celles et ceux qui coordonnent la gestion de la crise épidémique depuis les centres de gestion de crise des préfectures ou des agences régionales de santé.

Les autres modes d’accueil, en particulier les assistants maternels, sont mobilisés pour accueillir les autres enfants.

Je rappelle que les assistants maternels employés par un particulier, un établissement ou un service d’accueil familial (crèche familiale ou établissement multi-accueil familial) peuvent continuer à accueillir des enfants à leur domicile.

Pour celles qui sont employées par un établissement ou service, les regroupements sont suspendus à partir du 16 mars et jusqu’à nouvel ordre.

Les assistants maternels exerçant à domicile (salariées de particuliers employeurs ou de crèches familiales) vont être autorisés à accueillir jusqu’à 6 enfants de moins de trois ans et jusqu’à nouvel ordre.

Les assistants maternels informent leurs PMI du recours à cette disposition et des coordonnées des parents d’enfants accueillis, par email ou téléphone.

Les communes pourront développer localement des solutions d’accueil, en particulier chez les assistants maternels ou via de la garde d’enfant au domicile des parents. Les relais d’assistants maternels pourront être mobilisés pour faciliter la rencontre entre professionnels de l’accueil du jeune enfant et parents en recherche de solutions d’accueil.

Enfin, comme annoncé par le ministre vendredi dernier, nous allons inscrire dans la loi le service universel d’information aux familles (SUIF) qui devra rapidement permettre que figurent toutes les disponibilités des assistantes maternelles (et des crèches) de la façon la plus actualisée possible.

Au nom du Gouvernement, je veux affirmer ici devant vous que l’Etat sera aux côtés des professionnels de l’accueil du jeune enfant pour faire face à cette situation exceptionnelle :

Les assistantes maternelles bénéficieront de l’activité partielle, nous allons le mettre en place très rapidement, notamment pour celles dont les MAM ferment.

L’Etat soutiendra financièrement les crèches, qu’elles soient publiques ou privées, via les CAF.

Le dispositif de soutien sera voté par le Conseil d’administration de la CNAF. Pour les crèches privées, il sera tenu compte de l’activité partielle. Ce dispositif s’appliquera à chaque place fermée.

Je rappelle par ailleurs que les places vacantes ne seront pas facturées aux familles.

Mesdames et messieurs,

Le COVID-19 bouscule notre quotidien. Notre quotidien de parents, notre quotidien professionnel, notre quotidien de citoyen.

Il nous appartient tous d’en prendre la mesure et d’adopter dès maintenant les bons gestes.

Je tiens à remercier l’ensemble des professionnels de la petite enfance – qu’ils travaillent en accueil collectif ou individuel – et qui sont aujourd’hui mobilisés.

J’ai une pensée toute particulière :

- d’abord celles et ceux qui accueilleront les enfants des personnes mobilisés pour affronter la crise,

- ensuite pour les assistants maternels qui resteront mobilisés pour accueillir les enfants de ceux qui ne peuvent pas faire autrement.

Je remercie aussi la CNAF et l’ensemble des agents des caisses d’allocations familiales qui accompagneront parents, professionnels et structure face à une situation en tout point exceptionnelle.

L’Etat sera présent aujourd’hui. L’Etat sera présent demain. Nous ferons face ensemble.

Je vous remercie et je vais répondre maintenant à vos questions.

pdf Discours de Christelle Dubos : COVID-19 Accueil du jeune enfant Téléchargement (313.1 ko)

Discours Olivier Véran

Discours d’Olivier VERAN

21ème édition du Congrès national des internes de médecine générale

21 Février 2020

Seul le prononcé fait foi.

Madame la Présidente, Chère Marianne CINOT,

Chers consœurs, chers confrères,

Chers internes,

Chers amis,

Quoi de plus normal que d’être aujourd’hui parmi vous ?

Alors que j’ai pris mes fonctions il y a quelques jours seulement, j’ai évidemment accepté de venir rencontrer celles et ceux qui, après avoir franchi bien des obstacles, s’apprêtent à leur tour à œuvrer à la transformation de notre système de santé.

J’ai été à votre place et je sais qu’être interne, c’est connaître l’enthousiasme d’une vocation et l’angoisse d’un avenir qui comporte toujours son lot d’incertitudes.

Ce quotidien d’étudiant, ce quotidien de soignant, vous en faites justement le thème de ce 21ème Congrès National des Internes de Médecine Générale
« Soignants de demain : se construire au quotidien ».

Au-delà du plaisir de la rime – qui est une habitude dans les thèmes de vos Congrès nationaux ! – c’est un retour aux fondamentaux : l’avenir de la médecine, nous le construisons ensemble dès aujourd’hui.

Le nombre toujours aussi élevé de participants à cette édition témoigne de votre dynamisme et de l’intérêt grandissant des étudiants, des jeunes professionnels, aux évolutions de notre système de santé.

Cela fait 23 ans que votre syndicat est un interlocuteur des pouvoirs publics, dans un esprit toujours exigeant et pragmatique.

L’ISNAR-IMG a cette capacité de défier les décideurs et les représentants institutionnels, sans pour autant céder aux tentations de la surenchère ou de la communication excessive.

Avant de s’interroger sur la construction du soignant de demain, il est important de répondre à la question suivante : quel système de santé voulons-nous pour les décennies à venir ?

Comment garantir à nos concitoyens la pérennité de l’un des meilleurs systèmes de santé au monde, tout en redonnant du sens à la vocation des soignants ?

C’est tout l’enjeu de la stratégie présentée en septembre 2018 par le Président de la République.

Nous devons prendre en charge notre système de santé, avec ses pathologies chroniques et ses décompensations, sans oublier la prévention.

Ce traitement, c’est « Ma Santé 2022 » :

o La révolution de la prévention que nous avons initiée depuis près de 3 ans, et dont vous êtes les premiers ambassadeurs ;

o Je pense aussi au développement des coopérations interprofessionnelles, qui ne signe en aucun cas un rétrécissement du champ de compétence du médecin, bien au contraire !

o Les réformes de la formation initiale ensuite qui étaient nécessaires et attendues. Vous êtes bien placés pour le savoir, la formation doit mieux prendre en compte ces impératifs de coopération entre les métiers et de qualité des soins, mais je pense aussi à la diversification des opportunités professionnelles offertes aux jeunes médecins.

Nous avons pensé ensemble ces réformes et nous devons les mettre en œuvre ensemble. Il y a des craintes qui se sont exprimées sur la rapidité de mise en œuvre. Je les ai entendues et tous les moyens seront mis pour être à la hauteur des enjeux ;

o Ce traitement « Ma Santé 2022 » c’est aussi le numérique dont toutes les promesses doivent être mises au service des patients et des futurs professionnels que vous êtes ;

o Ma vision de notre système de santé c’est aussi une nouvelle dynamique pour renforcer la médecine libérale, pour qu’elle soit plus organisée, plus attractive, plus forte ;

o Enfin, « Ma Santé 2022 » c’est également l’hôpital. L’hôpital c’est bien souvent votre quotidien en temps qu’interne, vous voyez tous les jours ses difficultés. Les mesures investir pour l’hôpital annoncées à la fin de l’année dernière doivent permettre de rompre avec le sentiment de malaise et de doute auxquels l’hôpital est confronté. De nouveaux leviers financiers ont été activés pour faciliter la transformation du système de santé et améliorer le quotidien des soignants.

