Grippe saisonnière

La grippe est une infection respiratoire qui peut entraîner chez les personnes à risque des complications graves, telles qu’une pneumonie ou l’aggravation d’une maladie chronique déjà existante (diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire, etc.).

Chacun doit adopter les « gestes barrières », un ensemble de mesures simples de prévention : lavage régulier des mains, limitation des contacts pour les malades, port de masque, etc.

La vaccination contre la grippe peut sauver des vies, en aidant à combattre le virus et en diminuant le risque de complications. À l’approche de l’hiver, il s’agit d’un geste complémentaire à adopter pour les populations fragiles et leur entourage pour se protéger soi et ses proches.

Ces gestes barrière une fois combinés à la vaccination des populations cibles constituent un bouclier de protection qui limite la propagation des virus et contribue à sauver des vies.

Le port du masque, le respect des distances physiques et le lavage des mains sont également une protection efficace contre la COVID-19.

Actualités

- Lancement de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière le 13 octobre 2020.

Consulter le communiqué de presse du 13 octobre 2020 :

pdf Vaccination contre la grippe 2020-2021 : une priorité pour les personnes à (…) Téléchargement (886.3 ko)

Dans le contexte sanitaire inédit que connaît la France depuis plusieurs mois, cette nouvelle édition de la campagne de vaccination antigrippale donnera, plus encore que les années précédentes, la priorité à la vaccination des personnes les plus fragiles et des soignants.

Face à la nécessité encore accrue par le contexte sanitaire de rappeler aux personnes à risque leur fragilité face à la grippe, l’Assurance Maladie, en partenariat avec le ministère des Solidarités et de la Santé, Santé publique France et la MSA, signe une nouvelle campagne de communication invitant les personnes fragiles à se vacciner sans attendre.

« Nous ne sommes pas tous égaux face aux virus », « pour protéger les personnes âgées ou fragiles contre la grippe, nous avons la chance d’avoir un vaccin », tels sont les deux messages centraux de cette nouvelle campagne qui prend vie dès ce mardi 13 octobre 2020, à travers des spots télévisés et web, des affiches, des insertions presse et une campagne digitale.

Cette campagne se déploie autour d’un film TV mettant en scène une succession de portraits représentatifs des public fragiles (personnes âgées de 65 ans et plus, personnes atteintes de maladie chronique, personnes obèses, femmes enceintes…). Empreint de gravité, ce film rappelle avec force et émotion (gros plans, regards caméra, expressions réfléchies, visages concernés) que la grippe peut être grave pour certains et se conclut sur une invitation sans équivoque : « Personnes de 65 ans et plus, personnes atteintes d’une maladie chronique, femmes enceintes… contre la grippe, vaccinez-vous dès maintenant ».

En savoir plus sur la campagne d’information de l’Assurance maladie

Prévenir la grippe saisonnière

Le virus de la grippe se transmet essentiellement par :

- la projection de gouttelettes chargées de virus émises lors de toux ou des éternuements de personnes infectées

- le biais des mains et d’objets contaminés par les gouttelettes émises par une personne infectée.

Pour éviter l’infection par le virus de la grippe, il est nécessaire de mettre en place une série de mesures : la première d’entre elles est d’adopter des gestes barrières pour limiter la transmission du virus. Les gestes barrières sont les mêmes que ceux qui protègent de la COVID-19, il s’agit de gestes et comportements individuels et/ou collectifs à appliquer dès qu’on présente un signe d’infection notamment respiratoire pour protéger son entourage :

- Se laver les mains régulièrement ou utiliser une solution hydro-alcoolique ;

- Tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir ;
- Se moucher dans un mouchoir à usage unique puis le jeter ;
- Eviter de se toucher le visage ;
- Respecter une distance d’au moins un mètre avec les autres ;
- Saluer sans serrer les mains et ne plus faire d’embrassade ;
- En complément, porter un masque quand vous présentez des symptômes. .

La vaccination est une protection supplémentaire pour protéger les plus fragiles contre la grippe. Chaque année la vaccination contre la grippe saisonnière permet d’éviter plus de 2 000 décès.

-En savoir plus sur la grippe et les moyens de la prévenir

La vaccination contre la grippe saisonnière

La vaccination est un des moyens les plus efficaces pour se protéger de la grippe. Elle est complémentaire des gestes barrières.

La vaccination contre la grippe saisonnière est fortement recommandée pour les personnes les plus fragiles (personnes âgées de 65 ans et plus, femmes enceintes, personnes atteintes de certaines affections chroniques, personnes obèses ayant un IMC ou Indice de Masse Corporelle supérieur ou égal à 40). Le virus est plus dangereux pour elles car il peut entraîner des complications graves.

La vaccination des soignants et des personnes en contact régulier avec des personnes présentant un risque de grippe sévère (personnes âgées, nourrissons, malades…) est également recommandée.

La vaccination contre la grippe de l’entourage familial des nourrissons de moins de 6 mois particulièrement fragiles est recommandée.

-En savoir plus sur la vaccination contre la grippe saisonnière en pratique sur le site ameli.fr

-Consulter la liste complète des personnes pour lesquelles la vaccination est recommandée dans le calendrier des vaccinations 2020




Devenez acteur de la surveillance de la grippe :

GrippeNet.fr permet à chacun de participer à la surveillance et à la recherche sur la grippe en France, de façon anonyme, volontaire et directement en ligne. Pas besoin d’être malade pour participer ! Plus d’information sur www.grippenet.fr


Sites de référence sur la grippe saisonnière :


Discours d’Adrien Taquet – Annonces des mesures en faveur des 1000 premiers jours de l’enfant

Bonjour à toutes et à tous,

Merci beaucoup pour votre présence ce midi, et pour l’ensemble des questions que vous nous avez fait parvenir ces derniers jours. J’apporterai des réponses à certaines d’entre elles au cours de mon propos, avant de répondre à d’autres à la fin de celui-ci.

Si j’ai voulu m’adresser directement à vous aujourd’hui pour présenter le contenu des annonces sur les 1 000 premiers jours de l’enfant, c’est parce que ce sujet concerne notre quotidien, votre quotidien, parce qu’il touche à l’intime même. C’est d’ailleurs une question que l’on peut se poser : qu’est-ce que le gouvernement vient faire dans cette histoire qui touche à notre intimité ? J’y reviendrai.

Vous le savez, un certain nombre d’entre vous depuis longtemps d’ailleurs, les 1000 premiers jours sont un moment fondamental dans la vie de l’enfant.

La science nous confirme aujourd’hui l’importance cruciale de ces 1 000 premiers jours. La science ne remplace pas la décision politique, ni la responsabilité qui doit aller avec, mais elle l’éclaire.

C’est le sens de cette démarche débutée il y a un an avec l’installation, par le Président de la République à l’Elysée, d’une commission de scientifiques présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Des scientifiques, qui étaient tous aussi des praticiens : gynéco-obstétricienne, sage-femme, pédopsychiatre, pédiatre, psychologue, spécialistes de l’éducation, médecin généraliste, néonatologiste… Pour la première fois, l’ensemble des disciplines, l’ensemble des professionnels qui interviennent autour du très jeune enfant, se retrouvaient autour d’une table et au travers d’auditions, pour partager et confronter leur expérience, leur vision, leur savoir sur le développement de l’enfant. Reconnus internationalement pour la plupart, certains venaient même de Norvège, du Québec ou de Suisse. Que cela soit l’occasion pour moi, une fois encore, de les remercier pour leur investissement et leur travail remarquable.

Cette démarche est inédite. Elle repart et relaie celle conduite par Sylviane Giampino en 2016 pour repenser les modes d’accueil du jeune enfant à la lumière des dernières connaissances disponibles. Elle était d’autant plus nécessaire que la science nous a énormément appris ces dernières années sur le développement de l’enfant pendant les 1 000 premiers jours.