La « construction des soignants de demain » débute évidemment avec l’entrée dans les études.

Les réformes des premiers cycles des études de médecine marquées par la suppression du numerus clausus dès la rentrée prochaine répondent au double objectif d’inscrire les étudiants dans un parcours de réussite mais aussi de recruter puis de former autrement les futurs professionnels de santé, en phase avec un système de soins qui évolue.

La formation initiale doit évidemment rester exigeante sur les connaissances médicales et les compétences cliniques mais il nous faut aussi développer la capacité à collaborer, à maîtriser l’apport de nouvelles technologies voire de l’intelligence artificielle… Voilà des exemples de ce que seront les besoins de demain.

Mais une médecine du 21ème siècle n’est pas une médecine déshumanisée. Les patients attendent aussi plus d’empathie et d’accompagnement. La révision profonde d’un deuxième cycle aujourd’hui principalement orienté vers la préparation des ECNi au détriment des compétences cliniques et relationnelles, cette révision est indispensable.

A l’obsession du classement il nous faudra substituer l’adéquation des profils aux projets.

Ces nouvelles modalités de formation, qui s’appliqueront à la rentrée 2020, nécessiteront des étudiants davantage impliqués dans leurs stages. Dans ce cadre, et conformément à l’engagement pris par Agnès BUZYN, la réforme s’accompagnera d’une augmentation de la rémunération des externes.

Les conditions d’études et de travail des étudiants doivent être propices à la bonne réussite universitaire et l’épanouissement professionnel.

Les conditions d’accueil des étudiants hospitaliers devront être sécurisées, qu’il s’agisse de l’accès au restaurant du personnel ou encore la mise à disposition d’une chambre de garde. Cela me paraît être le b.a.-ba d’une bonne intégration à l’hôpital.

Aussi, j’ai demandé à mes services la publication, d’ici la prochaine rentrée, d’une instruction sur les droits des étudiants hospitaliers. Ce texte devra naturellement être travaillé avec les représentants des étudiants, je pense évidemment à la Présidente de l’ANEMF, chère Roxane HELLANDSJO-PROST, qui doit être dans la salle.

Au quotidien, un jeune médecin, un interne, fait face à des décisions et des situations qui peuvent être humainement difficiles. Cet apprentissage de la vie, de la souffrance, de la mort, est le passage obligé pour chacun d’entre nous.

Cet apprentissage est suffisamment lourd pour ne pas y ajouter des conditions de travail déraisonnables.

Plus de vingt ans après son obligation, le repos de sécurité après une garde n’est toujours pas respecté dans bon nombre de services hospitaliers.

Plus de dix ans après l’obligation d’une durée maximale de 48 heures de travail hebdomadaire, cette limite n’est toujours pas respectée.

Cela n’est plus acceptable. Trop de drames se sont déroulés.

C’est la raison pour laquelle, et dans le prolongement des engagements pris :

- Tous le temps de travail effectué devra être comptabilisé : les demi-gardes devront ainsi être reconnues et incluses dans le temps de travail hebdomadaire et donc rémunérées ;
- Les commissions médicales d’établissements ainsi que les conseils des facultés de médecine devront faire un bilan, chaque année, du temps de travail des internes. Les hôpitaux et les universités devront en tirer les conséquences, notamment concernant les agréments de stage ;

- De la même manière, et je n’ai pas de difficulté à le dire, nous devrons construire un mécanisme de sanction financière pour les établissements qui ne respectent pas le temps de travail des internes.

De la même façon, hormis pour les Docteurs Juniors, la possibilité de réaliser du temps de travail additionnel ne sera pas ouverte aux internes.

La limite restera à 48 heures par semaine qui est le maximum autorisé par la réglementation européenne.

Les conditions de travail et d’étude reposent également sur les choix des terrains de stages qui permettent de construire son futur exercice professionnel.

La réforme du troisième cycle des études de médecine a largement ouvert la possibilité de réaliser des stages dans l’ensemble des structures où s’exerce aujourd’hui la médecine : cabinets de ville, centres de santé, maisons de santé pluri-professionnelles, hôpitaux de proximité…

Autant de lieux d’exercice qui permettent aux internes de se former aux spécificités de l’exercice de la médecine de proximité, y compris dans les zones à faible densité médicale.

La loi « Ma Santé 2022 » de juillet dernier a d’ailleurs introduit l’obligation pour les internes en médecine générale de réaliser prioritairement des stages en zones sous-denses.

Cette obligation nécessite que nous allions beaucoup plus loin sur le nombre de terrains stages disponibles et donc sur le nombre de maîtres de stages universitaires.

Piloté par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et le ministère des solidarités et de la santé, un groupe de réflexion a été installé : il doit aboutir à des propositions pour développer très largement la maîtrise de stage, en médecine générale comme dans les autres spécialités. Des mesures devront être mises en œuvre dès la rentrée prochaine.

J’ai bien conscience que les stages en zones sous-denses peuvent représenter un surcoût financier pour les internes, voire parfois demander un véritable engagement.

En 2018, une prime de 200€ avait été mise en place pour ces stages éloignés.

Dès lors que nous sommes dans la dynamique d’une augmentation du nombre de maîtres de stage, je souhaite que cette indemnité soit revalorisée à 300€ et la condition kilométrique soit supprimée, les déserts médicaux sont souvent plus proches qu’il n’y paraît.

Je sais que de nombreuses questions se posent concernant la maquette de l’internat en médecine générale. Notamment sur sa durée.

Comme vous, ma conviction est qu’il faudra allonger le DES à 4 ans. La médecine générale n’a pas à être une spécialité à part, qui serait moins disante que d’autres en termes de compétences à acquérir.

Toutefois, les conditions ne me semblent pas encore réunies. L’année 2020 doit être mise à profit pour aller au terme des travaux nécessaires au passage à un DES à quatre ans.

La montée en charge du nombre de terrains de stage ambulatoires constitue une condition sine qua none à cette évolution.

Il y a un sujet sur lequel votre syndicat, l’ISNAR-IMG a beaucoup travaillé, c’est l’indépendance de la formation vis-à-vis de l’industrie des produits de santé.

Je souhaite à cet égard saluer votre campagne « No Free Lunch », sur le modèle nord-américain, qui consistait à se lancer le défi de refuser les repas sponsorisés par l’industrie.

Je souhaite être clair dans mon propos : l‘industrie des produits de santé est essentielle pour notre système de soins, elle est souvent source d’innovation thérapeutique pour les patients. Mais je souhaite insister sur une chose : la prescription d’un produit de santé ne peut se faire que sur la base d’une évaluation scientifique et d’un bénéfice pour le patient.

L’industrie des produits de santé ne doit pas pouvoir influencer individuellement les étudiants.

Durant vos études, si vous vous construisez au quotidien, c’est notamment pour vous préparer à votre installation future.

Le rapport du Dr Sophie AUGROS a permis de faire évoluer, lors de la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, les différents contrats d’aides à l’installation, comme les PTMG (les praticiens territoriaux de médecine générale), pour les fusionner au sein d’un « contrat des débuts d’exercice » pour sécuriser les nouvelles installations.

Il est possible de relever le défi de l’installation en zones sous-denses : c’est ce que vous expliquez dans le Guide que vous publiez pour les élections municipales.

S’il y a encore des interrogations, j’arrêterais là le suspens, et je le dis très clairement : je m’opposerai à tous ceux qui prônent la coercition à l’installation.

Je ne serai pas le Ministre de la fin de la liberté d’installation.

Pour une raison simple : cela n’a jamais fonctionné, cela ne fonctionne nulle part ailleurs, cela ne fonctionnera tout simplement pas.

Comme vous l’évoquez dans votre guide, l’attractivité des territoires passera par les dynamiques locales. Pour cela vous vous appuyez sur les outils mis à disposition depuis 3 ans : l’exercice coordonné, les MSP, les CPTS…

Je voudrais simplement insister sur deux points : nous avons déjà plus de 450 projets de CPTS, qui ont été créés pour la plupart à l’initiative des professionnels de santé de ville et qui répondent aux besoins de santé des territoires.

Cette dynamique va s’accélérer grâce aux financements conventionnels et à l’appui apporté par les ARS, mais la condition du succès est aussi de laisser toute la place aux initiatives des professionnels et à la diversité de leurs projets.

Le deuxième point est que les CPTS sont un formidable espace d’innovation pour notre système de santé. Je souhaite que vous participiez pleinement à faire émerger ces innovations et que vous y trouviez un intérêt à agir pour l’exercice de votre future profession.

J’aimerais terminer sur un point, et c’est l’un des piliers de la transformation du système de santé, l’exercice isolé doit devenir l’exception d’ici 2022.

Votre génération l’a bien compris car seulement 4% des étudiants et internes ont un souhait d’installation isolée en ville.

Le système de santé de demain, c’est un réseau de soins de proximité, dont font partie tous les professionnels de santé d’un territoire, quel que soit leur statut, et qui garantit à la population l’accès permanent à des soins et en particulier aux soins non programmés.

Mesdames et messieurs, Chers internes,

J’aimerais vous dire à quel point je suis heureux de pouvoir travailler avec vous à poursuivre la transformation de notre système de santé.

La voix de la jeune génération de professionnels de santé est écoutée, elle est surtout entendue.

Vous avez participé à la création de « Ma Santé 2022 », nous devons transformer l’essai ensemble.

Peut-être un dernier mot plus personnel : les études de médecine sont difficiles, pas tant intellectuellement qu’humainement. Vous aurez – ou bien vous avez déjà eu – des moments de doutes, d’incertitude dans vos choix, ou des moments où vous avez envie de tout laisser tomber.

Mais rappelez-vous que le métier auquel vous vous destinez est une formidable aventure humaine, certainement la plus belle qui soit.

Je vous remercie.

pdf 200221 – Discours ISNAR-IMG Olivier VERAN Téléchargement (335.5 ko)

Discours Agnès BUZYN et Discours Olivier VERAN – Lundi 17 février 2020

PASSATION Ministre – Discours Agnès BUZYN et Discours Olivier VERAN – Lundi 17 février 2020

Seul le prononcé fait foi

Agnès Buzyn

Départ du ministère des solidarités et de la santé

17 février 2020

Monsieur le ministre, cher Olivier VERAN,

Madame, messieurs les secrétaires d’Etat, Chère Christelle DUBOS, Cher Adrien Taquet, Cher Laurent PIETRASZEWSKI,

Mesdames, messieurs,

C’est avec une très grande émotion que je quitte le ministère des solidarités et de la santé, pour mener la campagne des élections municipales à Paris.

J’ai remis hier soir ma démission au Président de la République et au Premier ministre.

Quitter ce ministère, c’est bien sûr un déchirement.

Pendant plus de deux ans et demi, j’ai eu l’honneur de conduire les politiques de santé et les politiques sociales de notre pays.

Je l’ai souvent dit : ce ministère est celui de la construction du lien, celui qui redonne à chacun sa place dans la communauté de destin. C’est au sens premier le ministère du soin et donc, du sens.

J’ai en cet instant si particulier une pensée pleine de reconnaissance pour tous ceux qui au quotidien, travaillent au service des malades, pour tous ceux qui, chaque jour, s’engagent auprès des plus fragiles de nos concitoyens.

Je connais leur dévouement, je connais leur implication et je voulais leur dire juste un mot pour les dire tous : merci, du fond du cœur, merci.

Depuis le mois de mai 2017, beaucoup a été fait ; mais beaucoup reste à faire.

Si l’heure n’est pas au bilan, j’ai la conviction que les choix que nous avons faits pour notre système de santé vont porter leurs fruits, j’ai la conviction que l’Etat social moderne que nous construisons peut répondre demain de manière juste et efficace aux nouvelles fragilités.

Les défis qui se présentaient devant nous en 2017 étaient immenses et nous ne les avons pas esquivés.

Je pense à la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, qui réforme en profondeur les études de santé et qui structure l’offre de soins dans les territoires.

Cette ambition, je l’ai renforcée avec un plan de réinvestissement complet dans l’hôpital public et vous savez comme j’y suis attachée.

Nous sommes déjà dans le déploiement et il faut poursuivre nos efforts, sans relâche, parce que l’hôpital est au cœur de notre pacte républicain, l’hôpital c’est notre patrimoine commun.

Je pense au service sanitaire qui va ancrer la prévention au cœur même des pratiques de l’ensemble des professionnels de santé.

Je pense encore au health data hub, l’une des approches les plus prometteuses et les plus concrètes d’une prise en charge personnalisée de chacun de nos concitoyens, grâce à l’intelligence artificielle.

Au chapitre de l’accès aux soins, je suis très fière d’avoir porté la réforme du 100% santé, qui donne à tous les Français un accès à des soins de qualité, pris en charge à 100%, dans le domaine de l’optique, de l’audiologie et du dentaire.

Je pense aussi à la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, démarche inédite de contractualisation avec les départements, pour combattre les inégalités : sur tous les territoires, l’Etat s’est engagé avec les départements, pour identifier les difficultés et trouver ensemble des solutions.

Nous avons fait le pari de l’investissement social pour avoir moins à réparer et je sais que ce pari est un pari gagnant.

Petite enfance, grand âge, solidarités du quotidien, ce sont autant de compétences pour lesquelles les collectivités territoriales sont en première ligne, à la manœuvre.