Vous le savez probablement, c’est le médecin et épidémiologiste anglais David Barker qui le premier a mis à jour l’importance de cette période, en établissant des corrélations entre les affections néonatales et postnatales, et le risque pour l’enfant de développer une maladie chronique à l’âge adulte. Il avait ainsi pu établir une corrélation entre le poids d’un nouveau-né et la probabilité qu’il décède, une fois adulte, d’une maladie coronarienne.

Le concept des 1 000 jours a ensuite été consacré par l’OMS en 2005, puis de nouveau en 2010, et a donné lieu à de nombreux articles de recherche permettant de comprendre à quel point cette période est importante non seulement pour l’enfant mais également pour l’adulte qu’il sera. Des travaux qui ont mis lumière l’importance de l’environnement sur le développement de l’enfant, et ce dès le ventre de la mère, voire même avant ! Il est par exemple prouvé que l’alimentation du père, avant même la conception, aura un impact sur la santé future de l’enfant. Seuls 16% des hommes le savent pourtant.

On sait que le stress subi par une femme enceinte, du fait de violences conjugales par exemple, multipliera de 3 à 10 fois la probabilité que son enfant souffre de troubles psychiques à l’âge de 30 ans. A l’inverse, on sait que l’activité physique pratiquée par une femme enceinte diminuera son risque de faire une dépression post-partum, et favorisera le développement cognitif de son enfant.

Une recherche-action menée à Lunéville en Meurthe-et-Moselle a montré que la visite à domicile d’un professionnel durant les 2 ans qui suivent la naissance diminue de 20% les visites ultérieures chez un orthophoniste, et améliore les résultats scolaires des enfants.

Un enfant de cadre, lorsqu’il entre à l’école à 3 ans, maitrise déjà 2 fois plus de mots de vocabulaire qu’un enfant d’ouvrier. Il a entendu 10 millions de mots supplémentaires dans sa courte existence, et ce dès le ventre de sa mère, puisque l’on sait désormais que l’apprentissage du langage commence dans l’utérus.

De nombreuses recherches ont montré que les bébés ont une appétence sociale dès la naissance. Que, dès 4 mois, ils comprennent que la parole sert à transmettre une information, à exprimer des émotions. Qu’à 7 mois, ils sont sensibles à la conformité au groupe, à l’aide apportée entre membres, et qu’à 18 mois ils peuvent faire preuve d’altruisme.

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A travers ces quelques exemples, fruit de recherches scientifiques rigoureuses, on comprend bien à quel point cette période de 1000 jours qui va du 4e mois de grossesse aux 2 ans de l’enfants -et même plus largement, du projet parental à l’entrée à l’école-, est fondamentale pour le développement de l’enfant.

Il convient néanmoins d’apporter une précision, fondamentale elle-aussi.

Tout ne se joue pas pendant les 1000 premiers jours. Il n’y a pas de déterminisme, ni biologique, ni développemental, ni social. Il ne faut donc pas s’inquiéter, se culpabiliser, ou au contraire chercher à trop en faire. A cet âge, la plasticité du cerveau de l’enfant étant ce qu’elle est, la grande majorité de ce qui est altéré, peut être réparé.

Tout ne se joue pas dans les 1000 premiers jours, mais c’est là où tout commence -c’est d’ailleurs le titre du rapport de la Commission-, c’est là où se créent les inégalités de destin. J’en ai montré certaines avec les quelques exemples que je viens de partager avec vous : inégalités en santé, inégalités cognitives, inégalités sociales.

On le comprend bien, le projet autour des 1000 premiers jours, et les annonces que je veux partager avec vous ce matin, outre d’être constitué de choses importantes pour notre quotidien de parents et pour le bien-être de nos enfants, constitue également un projet politique puissant. Un projet qui consiste à lutter contre les différentes inégalités au moment où elles se forment, sans attendre qu’elles s’accroissent.

Tout est résumé par le prix Nobel d’économie James Heckman dans cette phrase : « On peut investir tôt pour combler les inégalités et prévenir les échecs, ou bien on peut payer pour réduire les inégalités quand elles sont plus dures et plus chères à combler ».

C’est l’une des raisons pour lesquelles nous devons massivement investir dans la toute petite enfance. C’est la première fois que nous allons le faire à ce point dans ce pays.

En cela, les 1000 jours représentent un vrai projet de société, qui marque un tournant culturel dans notre façon d’appréhender la santé publique d’une part, la protection de nos enfants d’autre part.

Les 1000 jours, c’est en effet l’affirmation d’une politique puissante de prévention, dont on sait qu’elle n’est pas une charge mais au contraire un investissement pour l’avenir. Les difficultés rencontrées par certains parents, le non-repérage précoce de certaines fragilités qui, de ce fait, s’aggravent avec le temps, les troubles du fœtus, les maltraitances, les violences sur enfants… tout cela représente un coût pour l’individu avant toute chose bien sûr, mais aussi un coût social et économique majeur. Pour en revenir à James Heckman, nous savons qu’investir 1€ dans la toute petite enfance, c’est récupérer 6 à 7 fois davantage plus tard. Plus on investit tôt, de façon précoce, sur l’accompagnement d’un enfant, plus le retour sur investissement pour lui et pour la société dans son ensemble sera élevé.

Et en cela, ce projet autour des 1000 premiers jours c’est aussi l’incarnation de ce que je porte depuis ma prise de fonction en janvier 2019 : protéger les enfants, cela passe, parfois, par mieux accompagner les parents. On ne peut plus séparer la protection de la prévention, et il nous faut intensifier bien plus que ce que nous faisons aujourd’hui dans notre pays nos efforts sur la prévention, pour éviter que des situations complexes ne se dégradent, jusqu’à devoir séparer des enfants de leurs parents, tout simplement parce que l’on n’a pas été capable de repérer suffisamment tôt des carences éducatives qui ont fini par se transformer en maltraitance.

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Les 1000 jours constitue donc un formidable projet de société. Mais c’est également, un sujet du quotidien. A la fois universel et intime, ce projet révèle, éclaire, traduit en creux ce que c’est d’être parent en France.

Et à quel point cela peut ne pas être simple.

Au travers de sondages, plus d’1 Français sur 2 nous dit déjà la difficulté d’être parent. Et cette difficulté, elles concerne tous les parents -c’est un père qui vous le dit. C’est la raison pour laquelle il est important que nous gardions cette approche universaliste, très française, qui incarne bien notre modèle de protection sociale, et dont nous pouvons être fiers, qu’il nous faut protéger. Même si, et j’y reviendrai, certaines fragilités nécessitent une attention spécifique.

Alors qu’est-ce que c’est qu’être parent, aujourd’hui, en France ?

Je vais être direct, un peu brutal ou caricatural probablement diront certains, mais c’est quelque chose qui m’a beaucoup marqué dans tous les échanges que j’ai pu avoir avec des parents depuis plus d’un an : être parent, c’est se sentir seul. « La solitude », c’est le mot qui revient le plus souvent chez les parents que j’ai rencontrés aux 4 coins de la France.

Chez les femmes en particulier. Elles se sentent seules avant l’accouchement, et plus encore après. Les personnes qui les suivaient ne sont plus forcément les mêmes, donnant le sentiment d’une rupture dans l’accompagnement dont elles bénéficient. De seules, elles deviennent même isolées, une fois rentrées chez elles avec leur enfant.

La solitude est souvent le paravent d’autres problèmes, que nous n’avons longtemps pas su prendre en compte : la perte sommeil, d’appétit ou de confiance en soi ; la détresse psychologique, jusqu’à ses formes les plus graves. Autant de difficultés intériorisées, cachées, pour lesquelles l’accompagnement proposé reste parcellaire et morcelé. Notre politique de soutien à la parentalité manque de moments et de repères-clés, alors même que nous savons que beaucoup de choses se jouent successivement lors de la visite prénatale, de l’accouchement, du retour chez soi, de la visite à domicile.