C’est au cœur des responsabilités de la ville de Paris. C’était mon combat ici, ce sera ma responsabilité demain.

Je pense aussi au projet de loi bioéthique, pour lequel je me suis tant engagé et pour lequel j’ai vu combien le débat parlementaire pouvait être riche, fort et respectueux.

Cette année, mon successeur le sait, un grand projet de loi sur le grand âge et l’autonomie sera présenté.

Nous avons rendez-vous avec notre avenir et nous devons collectivement être à la hauteur d’un mur démographique. Je ne m’éloigne pas de ce combat, bien au contraire.

En 2050, 20% de la population parisienne aura plus de 65 ans.

Il faut donc que nous arrivions à permettre aux personnes âgées de vivre dans une ville qu’ils aiment, jusqu’au bout.

Cela passera notamment par une lutte sans merci contre l’isolement et contre la solitude.

Les défis ne manquent pas et le plus immédiat d’entre eux, c’est évidement la gestion du coronavirus.

Je tiens à rassurer les Français et à leur dire que le dispositif opérationnel de gestion du coronavirus est solide : je me suis assurée que tout était en place.

Les mesures que nous avons prises ces dernières semaines sont efficaces.

La mobilisation de l’ensemble du système de santé a été exceptionnelle.

Je remercie tous les professionnels de santé de première ligne, médecins libéraux, SAMU, qui ont été en capacité d’assurer une détection précoce des cas suspects.

La montée en puissance du dispositif hospitalier a également été remarquable.

Je le sais, notre système est résilient et capable d’absorber le risque auquel nous faisons face.

Comme j’ai eu l’occasion de lui dire, Olivier VERAN pourra s’appuyer sur la force et la réactivité du directeur général de la santé, de ses services et des autres services mobilisés.

C’est donc vous, Olivier VERAN, qui prenez aujourd’hui la tête de ce très beau ministère. Vous êtes prêt, je le sais et votre nomination n’est en rien une surprise. Médecins l’un comme l’autre, nous sommes confrères et nous partageons tous les deux la même rigueur, la même exigence et les mêmes convictions très fortes au service de la santé des Français.

Nous nous connaissons bien, vous avez toute ma confiance, je sais qu’avec vous le ministère est entre de bonnes mains et que les transformations que nous avons engagées vont poursuivre leur chemin avec une ambition intacte.

Les valeurs que j’ai portées comme ministre ne me quittent pas à l’heure où je deviens candidate.

C’est la justice sociale, c’est l’attention portée aux plus fragiles et c’est tout ce qui permet de reconstruire un lien qui parfois semble rompu.

Certes il y a les contingences de la vie politique et les imprévus parfois indignes d’une campagne.

Mais c’est aujourd’hui un nouveau départ et tout commence maintenant.

CHURCHILL disait : « Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal, c’est le courage de continuer qui compte ».

Ce courage, je l’ai : les parisiennes et les parisiens pourront compter sur mon engagement total.

Paris a besoin d’apaisement, Paris a besoin de bienveillance, Paris a besoin d’une ambition nouvelle.

A tous ceux qui travaillent dans ce très beau ministère, je veux vous dire merci.

A chaque instant et dans les moments parfois difficiles, j’ai pu compter sur votre très haut niveau de compétence et sur votre sens de l’Etat.

Nous avons partagé beaucoup de choses, beaucoup de combats, parfois des doutes, mais nous avons toujours avancé ensemble pour défendre l’intérêt général.

J’emporte avec moi votre énergie infatigable, qui innove, qui crée, qui invente, pour que notre système de santé soit à la hauteur de ses promesses et pour que nos solidarités soient toujours plus proches des besoins des Français.

Je pense à ces utopies concrètes, qui nous font faire un pas de côté, pour créer et inventer une société et un monde meilleurs. J’en suis intimement convaincue. Nous avons besoin d’un récit.

Pourquoi cette exigence ?

Parce que sans récit, nous nous condamnons à des analyses comptables sans envergure, à des projets sans enthousiasme, dans une réalité sans idéal.

Nous devons construire un horizon, répondre aux espoirs et nourrir des espérances.

Il y a certes ce que nous bâtissons quotidiennement ; mais ces réalisations doivent s’inscrire dans un projet de société qui leur donne un sens et un souffle.

A cette heure, je pense à vous tous et à mon équipe rapprochée, aux secrétaires d’Etat avec qui j’ai construit une relation de confiance rarement égalée dans les appareils gouvernementaux, au CODIR et à mon cabinet.

J’ai certainement vécu l’une des plus belles aventures humaines.

Ma gratitude est immense. Mon émotion traduit cette gratitude et l’admiration que j’ai pour vous tous. Elle traduit aussi mon espérance pour l’avenir de Paris qui me tient tant à cœur.

Je ne vous oublierai jamais. Je vous remercie.

* * * * * * * * *

Olivier Véran

Arrivée au ministère des solidarités et de la santé

17 février 2020

Madame la ministre, chère Agnès Buzyn,

Madame, messieurs les secrétaires d’Etat, chère Christelle, cher Adrien, et cher Laurent,

Mesdames, messieurs,

C’est un grand honneur de succéder à Agnès Buzyn.

Vous avez parlé de courage madame la ministre, et vous prouvez une fois de plus que vous n’en manquez pas.

Je ressens en entrant dans ce ministère beaucoup de fierté, et j’ai pleinement conscience de l’immense responsabilité qu’implique ma fonction. Parce que je connais bien, d’abord comme médecin hospitalier, et aussi comme parlementaire rapporteur aux affaires sociales, l’ampleur des enjeux qui m’attendent ici au ministère.

Il y a dans l’immédiat, et nous en avons parlé ensemble il y a quelques instants, la gestion de l’épidémie due au coronavirus : qui nous mobilise pleinement et je salue l’engagement des équipes du ministère et de l’ensemble des professionnels de santé qui sont à pied d’œuvre. Nous les avons vus ensemble la semaine dernière, à Grenoble, dans mon CHU, et je sais pouvoir compter sur leur compétence et leur dévouement, pour protéger la population.

En toute transparence, je partagerai avec les français, toutes les informations dont je dispose, épidémiologiques, sanitaires, et stratégique. Je continuerai de faire des comptes rendus réguliers sur la situation.

Il y a aussi, bien entendu, la mise en œuvre des réformes que vous avez portées, que j’ai soutenues au Parlement et qui étaient indispensables pour préserver notre protection sociale à laquelle nos concitoyens sont très attachés.

Dès à présent, je me mets à la tâche, au service de la même ambition.

Vous avez posé les fondements de l’Etat providence du XXIème siècle et cet Etat social moderne a eu besoin de votre vision et de votre courage pour que s’écrivent ses premières lignes.

Nul ne peut prédire l’histoire, mais elle retiendra j’en suis sûr que c’est vous, Agnès Buzyn, qui avez amorcé ce changement sans précédent, alors que notre pays traversait une crise sociale inédite.

Pour ne citer que quelques exemples, l’histoire retiendra que :
- C’est vous Agnès Buzyn, avec Christelle Dubos, qui avez mis en œuvre une stratégie aussi ambitieuse qu’innovante pour combattre la pauvreté et mettre fin aux inégalités de destin dans notre pays.

- C’est vous qui avez initié la révolution culturelle de la prévention dans notre pays.
- C’est vous qui avez permis à chaque français d’accéder gratuitement à des soins optiques, audiologiques ou dentaires.
- C’est vous qui avez incarné avec votre bienveillance et votre détermination la révision des lois de bioéthique, qui porte des changements importants et attendus par notre société.

- Enfin c’est vous qui avez fixé la feuille de route de transformation de notre système de santé, en partenariat avec tous les acteurs.

Alors voilà, à l’heure où vous quittez ce ministère, je voulais citer ces très belles réalisations puisqu’elles n’auraient pas vu le jour sans une grande ministre, sans une grande femme d’Etat.

Vous succéder n’est pas chose facile, mais les Françaises et les Français pourront compter sur ma détermination sans faille et sur les valeurs que vous et moi avons en partage.

Comme vous, madame la ministre, je ne crois pas en une société dont la force serait d’obtenir des citoyens des loyautés extorquées, des engagements résignés. Comme vous, je ne crois pas en une société du chacun pour soi. Comme vous, je ne crois pas que liberté, égalité, fraternité soient de simples mots. Je crois que c’est une ambition à faire vivre au quotidien, dans ce ministère plus que n’importe où ailleurs.

Pour créer de l’adhésion, il faut susciter de l’enthousiasme.

Pour cela il faut lutter contre le doute, la défiance voire le repli sur soi, avec un grand projet de société plus humaine parce que plus solidaire.

Comme citoyen, comme père de 2 enfants, comme médecin, je me suis toujours demandé comment la France, ce pays des lumières, pouvait aussi demeurer celui des inégalités. Inégalités sociales, inégalités de santé, inégalités de traitement. Songez seulement qu’il faut 6 générations pour sortir de la pauvreté. Impossible. Inacceptable.

Le plan pour les 1000 premiers jours, le grand plan de lutte contre la pauvreté, sont des outils précieux au service d’une politique de justice à laquelle je ne renoncerai jamais. Jamais. C’est là le cœur de mon engagement premier en politique.

J’aurais tant à vous dire sur la réforme des retraites. Sur mes attentes à l’heure où le débat parlementaire doit venir concrétiser, conforter, préciser là où c’est nécessaire, cette réforme si engageante pour notre modèle social, pour notre pays. En la matière, on ne rassure pas avec des mots, mais avec des actes. Mais c’est justement au parlement que les mots deviennent des actes. Par-delà les velléités d’obstruction qui s’annoncent (je fais désormais attention aux mots que j’utilise), je voudrais dire aux parlementaires de la majorité que je serai à leur écoute, avec Laurent, dans cette phase que j’ai eu l’honneur de débuter à leurs côtés comme parlementaire, et je que poursuivrai dans l’hémicycle dès cet après-midi. Je serai juste un petit mètre… plus à gauche. Aux parlementaires des oppositions, je voudrais dire que je comprends et respecte leur engagement au service d’une cause en laquelle ils croient. Je les sais sincères dans leur combat, même s’il m’est arrivé d’en regretter la forme. Le parlement n’est pas le lieu où l’on couvre les voix, c’est celui où on en donne.

Vous avez rappelé le très haut niveau de compétence des agents de ce ministère et de tout le système de santé. Je veux leur dire ma confiance et l’honneur que je ressens de pouvoir compter sur eux.

Je tiens leur dire ces mots : j’ai été des vôtres, je connais vos difficultés, la perte de sens que vous ressentez parfois dans l’exercice de votre métier, votre colère face au manque de moyens et de temps. J’ai connu tout cela, je l’ai entendu ces derniers mois. Je suis des vôtres et c’est ma plus grande fierté. Ma nouvelle mission n’aura pas d’autre sens que de vous servir, et de répondre à ces difficultés que je ne connais que trop. De prendre soin de vous comme vous prenez soin des autres. Car quel que soit le secteur ou le lieu d’exercice, nous sommes tous aux chevets de nos malades.

Je veux considérer les métiers du soin pour ce qu’ils sont : un engagement total, dévoué, quotidien, nuit et jour, à ceux qui subissent la fragilité de leur état, par la maladie, le handicap ou la perte d’autonomie. Aide-soignant de nuit, médecin, j’en pense chaque mot. Et je veux prendre soin de tous ceux qui prennent soin des autres.

Ces missions, ce don de soi, on le retrouve tout autant en secteur libéral. Seule la façon de s’organiser dans le soin change, le cœur de l’engagement est le même, et je ne voudrais pas laisser à penser qu’il y aurait des vocations à 2 vitesses. Nous sommes tous au chevet de nos malades. Je recevrai très prochainement les ordres et les syndicats professionnels de ville pour les associer au changement en cours, celui de la médecine de parcours.

Vous parlez de mon engagement pour la santé publique en quelques minutes est une mission impossible, sauf à accepter d’être trop, parcellaire. Je vous parlerais donc surtout de santé environnementale. Nous devons identifier et organiser des structures territoriales, au plus près des habitants, chargées de former, informer prévenir, enquêter et intervenir en santé mentale. Les récentes catastrophes nous l’ont montré.

La santé, ce sont aussi ces milliers d’emplois qu’il nous faut créer et restaurer. Il n’y a pas de fatalité à ce que nous dépendions de quelques Etats à l’est du globe pour produire et distribuer des médicaments. Recréer des filières productives en France et en Europe, c’est possible, c’est même devenu urgent face aux ruptures qui s’accélèrent. La France doit aussi tenir sa place dans l’industrie de demain, irriguée par le numérique, l’intelligence artificielle.

L’Europe, cet impensé politique, est pourtant un échelon auquel je crois pour coordonner des grandes politiques de santé, face aux risques pandémiques, aux enjeux industriels, aux inégalités de santé. Songez qu’on peut partager une même monnaie mais constater un écart d’espérance de vie supérieur à 10 ans d’un pays à un autre.

Hôpital : redonner du sens aux plus belles missions qui puissent être, par une remédicalisation des décisions par un retour aux fondamentaux de l’exercice des missions hospitalières, par un allègement des contraintes qui n’apportent rien aux malades mais prennent trop d’énergie aux soignants.

Associer ceux qui font l’hôpital aux décisions qui les concernent, à commencer par la répartition des efforts sans précédent de la nation, à travers la reprise de dette de 10 milliards.

Deux autres priorités pour l’hôpital, la transparence et la réforme du financement déjà bien amorcées mais qui doivent désormais accélérer.

Réformer l’hôpital, et y associer ceux qui le font au quotidien.