Nous devons créer un vrai parcours tout au long des 1 000 jours de l’enfant. Un parcours qui soit sans coupures. Où, le plus précocement possible, les différents acteurs qui entoureront les parents se coordonnent, dans une logique personnalisée, adaptée aux besoins de chacun.

Ce « Parcours 1000 jours », sera bâti autour de 3 moments clés :

1. Son début, l’entrée dans ce parcours pour toutes les femmes, s’effectuera au 4e mois de grossesse, lors de l’entretien prénatal précoce. Cet entretien doit être la première occasion d’aborder, sereinement et précocement, avec un professionnel, l’ensemble des sujets liés, non pas seulement à la grossesse et à l’accouchement, mais à la parentalité en construction. Cet entretien, aujourd’hui, seules 28% des femmes le réalisent. Nous allons investir pour qu’il bénéficie à tous les parents. Dès l’année prochaine (ce sera inscrit au prochain budget de la sécurité sociale, comme la plupart des mesures que je vais vous annoncer), 10 millions d’euros seront consacrés, via notamment les réseaux de santé en périnatalité qu’animent les professionnels dans les territoires, ou via l’Assurance-maladie, à faire la promotion de cet entretien auprès de l’ensemble des parents.

2. Deuxième moment important, incontournable même : la maternité. L’accouchement n’est pas une fin en soi. Ce n’est pas là que tout commence, ni que tout s’arrête. C’est un moment pivot qui ne doit pas être un moment de rupture. Une étape, importante, dans la construction de la parentalité. La maternité doit donc plus encore qu’aujourd’hui être le lieu du dialogue, du repérage des difficultés éventuelles, de l’orientation des parents en fonction des besoins, dans une approche pluridisciplinaire. Dès 2021, en investissant plus de 12 millions d’euros, nous allons renforcer les staffs medico-psycho-sociaux dans une centaine de maternités prioritaires avec la création de 200 postes –sages-femmes, psychologues, médecins, travailleurs sociaux. L’objectif à terme est de le faire dans chacune des 500 maternités.

Nous augmentons et nous accélérons en parallèle l’effort initié cette année pour renforcer les Protections maternelles et infantiles (PMI) : après avoir investi 15 millions d’euros dans 30 départements en 2020, ce sont 35 millions d’euros qui seront consacrés au total en 2021 au renforcement des PMI dans 70 départements. Cet investissement doit permettre aux PMI de recruter du personnel -même si je sais que le sujet des recrutements est bien plus complexe, et nous nous y attelons par ailleurs-, et de mieux s’articuler avec les maternités pour mettre fin à cette rupture qui existe entre le suivi à l’hôpital et à domicile.

3. Et c’est là le 3e point d’ancrage important de ce parcours : les visites à domicile. La dépression post-partum touche 10 à 15% des femmes dans notre pays. Ce sont les dépressions repérées : la réalité avoisine probablement le double. 100 000 femmes seraient chaque année en grande détresse lors de l’année qui suit l’accouchement, et la moitié seulement trouverait à qui s’adresser. Sans compter celles qui se taisent.

Là aussi, j’ai été assez marqué par ce que m’a dit une femme un jour, à l’occasion d’une table ronde : « Je me suis rendu compte que les gens venaient me rendre visite, voir mon bébé, me demandaient comment il allait, mais que personne ne me demandait comment moi j’allais ».

La dépression post-partum est un tabou dans notre pays, car la maternité doit être forcément chose heureuse. Or, elle peut être dans certaines situations source d’interrogations, de perturbations, voire de souffrance. Nous devons casser ce tabou, en commençant par mettre des mots sur cette souffrance, et je veux remercier ici les femmes qui rendent cela possible, notamment sur les réseaux sociaux. Je pense par exemple au compte « Post-partum ta mère », qui aborde ces questions avec sensibilité et humour.

Et puis nous devons trouver les moyens d’agir : tout ce que je viens de vous dire y concoure, de même que l’allongement du congé paternité sur lequel je reviendrai, mais cela ne suffit pas. Nous devons renforcer l’accompagnement post-partum, notamment afin de couvrir les pics de dépression qui se situent à la 5e semaine après l’accouchement, puis autour du 3e mois.

Alors qu’aujourd’hui, les visites à domicile post-accouchement se font presque exclusivement sur le 1er mois, un entretien dédié et remboursé aura lieu demain à la 5e semaine puis, si le professionnel l’estime nécessaire, à la 12e semaine. On parle ici de la visite d’une sage-femme, d’un professionnel de PMI, mais aussi pourquoi pas d’un Technicien de l’intervention sociale et familiale en fonction des besoins des parents, toujours dans cette approche en santé globale. Toujours dans cette idée de pouvoir repérer précocement les difficultés, pour pouvoir orienter les parents vers les professionnels adéquats.

Dans le même ordre d’idée, nous travaillons avec la CNAF pour progressivement proposer à chaque parent des groupes de parole entre pairs. Des expériences en France et à l’étranger ont montré comment ces groupes pouvaient permettre de sortir de l’isolement et de développer ses compétences parentales. Je me rendrai d’ailleurs dès cet après-midi dans les locaux des Pâtes au beurre, une institution pionnière en la matière, créée il y a 20 ans à Nantes par Sophie Marinopoulos.

Généralisation de l’entretien prénatal précoce, renforcement des maternités et meilleure articulation avec des PMI réarmées, visites à domicile plus nombreuses et étalées dans la durée pour couvrir les périodes de dépression post-natales : voilà les 3 points d’ancrage d’un parcours 1000 jours plus fluide dont chaque femme, chaque parent doit pouvoir bénéficier.

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Il y a par ailleurs des fragilités qui nécessitent un accompagnement et un parcours spécifiques. Ces fragilités -terme que je préfère personnellement à celui de vulnérabilité, que je trouve plus victimaire- peuvent être sociales, psychiques. Elles peuvent être liées à une situation de handicap, des parents ou de l’enfant ; à une naissance prématurée ; à une adoption.

Pour toutes ces situations, nous allons bâtir des parcours 1000 jours spécifiques, afin d’accompagner aux mieux les parents et les enfants.

Je vous donne ici 2 exemples concrets, avec des mesures que nous allons financer immédiatement pour qu’elles puissent être mises en place dès que possible.

Certains parents souffrent de troubles psychiques. Ce n’est pas une raison pour se voir nié son désir d’être parent. Par contre, celui-ci doit parfois être accompagné spécifiquement. Il est donc en premier lieu impératif que ces troubles soient repérés précocement. C’est la raison pour laquelle nous allons investir 5 millions d’euros pour créer dès l’année prochaine 10 nouvelles unités Mère-Enfant, qui permettent une prise en charge en psychiatrie hospitalière de jeunes mères en dépression, avec leur bébé. Nous investirons également 5 millions d’euros pour créer 20 équipes mobiles en psychiatrie périnatale, pour aller à la rencontre des mères en souffrance psychologique importante. Avec ces dispositifs, nous sommes au croisement de la prévention et de la protection de l’enfance, qui doivent aller de pair.

Second exemple : les personnes en situation de handicap, qui souhaitent devenir parents et auxquelles on nie ce droit, dans nos représentations sociales (sous prétexte que cela constituerait un danger pour l’enfant), dans nos textes (il n’existe pas de Prestation de compensation du handicap Parentalité), et même, il faut le dire, dans les pratiques de certains professionnels.

Être un citoyen plein et entier, c’est certes pouvoir voter, mais c’est aussi avoir une vie affective et sexuelle. Etre citoyen, c’est donc avoir le droit de devenir parent. Que l’on ait un trouble du spectre autistique, un handicap sensoriel, ou que l’on soit atteint de tétraplégie.