Je lancerai dans les prochains jours, en complément de la mission Claris une grande enquête nationale pour consulter tous les hospitaliers, directeurs, médecins, infirmiers, aides-soignants, brancardiers, je ne peux tous les citer, pour tenter de saisir en détail le sens de leur engagement auprès du public et les raisons du mal être.

Je viendrai très vite à votre rencontre et espère pouvoir renforcer ce lien précieux que vous, chère Agnès, avez su nouer en deux ans et demi. Car au-delà de ce que vous avez accompli, chacun retiendra vos inoubliables qualités humaines. Je me souviens m’être dit, après notre visite du CHU de Grenoble, que mon seul regret était que chaque professionnel de santé ne puisse échanger 5 minutes avec vous, et voir à quel point vous êtes attentive et réactive à leur situation. Désormais, ce sont les parisiens qui auront la chance de le découvrir.

Je vous souhaite tout le meilleur, madame la ministre et pour tout ce que vous avez fait dans ce beau ministère, pour tout ce que vous avez fait pour les Français, un très grand, un immense merci.

pdf PASSATION Ministre – Disours Agnès BUZYN – Lundi 17 février 2020 Téléchargement (213.6 ko)
pdf PASSATION Ministre – Discours Olivier VERAN – Lundi 17 février (…) Téléchargement (263.7 ko)

Discours d’Agnès BUZYN sur les Aides-soignants – 12 février 2020

Agnès Buzyn Séquence Aides-soignants 12 février 2020

Madame la ministre, chère Myriam El Khomri,

Mesdames, messieurs les élu(e)s,

Chers tous,

Je tenais à être présente aujourd’hui, pour mettre en lumière un métier absolument central pour notre système de soin.

Mettre en lumière ce métier, c’est d’abord parler de celles et ceux qui l’exercent au quotidien, c’est regarder en face leurs difficultés et c’est construire ensemble des solutions pour demain.

Chère Myriam El KHOMRI, votre rapport ne nous a pas invité à faire autre chose.

Nous connaissions les enjeux du métier d’aide-soignant et les constats sont très largement partagés.

La situation est celle d’un double fossé :

• D’abord un fossé entre les besoins et l’attractivité des métiers.

Les besoins sont immenses, et ils ne cesseront de grandir, notamment dans le domaine du grand âge.

Or l’attractivité de ces métiers décline, avec des chiffres qui nous inquiètent et nous obligent à changer de braquet : entre 2012 et 2017, on constate une diminution de 25 % du nombre de candidatures aux concours d’entrée des instituts de formation des aides-soignants (IFAS).

• Le second fossé est celui qui sépare le sentiment d’invisibilité dont témoignent les professionnels et la fierté qu’ils éprouvent au quotidien, la fierté d’exercer un métier du soin, un métier plein de sens.

Comme vous le dites souvent chère Myriam, « les attentes que nous avons vis-à-vis des aides-soignants, mais aussi d’autres métiers comme les auxiliaires de vie à domicile, sont inversement proportionnelles à la reconnaissance dont nous les gratifions ».

Aujourd’hui nous sommes ici pour montrer comment nous pouvons avancer pour réduire ce double fossé, pour renforcer l’attractivité du métier d’aide-soignant et pour témoigner à ceux qui l’exercent de notre gratitude collective.

Faire un métier qui a du sens, c’est bien, faire ce métier dans de bonnes conditions, c’est mieux et pour tout dire, c’est normal, c’est légitime, c’est nécessaire.

Avant d’entrer dans le détail, je veux dire deux mots sur la méthode :

• Je viens de rencontrer le groupe de travail qui a été constituée et qui a associé les premiers concernés, les aides-soignants eux-mêmes, mais aussi les acteurs de la formation, des organisations syndicales et des employeurs.

Ce groupe a travaillé pendant des mois et je remercie chaleureusement celles et ceux qui s’y sont engagés, parce que les choses avancent, des propositions solides sont aujourd’hui sur la table et c’est tout un secteur du soin qui est en train de se réinventer.

• L’approche était la plus globale possible : en regardant les évolutions sociétales, les besoins émergents et la spécificité des patients pris en charge, nous avons dépassé une approche purement technique du métier d’aide-soignant.

Autrement dit, le groupe a dépassé l’approche technique pure pour aborder le sujet par le sens, par les compétences, par les défis qui se posent.

• Le groupe a donc formulé des recommandations très concrètes, qui portent à la fois sur les missions et compétences des aides-soignants, les attendus de leur formation, les modalités d’accès à la formation et les formations complémentaires spécifiques orientées autour des problématiques propres de la personne âgée.

Une fois la méthode rappelée, je souhaite vous préciser concrètement ce que nous allons faire :

D’abord, pour renforcer l’attractivité, nous voulons envoyer un signal en ouvrant le plus largement possible l’accès à la formation initiale

Ce que nous constatons, je l’ai dit, c’est une baisse très nette des candidatures au concours d’aide-soignant ; parallèlement, les premiers éléments de bilan disponibles sur la suppression récente du concours d’entrée en Institut de formation aux soins infirmiers et l’articulation avec Parcours sup montrent un afflux de candidatures.

Par ailleurs, le concours actuel d’aide-soignant ne permet pas de valoriser de façon satisfaisante certaine compétences humaines absolument essentielles pour l’exercice du métier d’aide-soignant.

C’est pourquoi je souhaite que nous supprimions le concours d’entrée en IFAS dès septembre 2020. C’était une des recommandations du rapport El Khomri.

Le concours sera remplacé par un système d’examen de dossiers qui permettra d’identifier des compétences clés pour ce métier, et, pour ceux qui auront été sélectionnés, cet examen sera complété par un entretien, pour confirmer l’inscription et s’assurer de la pertinence de cette orientation.

Ce système permettra de limiter les désistements en cours de formation – et c’est un point central : les candidats doivent savoir ce qui les attend et arriver dans un cursus qui correspond à leurs profils, à leurs attentes, à leurs aspirations.

En 2021, une réflexion sera menée avec le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation pour travailler sur la visibilité de ces formations en articulation avec la plateforme Parcours sup.

Je veux apporter ici trois précisions extrêmement importantes :

• D’abord, supprimer le concours, ce n’est pas baisser le niveau d’exigence.

L’évaluation des candidats restera sélective, mais au même titre que ce que nous faisons ailleurs dans les études de santé, nous voulons diversifier les parcours et favoriser les compétences et les projets plutôt que les connaissances.

Ce qui compte, c’est le niveau de qualification à la sortie, pas à l’entrée.

Je préfère de beaucoup un diplômé compétent et solide sur ses appuis dans sa pratique professionnelle, à un candidat qui réussit un concours.

Et je vous le dis comme je le pense : supprimer le concours, c’est lever un frein psychologique et c’est élargir l’appel des vocations.

• Ensuite, il y aura un dispositif transitoire, notamment pour ceux qui préparent en ce moment le concours.

• Enfin, et cela va de soi, les IFAS seront accompagnés dans ce changement.