Grâce à l’action de la Secrétaire d’Etat aux personnes handicapées Sophie Cluzel, et à certains responsables associatifs (je pense notamment à Agnès Bourdon-Busin et à Malika Boubaker de l’Association des Paralysés de France, mais aussi à Céline Poulet du Comité interministériel du handicap), une Prestation de Compensation du Handicap parentalité va enfin voir le jour.

Mais pour les personnes en situation de handicap, le sujet se pose souvent en amont, dès le projet parental. C’est pourquoi nous allons également créer dans chaque région un Service d’accompagnement à la parentalité des personnes en situation de handicap (SAPPH), sur le modèle de celui que j’ai pu visiter à Paris. Ce sont des lieux où les personnes en situation de handicap, dès leur projet parental, peuvent trouver une écoute et un accompagnement spécialisés et personnalisés de la part de différents professionnels. 6 seront créées dès l’année prochaine, pour 3 millions d’euros.

Nous allons également expérimenter, dès l’année prochaine, dans plusieurs régions, la mise en place d’un « Référent Parcours 1000 jours » pour les situations parentales les plus complexes. Ces professionnels, sage-femme ou autre selon les besoins identifiés, auront pour mission de coordonner l’ensemble des acteurs impliqués dans le suivi des parents et de l’enfant.

Enfin, pour les enfants nés prématurément, des mesures spécifiques seront travaillées en concertation avec les associations, notamment SOS Prema, avec notamment la nécessité de mieux préparer l’ensemble des professionnels à ces situations. Un parcours spécifique sera également construit en cas d’adoption, autour de 3 préoccupations : les congés, le soutien psychologique, la scolarité.

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Des parcours pour tous, individualisés en fonction des besoins de chacun, où les professionnels seront mieux armés pour déceler précocement les difficultés et mieux coordonnés pour éviter toute rupture dans l’accompagnement des familles : voilà ce qui doit permettre d’en finir avec ce sentiment de solitude ressenti par les parents aujourd’hui.

Mais être parent, c’est aussi être un peu perdu, et avoir le sentiment paradoxal d’être face à un flot d’informations qui vous submergent, sans réussir à trouver la bonne.

L’information doit être tout à la fois plus accessible, plus compréhensible, plus rassurante. En n’informant pas assez, on empêche les parents de prendre confiance en eux. Pire, entre messages flous, injonctions contradictoires, non-dits et hésitations, on rajoute de la complexité à une période qui n’en manque déjà pas. Combien de femmes ai-je entendu me raconter que 2 professionnels lui avaient tenu des discours différents, parfois culpabilisateurs, sur l’allaitement par exemple ? Moi-même j’ai l’impression qu’entre mon premier et mon deuxième enfant, les conseils donnés sur la position pour le faire dormir n’étaient pas les mêmes.

Aujourd’hui, lorsqu’ils se posent une question, 2/3 des parents vont sur les réseaux sociaux pour trouver une réponse non-vérifiée, un avis non-professionnel. On peut le comprendre, car quand l’horizon, c’est l’urgence permanente, et que cette urgence, elle a un nom, un visage, elle crie, elle pleure, on n’a ni le temps ni la capacité de faire le tri entre 5 sources d’informations dissonantes. Mais on ne peut s’en satisfaire.

Que les choses soient claires : il ne s’agit pas d’élaborer le « Code du parent parfait », car cela n’existe pas, ou de faire culpabiliser des femmes et des hommes qui font au mieux, avec leurs facultés, leurs talents, leurs fragilités et leurs doutes. Il y a autant de parentalités qu’il y a d’enfants et de parents. Chacun peut faire des erreurs, à nous, sur la base de la science, d’aider, de donner des clés, d’éclairer la parentalité de ceux qui en ressentent le besoin.

Nous devons élaborer de véritables messages de santé publique. La Commission en propose un certain nombre, et nous sommes en train de les travailler avec Santé Publique France, afin qu’ils soient clairs, appropriables par les gens, non normatifs. Nous les soumettrons rapidement aux professionnels et associations, avant qu’ils soient partagés avec tous les Français, et deviennent le langage commun de tous les professionnels.

Ces messages de santé publique porteront sur l’allaitement, l’alimentation, l’exposition aux perturbateurs endocriniens ou aux écrans, le sommeil, l’importance de l’éveil par le jeu dès le plus jeune âge. Ils réaffirmeront l’importance d’élever son enfant dans un environnement sans violence, et donneront des clés pour prévenir le syndrome du bébé secoué, sujet sur lequel nous devons intensifier notre action.

Une fois stabilisés, ces messages figureront dans les carnets de santé, ils irrigueront la formation des différents professionnels, afin qu’ils puissent les transmettre aux parents tout au long de leur parcours 1 000 jours. Ils seront au cœur d’une « Application 1 000 jours » d’information et de services, qui sera développée d’ici l’été 2021 pour accompagner les parents dans leur quotidien.

Nous allons également mettre progressivement en place un système de labellisation « 1 000 jours », pour les lieux existants ainsi que pour les professionnels. Ce nouveau réseau facilitera la diffusion de ces messages de santé publique, et offrira aux parents des repères tout au long de leur parcours.

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Être parent enfin, surtout après la période de confinement que nous avons traversée, c’est réinterroger l’articulation entre notre vie personnelle et notre vie professionnelle. C’est poser la question du temps que l’on passe auprès de son enfant.

Les sciences ont répondu à cette question, en insistant sur l’importance pour son développement d’être auprès de l’enfant durant la première année de sa vie. C’est sur ce temps disponible que se renforce vraiment le lien parent-enfant, que se fait ce qu’on appelle l’accordage affectif, par la parole, le regard, le toucher. Que l’on peut commencer à transmettre une histoire, des traditions orales et ludiques. Cela ne peut se faire en un jour, ou entre deux portes.

Ce temps, on le trouve principalement grâce aux congés. La France prenait du retard en la matière, en particulier en ce qui concerne le congé paternité. Sa durée n’avait pas été allongée depuis sa création il y a 18 ans, alors même que nous voyions nos voisins faire mieux, progresser, alors même que notre société évoluait, et ses attentes avec.

Allonger le congé de paternité et d’accueil du jeune enfant qui bénéfice à tous les conjoints quelle que soit la configuration familiale, était une priorité. L’annonce du Président de la République mercredi dernier au sein de la PMI de Longjumeau est historique. Ce n’est plus 14 mais 28 jours que pourront demain prendre les conjoints au moment de la naissance de l’enfant. Alors qu’aujourd’hui seuls deux tiers des pères prennent ce congé, cet allongement encouragera davantage de conjoints à l’envisager, un bénéfice pour eux, pour les mères, et pour les enfants.

Lors d’un déplacement dans le service d’Alexandra Benachi à l’Hôpital Antoine Béclère de Clamart, une anecdote m’avait particulièrement frappée. Un homme qui était là avec sa femme et son petit bébé né prématurément m’avait interpelé pour me dire : « Je suis magasinier, mon patron m’a dit ‘Ce n’est pas toi qui est enceinte’ ; alors je n’ai pas pris mon congé paternité ».

J’ai acquis ce jour-là la conviction, renforcée par un travail avec mes homologues ministres de pays nordiques, qu’il fallait introduire une part obligatoire à ce congé. Elle sera d’une semaine. Elle ne réglera pas tout, je sais qu’un certain nombre d’entre vous auraient voulu qu’elle soit plus longue, mais le principe même, inédit, d’une obligation va contribuer à faire évoluer culturellement notre société sur ce sujet.

Certaines questions restent encore à affiner, avec les partenaires sociaux notamment, en matière de délai de prévenance, de fractionnement. Tout cela sera précisé dans les prochaines semaines, intégré au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, et complété par décret.

2 précisions dès à présent sur ce congé, qui, pour des raisons techniques et d’examen de la loi, concernera les naissances ayant lieu à compter du 1er juillet prochain :
- Il sera ouvert aux indépendants et aux agriculteurs, selon des modalités similaires à ce que nous avions institué l’année dernière pour le congé maternité ;

- Son allongement s’inscrit dans une réflexion plus large qui doit être menée sur la refonte du congé parental. Peu sollicité, inégalement réparti entre hommes et femmes, il ne remplit aujourd’hui pas ses objectifs, ne permet pas d’augmenter le temps passé par les parents auprès de l’enfant au cours de la première année de sa vie. Si un certain nombre de rapports ont déjà été publiés sur la réforme de ce congé, les implications sociales du sujet nécessitent une approche très précise et complète avant toute décision. Notamment car ce sujet est intimement lié à celui par lequel je vais conclure mon propos, qui est celui des modes d’accueil, sujet certes de temps long mais qui appelle des décisions immédiates. C’est une chose que de dire « il faut raccourcir et mieux rémunérer le congé parental », c’en est une autre de bien appréhender et anticiper les effets que cela peut avoir sur des pans entiers de notre organisation sociale, et c’est cette voie raisonnable que je choisis de suivre.

C’est la raison pour laquelle je lancerai dans les prochains jours une mission visant à réfléchir à la refonte de l’ensemble des congés parentaux, en coopération avec la ministre du travail Élisabeth Borne et les partenaires sociaux. Je suis intimement convaincu que la parentalité en milieu professionnel est un magnifique sujet encore largement inexploité. Que l’on ne s’arrête pas d’être parent le matin quand on badge dans son entreprise. Qu’un parent serein est un travailleur serein, et vice-versa. J’annoncerai rapidement le nom des personnes à qui je confie ce travail que je veux de réflexion, mais surtout de propositions.

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Je le disais à l’instant, la question de l’articulation des temps ne peut pas se penser sans articulation avec celle des modes d’accueil, sujet de temps long, mais qui ne doit pas empêcher de pouvoir prendre des décisions immédiates.

Notre première préoccupation, partagée par l’ensemble des professionnels de la petite enfance, en individuel comme en collectif, public comme privé, a trait à la qualité de l’accueil de nos enfants, y compris en matière de contenu des activités d’éveil et d’épanouissement ; aux conditions matérielles dans lesquelles cet accueil à lieu ; à la formation dont disposent les professionnels qui s’occupent des enfants.

Je l’ai dit à de nombreuses reprises, et le rapport de la Commission des 1000 jours insiste dessus : nul besoin d’attendre l’entrée à l’école pour stimuler l’éveil et les premiers apprentissages des plus jeunes. La toute petite enfance est une période où il faut être particulièrement attentif à la sécurité, à la santé et à l’acquisition de la motricité par l’enfant, mais qui doit également être le point de départ de la construction de son rapport au monde.

D’ici la fin de l’année, nous rendrons obligatoire la Charte nationale d’accueil du jeune enfant, qui ancre ces principes. Elle devra être adoptée par l’ensemble des modes d’accueil collectif ainsi que par les assistantes et assistants maternelles -nombreux sont ceux qui déjà en appliquent les principes. Cela deviendra même une condition d’octroi des autorisations et des agréments.

Nous allons également améliorer les conditions de travail des assistants maternels ; nous leur faciliterons l’accès à la formation, notamment en rendant possible l’accueil d’un enfant supplémentaire en urgence pendant une semaine par mois. Nous allons également leur donner accès à la médecine du travail de droit commun.

Nous allons aussi simplifier la vie des parents, avec la mise en place d’ici l’été d’une plateforme leur permettant de savoir quelles sont les places disponibles près de chez eux, mode d’accueil par mode d’accueil.

Nous sommes par ailleurs engagés dans une démarche plus globale de clarification et de mise en cohérence des normes -j’aurai l’occasion d’y revenir prochainement-, afin de faciliter, grâce à des règles plus claires mais pas moins exigeantes, la création de places et les conditions d‘exercice pour les assistants maternels. Je prends d’ailleurs cette occasion de les remercier et de saluer une fois encore pour leur engagement au bénéfice de nos enfants en cette période compliquée de Covid.

Dernier point enfin s’agissant des modes d’accueil, nous allons lancer une expérimentation sur quelques territoires candidats pour la mise en œuvre de solutions d’accueil à horaires atypiques, en poussant la logique plus loin encore que ce qui se fait aujourd’hui, par exemple en nous inspirant de ce qui se fait en Finlande, avec des crèches 24/7 dont j’ai pu voir le succès, en particulier auprès de personnes dans des situations socialement et professionnellement précaires. C’est une attente qu’une maman présente mercredi dernier à Longjumeau avec le Président de la République nous partageait, elle qui, seule avec 2 enfants de 2 et 5 ans, et travaillant de nuit, nous disait ses difficultés, la nécessité « de se débrouiller » faute de solutions.

*

Vous l’avez compris, avec l’ensemble de ces premières mesures, inspirées des recommandations de la commission Cyrulnik, mais aussi de mes rencontres avec les parents et les professionnels depuis 1 an, nous avons la volonté d’accompagner les parents dans cette aventure formidable, incroyable, mais déstabilisante parfois pour certains, qu’est la parentalité.

Tout cela, nous le faisons pour les parents, mais nous le faisons aussi et avant tout au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant. C’est une question de santé publique, globale, dans ses dimensions somatiques, psychologiques, environnementales et sociales. Mais c’est surtout et avant tout une question de droits. Le droit pour chacun de nos enfants d’avoir les mêmes chances dans la vie que le petit copain d’à côté.

Tout ne changera pas du jour au lendemain. Les mesures que je viens de partager avec vous ne sont pas une finalité, elles sont un commencement. Au-delà, c’est bien une transformation culturelle qui j’ai souhaité engager, pour donner à l’enfant la place qu’il mérite au sein de notre société. Celle d’un être plein et entier, à la fois extrêmement vulnérable et porteur de potentialités formidables, qui doit donc être protégé à tous prix et encouragé à tous instants.

C’est une démarche qui doit engager la société toute entière, chacun de ses membres, si l’on espère voir reculer les inégalités de destin qui frappent un nombre trop élevé de nos concitoyens.

Saint-Exupéry écrivait que « l’on est de son enfance comme on est d’un pays ». Faisons en sorte que notre pays donne à chacun de ses enfants les mêmes encouragements et les mêmes chances.

Je vous remercie, et je vais désormais m’évertuer à répondre aux questions que vous nous avez fait parvenir : merci à vous, vous avez été plus de 200 à nous poser des questions, auxquelles je vais avoir du mal à répondre dans leur intégralité, je m’en excuse.

Certaines réponses figurent dans les propos que je viens de tenir.


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Discours d’Olivier Véran – Conclusions du Ségur de la santé

Conclusions du Ségur de la santé – 21 juillet 2020

Seul le prononcé fait foi

Mesdames les ministres,

Madame l’animatrice du Ségur de la santé, Chère Nicole Notat,

Mesdames et messieurs en vos grades et qualités,

Chers tous,

La remise du rapport de Nicole Notat constitue l’ultime étape du Ségur de la santé, engagé dès le ralentissement d’une épidémie qui a, dois-je le rappeler, très durement frappé la France et qui doit, je le rappelle, continuer à nous mobiliser pleinement.

Je remercie chaleureusement Nicole Notat d’avoir accepté cette mission et de s’être engagée avec beaucoup d’énergie, avec beaucoup de talent dans ce Ségur de la santé.