Pour des communautés pédagogiques imprégnées d’un certain mode de sélection, la suppression du concours, c’est un vrai défi à relever, j’en suis bien consciente.

Nous travaillons donc en étroite collaboration avec Régions de France pour accompagner cette transition, et Claire Bernard, que je salue, directrice des Etudes de Régions de France, peut en témoigner.

Nous aurons aussi à travailler sur la diversification des voies d’accès, notamment sur l’apprentissage et la valorisation des acquis de l’expérience. Ce sont des points essentiels sur lesquels l’Etat et les Régions doivent travailler main dans la main.

Ensuite, pour renforcer l’attractivité, nous travaillons sur les missions et les compétences des aides-soignants qui reflètent vraiment le sens du métier, en cohérence avec le rapport de Myriam El Khomri.

Notre ambition, c’est de sortir d’une vision du métier d’aide-soignant réduite à l’exécution d’une série d’actes, voire de tâches. Et de reconnaître ce qui fait leur spécificité propre.

Le groupe de travail a mis en valeur pour la première fois trois missions absolument centrales :

• Accompagner la personne dans les activités de sa vie quotidienne et sociale et dans le respect de son projet de vie ;

• Collaborer au projet de soins personnalisé dans son champ de compétences ;

• Et enfin, contribuer à la prévention des risques et au raisonnement clinique interprofessionnel.

Ce sont des points absolument centraux, et je veux mettre un accent particulier sur la prévention : nous avons annoncé au mois de janvier une stratégie de prévention de la perte d’autonomie liée à l’âge, qui montre que la perte d’autonomie n’est pas une fatalité, et que des marges d’autonomie peuvent toujours être préservées.

Chère Myriam, je me souviens du témoignage d’un aide-soignant formidable, membre de votre équipe projet, sur les gestes quotidiens qui permettent de préserver l’autonomie des résidents.

Quel défi et quel sens pour le métier d’aide-soignant de demain !

A la fin du mois d’avril, je présenterai en détail le nouveau référentiel des missions, des activités et des blocs de compétences de la profession.

D’ici là, nous avons encore des sujets à approfondir avec tout le monde autour de la table. Je souhaite évidemment que les représentants des infirmiers soient associés à ces travaux.

Pour renforcer l’attractivité, nous voulons aussi refondre le contenu de la formation initiale.

Logiquement, la refonte du référentiel des missions, des activités et des compétences entraînera une refonte des modules de formation, avec de nouveaux enseignements autour :

• Du repérage des fragilités ;

• Des « nouveaux » actes réalisables par les aides-soignants ;

• De la démarche qualité ;

• De la gestion des risques pour les patients mais aussi pour les aides-soignants eux-mêmes ;

• Du raisonnement clinique en équipe pluri-professionnelle ;

• Et enfin, des enseignements nouveaux devront être dispensés autour des outils de communication, de la domotique et de tout ce qui doit faciliter leur pratique professionnelle future.

Pour prendre en compte ces nouveaux enseignements et ces nouvelles ambitions, la formation sera légèrement allongée et équilibrée avec une répartition égale entre la formation pratique et théorique, pour une durée totale de 44 semaines.

Je présenterai en détail le nouveau référentiel de formation de la profession d’ici à la mi-mai, pour une mise en œuvre en septembre.

Il nous restera à mener la réflexion, en lien avec les conseils régionaux, sur la capacité de l’appareil de formation de nos instituts, qui doivent accueillir plus d’élèves aides-soignants.

Dans un contexte de renforcement de l’attractivité de la profession qui doit amener à porter un regard différent sur le métier, cette augmentation prendra tout son sens.

A nouveau les équipes pédagogiques des IFAS seront évidemment accompagnées.

Il y a un point spécifique dont je veux parler aussi : lors de la présentation de votre rapport, chère Myriam, j’avais été frappée par le témoignage d’un membre de votre équipe projet, qui rappelait que les aides-soignants ne peuvent pas enseigner eux-mêmes en IFAS.

Cela ne me paraît pas juste, et même contraire au bon sens. Les aides-soignants doivent pouvoir partager leur savoir, leur expérience, et former ceux qui feront l’avenir de leur profession. Nous allons changer cela, rapidement.

Enfin, chère Myriam, vous avez identifié dans votre rapport les situations particulières des personnes en reconversion professionnelle, qui doivent payer très cher leur formation initiale, lorsque Pôle Emploi n’a pas pris en charge le coût de la formation.

Nous travaillons avec le ministère du travail sur ces freins à l’entrée en formation et plus largement, avec l’ensemble des acteurs de la formation et de l’insertion professionnelle, sur la façon dont nous pourrions mobiliser au mieux ce gisement formidable d’emplois à l’avenir.

Quatrième point : pour renforcer l’attractivité, nous allons aussi revoir la formation continue.

Nous le savons : les aides-soignants sont et seront toujours davantage en première ligne pour l’accompagnement des personnes âgées.

Mais jusqu’à aujourd’hui, soyons lucides, soyons honnêtes et disons les choses clairement : la formation et la reconnaissance financière n’étaient pas à la hauteur de cette mission fondamentale. Pour changer cela, nous avons pris plusieurs décisions.

D’abord, je l’ai annoncé dans le cadre des mesures « investir pour l’hôpital » le 20 novembre dernier, et cela concerne l’ensemble des aides-soignants exerçant en EHPAD, en unités de soins longue durée ainsi qu’en service de soins de suite et de réadaptation ou de médecine gériatrique.

Ils bénéficieront tous d’une nouvelle prime de 100 euros nets par mois.

Cette prime est effective depuis janvier 2020, et elle sera versée avec effet rétroactif d’ici quelques semaines.

J’en viens à la question cruciale de la formation.

Jusqu’à présent, la seule formation spécifique consacrée aux besoins du grand âge était la formation d’assistant de soin en gérontologie, centrée principalement sur les besoins des personnes ayant des troubles cognitifs lourds.

Nous avons donc décidé de changer d’approche : sortir d’une minorité de soignants formés et passer à une majorité de soignants formés.

Une nouvelle formation certifiante de 105 heures sera donc accessible aux aides-soignants travaillant auprès de nos aînés.

Son contenu a déjà été travaillé avec les membres du groupe de travail et sera présenté début mars.

Les premières formations « accompagnement du grand-âge en équipe » pourront débuter d’ici la fin de l’année.

Cette formation socle sera complétée d’un module complémentaire facultatif, d’une semaine, centré sur les troubles cognitifs les plus lourds – l’ensemble correspondant aux exigences actuelles de la formation ASG.

Cette démarche est avant tout destinée à renforcer les compétences, à développer la culture du grand âge et de la bientraitance et à consolider une pratique professionnelle, en permettant à chacun de participer à des formations collectives et de rompre ainsi une forme d’isolement professionnel.

Les établissements seront très fortement incités à envoyer les professionnels en formation, en concevant des plans de formation bien plus ambitieux. J’y serai extrêmement attentive.

Je veux toutefois être très claire : le versement de la prime est un acquis, il ne sera pas conditionné à la réalisation de la formation.

Il y a d’un côté la prime, et de l’autre, l’affirmation d’une ambition très large de formation.

S’agissant de l’articulation avec l’actuelle prime ASG, évidemment, ceux qui touchent cette prime aujourd’hui ne doivent pas être pénalisés.

Cela signifie d’abord qu’ils basculeront vers la prime générale grand âge, qui est plus favorable financièrement.

Cela signifie aussi que leur spécificité sera reconnue : ils seront réputés avoir effectué la formation sur le grand âge.

Autre point important souligné par le rapport de Myriam EL KHOMRI : pour renforcer l’attractivité, nous devons faciliter les passerelles.

Nous allons fluidifier les parcours des aides-soignants vers plusieurs métiers : je pense évidemment aux auxiliaires de puériculture, au métier d’assistant de régulation médicale, ou aux métiers de l’accompagnement éducatif et social.

Par ailleurs, je veux que nous réduisions la durée du cursus infirmier qui est aujourd’hui de 3 ans pour les aides-soignants qui ont déjà exercé plusieurs années. Je souhaite que les dispenses de formation et de stage soient revues dans ce sens.

Dans le prolongement de cette réflexion, je souhaite également que les conditions de reclassement des aides-soignants devenant infirmiers par le canal de la promotion professionnelle soient améliorées.

Nous devons aussi lutter avec une énergie toute particulière contre la pénibilité et contre la sinistralité.

Nous savons que les accidents du travail et les maladies professionnelles sont très fréquents dans le secteur hospitalier et celui du grand âge.

Un tel niveau n’est pas acceptable, à la fois pour les agents mais aussi parce qu’un fort niveau d’absentéisme porte atteinte à la qualité du service rendu, et engendre toujours une pression supplémentaire sur l’ensemble des agents.

Nous allons donc renforcer résolument les moyens financiers dédiés à la prévention de la sinistralité, en créant un fonds national de prévention doté de 40 millions d’euros et dédié au financement d’actions très concrètes de prévention dans la fonction publique hospitalière.

Les structures du secteur privé connaîtront également une hausse substantielle des aides dédiées à la prévention.

En cas de conclusion d’un accord de branche prévoyant des actions de réduction de la pénibilité, des investissements pourront être cofinancés par la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la sécurité sociale.

Enfin, vous le savez, nous travaillons sur la gestion des fins de carrière.

J’ai ainsi souhaité que nous identifions, en fin de carrière, des mécanismes spécifiques à l’hôpital, pour faciliter les reconversions et alléger de manière supplémentaire le temps de travail lorsque c’est nécessaire.

Je suis très attachée à ce chantier essentiel de gestion des parcours professionnels des hospitaliers.

Un nouvel outil d’aménagement du temps de travail et de reconversion sera mis en place, avec un temps partiel de fin de carrière financé par le Fonds pour l’Emploi Hospitalier.

L’objectif, c’est de permettre aux aides-soignants et aux agents des services hospitaliers qualifiés d’opter pour un mi-temps payé à 75% sur leurs deux dernières années de carrière et de continuer à cotiser pour leur retraite à 100%.

Et surtout je rappelle mon engagement pour la création d’un grade de débouché en catégorie B pour les aides-soignants en fin de carrières.

Mesdames, messieurs,

Vous le voyez, nous entrons dans une période très dense pour répondre aux grands enjeux relevés dans le rapport EL KHOMRI, pour répondre à ce que nous disent les professionnels.

Nous avons beaucoup avancé, mais nombre de sujets sont encore devant nous.

S’il est indispensable de se confronter spécifiquement aux enjeux du métier d’aide-soignant, nous n’oublions pas pour autant les autres métiers ; pour ce qui concerne le grand âge, je pense évidemment aux enjeux fondamentaux des métiers du domicile.

Je veux donc rappeler le calendrier qui est devant nous sur le sujet général de la réforme du grand âge.

Conformément à l’engagement du Premier ministre, la réforme du grand âge et de l’autonomie fera l’objet d’un projet de loi spécifique présenté à l’été 2020.

Il permettra de répondre aux attentes légitimes des Français, que chacun connaît :

• rester chez soi le plus longtemps possible grâce à des services à domicile renforcés ;

• pouvoir choisir un lieu de vie intermédiaire entre le domicile et l’établissement ;

• être accueillis dans des EHPAD rénovés ;

• être mieux en capacité d’assurer financièrement le coût d’un hébergement en établissement ;

• être accompagnés par des professionnels bien formés et en nombre suffisant.

Dans chacun des axes de cette réforme, nous aurons une double ambition : répondre aux attentes des aînés et de leurs proches, et augmenter la qualité de vie au travail des professionnels.

A titre d’exemple, rénover les EHPAD, c’est aussi :

• promouvoir un nouveau mode d’organisation spatiale, en petites unités de vie, pour un meilleur suivi par les professionnels ;

• c’est équiper les EHPAD avec des instruments qui facilitent la vie des professionnels : des rails de transfert, des fauteuils électriques, des systèmes de détection des chutes, mais aussi des outils numériques comme les dossiers patients informatisés et interopérables.

De la même manière, réformer le maintien à domicile, c’est aussi augmenter l’accès à la formation et aux temps de coordination pour les auxiliaires de vie.

L’objectif est bien, je le répète, la présentation du projet de loi à l’été.

Une conférence nationale des métiers du grand âge rassemblant toutes les parties prenantes concernées sera ensuite organisée dans la foulée de la présentation du projet de loi.

Cette conférence nationale assurera la mise en œuvre des initiatives qui ne relèvent pas de l’Etat mais qui nécessitent la mobilisation de toutes les parties prenantes, les collectivités, les partenaires sociaux et les fédérations.

Voilà où nous en sommes, il reste du chemin mais l’étape d’aujourd’hui montre que nous avançons à un bon rythme et que nous sommes sur la bonne voie.

La façon dont nous réinventons le métier d’aide-soignant est significative de l’ambition que nous portons pour notre système de santé. Je suis fière de pouvoir, aux côtés de Myriam El Khomri, jeter les bases d’un métier résolument tourné vers l’avenir.

Parce que le système de santé n’est rien sans ceux qui le font vivre.

Et à ceux qui le font vivre, je veux que nous apportions collectivement de la reconnaissance et des perspectives, pour que la société tout entière soit digne de ceux qui sont en première ligne dans la prise en charge des patients, de nos aînés, de nos proches, de nous-mêmes.

C’est évidemment le cas des aides-soignants et nous mesurons tout ce que nous leur devons en construisant dès aujourd’hui, avec eux, avec vous, l’avenir de ce beau métier.

Vous pouvez compter sur ma détermination.

Je vous remercie.

pdf Discours – Agnès BUZYN – Aides-soignants – 13 février 2020 Téléchargement (265.4 ko)
pdf Communiqué de presse – Agnès BUZYN – Aides-soignants – 13 février (…) Téléchargement (288.1 ko)
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