Les recommandations que vous venez de formuler traduisent à la fois une concertation intense avec l’ensemble des acteurs et des orientations fortes pour notre système de santé. Il nous appartient désormais de les transformer en décisions et en actions.

6 semaines, pour réaliser des accords, c’est un délai très court mais l’urgence nous a paradoxalement permis d’aller plus loin et plus fort. Ces actions, je ne vais pas les égrener ici une à une.

Nous en avons retenu 33, pour la plupart issues de la concertation et des recommandations du rapport de Nicole Notat. A l’issue de cette clôture, il vous sera transmis un dossier détaillant chacune de ces orientations, mais je voudrais avec vous partager l’esprit des conclusions du Ségur et les principales d’entre elles.

Le 25 mai dernier, au lancement du Ségur suite à l’impulsion donnée par le président de la République, les commentateurs prédisaient au mieux un échec, au pire un coup pour rien.

Force est de constater que si les discussions ont été franches, parfois musclées, aucun coup n’a été échangé, personne n’est dans les cordes et je crois que tout le monde sort gagnant de ce Ségur.

Si l’heure n’est plus à un discours de la méthode mais bien à une conclusion, ou plutôt à des conclusions, je rappellerai simplement quelques chiffres, qui nous disent quelque chose du chemin parcouru :

  • Plus de 100 réunions d’échanges et de concertations au ministère en 50 jours ;
  • Près de 200 contributions écrites reçues et toutes analysées ;
  • Plus de 118 000 réponses de professionnels de santé à la grande consultation en ligne en seulement quelques jours ;
  • Plus de 200 réunions organisées dans le cadre des retours d’expériences territoriaux ;
  • Plus d’une quarantaine d’heures de négociations pour aboutir à des accords.

Il fallait écouter les soignants et apporter des réponses concrètes à des attentes qui, pour certaines d’entre elles, étaient déjà anciennes.

Je pense évidemment à la question des rémunérations.

Dans le dialogue, dans la concertation, des sommes sans précédent, 8,2 milliards d’euros par an, ont été mises sur la table. Et une méthode a été choisie et nous n’en avons jamais dévié : celle du dialogue social et de la négociation.

La semaine dernière, à Matignon, en présence du Premier ministre, les accords de la santé ont donc été signés, qui apportent aux soignants, dans les hôpitaux, dans les EHPAD, dans les cliniques, des revalorisations très significatives, parce que la feuille de paie a été la première ambition de ce Ségur de la santé.

Mais elle n’a pas été la seule ambition. Non, il ne s’agit pas seulement mettre de l’argent sur la table pour revaloriser les rémunérations des personnels dans les établissements. C’est nécessaire, et nous l’avons fait, mais ce n’est pas suffisant. Nous avons voulu changer de braquet et accélérer dans tous les domaines de la transformation de notre système de santé.

Je parle d’accélération, parce que si beaucoup de constats ont été renforcés par la crise sanitaire, ces constats ne sont pas nouveaux.

A ce titre, je rappelle que la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, qui traduit les ambitions de « Ma Santé 2022 », aura un an dans trois jours.

Rendez-vous compte, cette loi n’a même pas un an. Les diagnostics sur lesquels elle s’est construite sont-ils caducs ? Je ne le crois pas. Le Ségur de la santé doit donc être un accélérateur, qui a vocation à engager rapidement les transformations dont notre système de santé a besoin.

Pour mener à bien ces transformations, nous mettons certes de l’argent sur la table, beaucoup d’argent, mais nous renversons aussi des logiques qui ont pu faire perdre aux soignants le sens de ce qu’ils font au quotidien. Car au fond, qu’est que vous nous disiez, qu’est-ce que vous nous avez dit, sur l’hôpital et plus largement sur le système de santé ?

1. Vous nous dites : nous manquons de lits, nous manquons de personnels

Le premier sujet c’est naturellement la rémunération des soignants. Je viens d’en parler, j’ai la conviction que nous avons ensemble franchi des étapes décisives.

Il y a bien sûr aussi l’enjeu tout aussi décisif de notre capacité à attirer et à conserver des médecins à l’hôpital public. Trop souvent, quand on est praticien hospitalier, on peut avoir le sentiment que le choix du service public n’est pas suffisamment reconnu. Cela peut dissuader les jeunes de rejoindre l’hôpital public et les moins jeunes d’y rester.

C’est tout le sens des accords signés concernant les médecins à l’hôpital public.

Par ailleurs, reconnaître pleinement le choix du service public, l’engagement en faveur du service public, c’est aussi être cohérent et ne plus accepter de rémunérer au-delà du raisonnable, voire au-delà de l’entendement, des personnels extérieurs.

En l’espèce, le raisonnable c’est ce qui est prévu pour les autres et les autres, c’est vous. L’intérim médical a donné lieu à trop d’abus, depuis trop longtemps, et nous savons que ces abus minent les équipes.

Le rapport de Nicole Notat préconise, je le cite, de « rendre impossible la rémunération des médecins intérimaires au-delà des conditions réglementaires ».

Dorénavant, nous devons nous fixer un repère qui est tout trouvé et qui s’appelle le plafond réglementaire et nous demanderons aux comptables publics de l’appliquer strictement en bloquant toute rémunération qui dépasserait ce plafond.

Je sais ce que l’arrivée dans un service d’un praticien sur-rémunéré peut engendrer comme amertume et je sais que cela peut littéralement pourrir la vie d’un collectif de soins.

Dans le même esprit, nous allons changer de logique sur la question du capacitaire. Je vais vous parler des lits. J’en parle avec conviction et très directement. Je veux sortir des dogmes et des guerres de positions, qu’il s’agisse de la fermeture systématique des lits ou du refus systématique de toute réorganisation. C’est dans cet esprit que nous mettons fin au Copermo, j’y reviendrai.

C’est aussi dans cet esprit qu’il faut prévoir l’ouverture ou la réouverture de lits dans les structures de médecine en fonction des besoins, besoins qui évoluent selon les pics saisonniers par exemple ou selon des pics exceptionnels d’activité.

Ce qui est la règle pendant 9 mois de l’année n’est pas la règle les 3 autres mois, l’hiver par exemple, et il faut tenir compte de cette variabilité.

Nous allons donc dégager chaque année les moyens pour financer l’ouverture de 4 000 « lits à la demande » que les établissements pourront ouvrir en fonction des besoins.

2. Vous nous dites : le financement n’est plus adapté

Nous savons que nos modes de financement ont pu inciter à la course à l’activité et nous savons ce que cette course a provoqué dans les services hospitaliers, nous savons ce qu’elle a signifié dans le quotidien des soignants.

Cette logique, nous avons commencé à l’inverser, avec la hausse des tarifs, avec les réformes du financement de certains secteurs. Nous allons franchir un nouveau cap, en accélérant la diversification et la simplification des modes de financement des activités hospitalières.

Dans le cadre d’une expérimentation que je veux ambitieuse et rapide, et parce que nous savons tous la difficulté à construire rapidement un modèle global de financement, nous allons faire confiance et proposer aux établissements de santé et aux acteurs de ville, sur un territoire donné, sur plusieurs territoires évidemment, de faire évoluer le financement des activités de médecine vers un modèle mixte, avec un socle de dotation dite « populationnelle », fondée sur les besoins de santé des populations du territoire, socle complété par une prise en compte de l’activité mais aussi de la qualité des soins.

C’est en quelque sorte un droit d’option pour un nouveau type de financement que nous instaurons. Nous allons construire ce nouveau modèle ensemble, et ce sera aux acteurs qui le souhaitent de s’en emparer.

Qui dit financement dit aussi ONDAM. L’ensemble des sommes que l’Etat apporte à la santé dans le cadre du Ségur viendra abonder l’ONDAM qui, vous le verrez, sera très nettement réévalué en 2021. Néanmoins, il pose de nombreuses questions.

Les débats du Ségur de la santé ont montré le besoin d’engager une réflexion sur la rénovation de l’ONDAM pour la décennie à venir.

Au-delà de la question centrale de son niveau, les participants ont notamment soulevé la question de son découpage et de son périmètre, de l’équité de la régulation des dépenses entre les différents secteurs de l’offre de soins, d’une régulation s’appuyant davantage sur les tendances épidémiologiques et les évolutions des prises en charge.

Au fond, l’enjeu, c’est de faire de l’ONDAM l’expression non seulement d’une trajectoire de finances publiques mais aussi et surtout d’une politique de santé. Je saisirai donc le haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) dès les prochaines semaines pour qu’il me remette, d’ici le printemps prochain, des propositions d’évolution de la régulation du système de santé en vue du PLFSS pour 2022.

Enfin le financement, c’est l’investissement. Avec 13 milliards d’euros de reprise de dette et 6 milliards d’euros nouveaux de plan d’investissement, comme annoncé par le Premier ministre, ce sont au total 19 milliards d’euros qui vont être mobilisés pour permettre le financement des investissements utiles.

Une partie très importante doit venir financer les investissements courants. Il n’est pas acceptable de constater que dans les hôpitaux, on n’arrive pas à renouveler les moniteurs, les pousse-seringues, les chariots, les brancards, les lits. Nous mettrons fin à cette situation.

En complément, nous financerons des priorités d’investissement structurelles :

  • 2,1 milliards d’euros seront consacrés aux établissements médico-sociaux. Le secteur médico-social sera un des grands bénéficiaires de notre plan d’investissement.

Les établissements qui accueillent des personnes âgées dépendantes doivent bénéficier de ces investissements pour se moderniser, se rénover et accueillir les résidents dans les meilleures conditions. C’est au moins un quart des places en EHPAD qui pourront ainsi être rénovées, rendus plus confortables, plus accessibles et conformes à la réglementation énergétique.

Nous améliorerons les conditions de travail des personnels avec de l’équipement courant, des rails de transfert, des fauteuils électriques, des capteurs de détection des chutes, des enfile-bas de contention, autant d’exemples concrets qui peuvent changer la donne en établissement, sans même parler du numérique qui doit une bonne fois pour toutes franchir les portes des EHPAD.

Ce signal fort s’inscrit dans le cadre de la réforme sur le grand âge et l’autonomie que nous allons mener avec Brigitte Bourguignon et sur laquelle nous avons déjà commencé de concerter avec les acteurs. C’est un projet immense, c’est une très grande réforme sociale du quinquennat, qui nécessite la mobilisation de tous.

  • Pour l’investissement en santé dans les territoires, bien sûr les projets hospitaliers mais aussi les projets ville-hôpital, nous consacrerons 2,5 milliards d’euros.
  • Enfin, nous investirons massivement dans le numérique, avec 1,4 milliards d’euros sur trois ans, en particulier pour que l’Espace numérique de santé soit une réalité concrète pour les Français dès début 2022.

3. Tout au long du Ségur et même bien avant celui-ci, vous nous avez dit : les décisions viennent d’en haut

Nous allons changer cette logique, à commencer par les investissements. S’agissant du COPERMO, disons-le nettement, il a vécu. Bien sûr, une instance nationale doit exister, mais son rôle et sa composition doivent être tout autres.

Le conseil national de l’investissement en santé, qui associera des représentants des élus, devra désormais définir les priorités nationales, se situer dans l’accompagnement des projets, répartir les enveloppes d’investissement et se prononcer uniquement sur les projets qui bénéficient à 100 % d’aides ou qui dépassent 100 millions d’euros hors taxe.

Pour le reste, le rapport de Nicole Notat nous invite à déconcentrer la gestion des investissements, à territorialiser et à décloisonner les projets. Nous n’allons pas faire autre chose. Nous allons à la fois considérablement augmenter notre investissement dans la santé, j’y reviendrai, et déconcentrer largement les décisions d’investissement.

Nous voulons que dorénavant les territoires soient aux commandes, Chère Jacqueline Gourault, en associant étroitement les élus régionaux, départementaux, intercommunaux et les Maires, à l’appréciation des besoins en santé et aux décisions d’investissement.

Nous en posons ici les premiers jalons, mais sur toutes les mesures qui concernent particulièrement les territoires, des concertations approfondies avec les élus auront lieu dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.

Les Agences régionales de santé seront renforcées au niveau départemental et leur lien avec les élus locaux seront plus étroits qu’ils ne l’ont été dans le passé. Un maire, un conseiller départemental doit se sentir chez lui lorsqu’il franchit les portes d’une agence régionale de santé.

Mettre les territoires aux commandes, ça n’est pas une expression dans un discours, c’est une organisation nouvelle, qui s’appuiera sur des conférences territoriales d’investissement en santé.

C’est un vrai changement de paradigme et c’est un vrai un changement de dimension.

4. Vous nous dites aussi : il y a trop de cloisonnement, entre ville et hôpital, entre sanitaire et médico-social

Les six milliards d’euros d’investissements nouveaux que je viens d’évoquer devront s’inscrire dans une logique de décloisonnement.

Vous ne m’en voudrez pas de rappeler que l’exercice mixte et le décloisonnement ont été en quelque sorte la pierre angulaire de Ma santé 2022.

Là encore, nous devons accélérer et permettre plus simplement aux médecins libéraux d’aller travailler à l’hôpital et aux praticiens hospitaliers d’avoir un exercice ambulatoire, notamment dans les zones sous-denses.

L’exercice mixte, le décloisonnement, la possibilité laissée aux médecins de passer d’un couloir à un autre, cela signifie précisément la fin des couloirs et le temps n’est plus aux incantations mais à la mise en œuvre.

La mixité d’exercice et la pluridisciplinarité sont aussi des réponses au mur démographique qui se présente devant nous.

La bonne coordination entre la ville, l’hôpital et les établissements médico-sociaux est un impératif catégorique et je souhaite confier une mission à trois directeurs d’établissements, un établissement public de santé, un établissement privé à but non lucratif et un établissement privé lucratif, pour que l’on fasse tomber les murs et les silos.

Il le faut pour le bon fonctionnement de notre système de santé et particulièrement pour la prise en charge des personnes âgées, parce qu’il n’est plus possible que les urgences soient le lieu d’accueil des personnes âgées. C’est pourtant une réalité et c’est une aberration.

Nous devons pérenniser les initiatives nées sur les territoires pendant la crise sanitaire, d’entraide entre les hôpitaux, la ville et les établissements médico-sociaux, comme par exemple les astreintes sanitaires au bénéfice des établissements qui hébergent des personnes âgées.

Je crois aussi profondément au modèle de l’hospitalisation à domicile, sur lequel nous devrons nous appuyer bien davantage.

Le Ségur de la Santé, c’est aussi pour les personnes en situation de handicap et leurs proches aidants un marqueur fort de correction de l’inégalité d’accès au système de santé.

Tout d’abord en travaillant aux mesures de soutien pour l’accès à un médecin traitant, ensuite pour construire des parcours de santé dans le droit commun, en permettant aux établissements médico sociaux de partager l’expertise sur les handicaps avec les professionnels de ville et les hospitaliers.

Nous y avons travaillé main dans la main avec Sophie Cluzel pour poursuivre les travaux engagés avant la crise.

5. Vous nous dites : nos carrières sont figées

Figées, les carrières le sont un peu, c’est vrai, ou disons qu’elles pourraient connaître davantage de mouvements. Mais elles sont aussi devenues de plus en plus difficiles d’accès.

Avec Frédérique Vidal et en concertation avec les Régions, nous allons donc augmenter de 10% les places en IFSI, soit 2000 places supplémentaires et nous allons multiplier par deux les entrées en formation d’aides-soignantes d’ici 2025.

S’agissant du déroulement des carrières, il faut à l’évidence le rendre plus dynamique. Comme dans tout autre métier, des perspectives d’évolution doivent exister.

Nous allons accélérer le déploiement des infirmiers en pratiques avancées (IPA) généralistes de premiers recours, avec pour objectif 3000 IPA formés d’ici 2022. Si des avancées substantielles ont déjà été enregistrées, il faut aller plus loin et je veux engager une réflexion sur une nouvelle profession médicale intermédiaire en milieu hospitalier, sous la responsabilité d’un médecin. Je vais donc confier aux ordres professionnels une mission de réflexion sur ce sujet.

Beaucoup d’entre vous exercent aujourd’hui des missions au-delà du soin, et je pense évidemment à l’accueil et à l’accompagnement de nos futurs confrères, à l’enseignement ou encore à la recherche.

Il nous faut aujourd’hui reconnaître cet engagement et permettre davantage d’accès au statut d’enseignant universitaire associé. Pour les praticiens hospitaliers, pour les médecins de ville, pour les professionnels paramédicaux, c’est une reconnaissance statutaire et parfaitement légitime de ce que vous faites quotidiennement en encadrant les plus jeunes.

Sur ce sujet, Chère Frédérique, nous allons mener avec les universités la concertation permettant de concrétiser cette avancée.

6. Vous nous dites : la vie des établissements, leur gouvernance, est trop opaque, elle manque de démocratie interne

Les excès de la loi HPST seront corrigés.

Chaque établissement de santé doit pouvoir, dorénavant, mettre en œuvre des organisations internes et des gouvernances adaptées à son contexte local, comme le propose le rapport commandé par Agnès Buzyn au Professeur Claris et que celui-ci m’a remis au mois de juin.

Il s’agit à la fois de redonner sa place au service, de lui confier de véritables leviers d’action et d’avoir une gouvernance davantage participative. La nomination des chefs de services se fera après un appel à candidatures et chaque candidat devra présenter son projet devant l’ensemble des personnels du service.

La décision et la participation « au plus près », la confiance aux acteurs de terrain, voilà l’esprit de ce que nous allons faire, en systématisant par exemple, dans chaque établissement, des délégations de gestion accordées aux pôles et aux services.

Changer les modes de décision et de participation, c’est également mieux associer les soignants et les usagers aux décisions dans les établissements.

La re-médicalisation de la gouvernance sera entreprise en suivant les recommandations du rapport du Professeur Claris. Et la place des personnels paramédicaux et des représentants des usagers dans les instances de gouvernance, directoire en particulier, sera largement reconnue.

7. Vous nous dites : il y a trop de normes, trop de complexité

Dans ce grand effort de modernisation et de rénovation, nous allons lever bon nombre de contraintes, nous allons alléger les procédures, parce que la crise a révélé que face à l’imprévisible, quand la force des choses supplante la lourdeur des textes, l’action est bien plus efficace.

L’organisation interne et la gouvernance des établissements doivent pouvoir s’adapter à des situations locales spécifiques et à des projets propres à chaque territoire.

Nous allons donc donner un droit d’option aux établissements pour qu’ils puissent s’organiser librement, dès lors qu’il y a un consensus local, et même si le code de la santé publique prévoit autre chose : si un établissement veut organiser son directoire ou sa CME différemment, si un établissement veut que les pôles soient tout ou partie optionnels, alors il n’y a pas de raison qu’on ne lui fasse pas confiance et qu’il ne puisse pas le faire.

La commande publique, nous savons que pour bon nombre d’établissements, elle est vécue comme un poids et en matière de complexité, la crise a montré qu’un travail devait être mené parce que si les règles sont souvent indispensables, elles ne doivent pas décourager l’action et anéantir notre capacité d’adaptation.

8. Vous nous dites : certains soins, certaines pratiques, manquent de pertinence

La pertinence des soins, on en parle depuis de nombreuses années. La rémunération sur objectifs de santé publique a montré certaines vertus et les médecins généralistes qui s’étaient montrés réticents il y a 10 ans, reconnaissent aujourd’hui que c’est un levier efficace de sécurité et de qualité des soins.

Je souhaite donc étendre, en concertation et en négociation avec les médecins spécialistes, cette philosophie à d’autres spécialités.

Ces mesures nous permettront de nous engager ensemble dans un nouvel acte de la pertinence des soins et je sais que cette aspiration fait l’objet d’un très large consensus.

9. Vous nous dites : l’hôpital n’a pas pris le virage du développement durable

A l’image de la société tout entière, c’est une aspiration qui grandit à l’hôpital et les jeunes soignants sont les premiers à militer en faveur de pratiques plus vertueuses sur le plan environnemental : alimentation avec des circuits courts, meilleure gestion des déchets, moins de gaspillage à tous les étages…

Ce sont des mesures qui semblent symboliques mais qui ne le sont pas tant que ça et nous allons encourager partout les bonnes pratiques.

L’une des grandes priorités, qui n’est pas la seule mais qui nous préoccupe tous, c’est la rénovation des bâtiments, parce que les passoires énergétiques, il y en a beaucoup dans les établissements de santé et médico-sociaux.

C’est l’un des grands axes de notre plan d’investissement, qui doit permettre à nos établissements d’opérer cette transition énergétique et écologique dont chacun mesure un peu plus chaque jour l’urgence. Nous pourrons aussi nous appuyer sur le plan de relance pour la rénovation énergétique et thermique des bâtiments.

10. Vous nous dites : la démocratie sanitaire n’a pas suffisamment évolué depuis la loi du 4 mars 2002

Nous allons renforcer les Conférences régionales de santé et de l’autonomie (CRSA) pour mieux garantir l’exercice de la démocratie sanitaire.

Les CRSA vont devenir de véritables « parlements de la santé » en région. Elles auront notamment pour mission d’encourager les initiatives territoriales visant à engager les usagers et leurs représentants à l’amélioration continue de la qualité, la sécurité, la pertinence des soins et de l’accompagnement médico-social.

11. Vous nous dites : l’accès aux soins a paradoxalement été renforcé pendant le Covid

La crise sanitaire est riche d’enseignements, puisqu’elle a montré, si quelqu’un en doutait, que la médecine de ville jouait un rôle crucial dans la télésanté et l’accès aux soins non programmés.

S’agissant de la télésanté, nous avons fait un pas de géant pendant la crise, en prenant un certain nombre de dérogations. Et nous avons eu une explosion de la télémédecine sans avoir une dérégulation à tous crins. C’est pourquoi j’ai, par décret, prolongé l’essentiel de ces dérogations.

Et je souhaite que les partenaires conventionnels s’en emparent, dans toutes ses dimensions, notamment la télé-expertise et la télésurveillance, pour que la télésanté continue son essor au service des Français. Pour ce qui concerne l’Etat, nous continuerons à prendre en charge à 100 % les consultations en télémédecine, au moins le temps nécessaire à son développement.

S’agissant de l’accès aux soins non programmés, nous le savions, l’idée selon laquelle des équipes de soins primaires et spécialisés peuvent exercer cette mission est plus pertinente que jamais.

Les CPTS, les MSP, les centres de santé, tous ces collectifs de soins seront incités à prendre en charge des patients dans le cadre des soins non programmés.

Là encore, le constat n’est pas nouveau selon lequel des équipes de soins coordonnées doivent apporter cette offre de proximité. Je souhaite que nous favorisions et valorisions l’exercice coordonné, en ville, sous toutes ses formes et dans toute sa diversité.

Aujourd’hui, nous devons aussi accélérer la mise en œuvre du service d’accès aux soins (SAS), pour réguler les appels et orienter les patients vers des structures adaptées : nous allons dans les six mois développer la plateforme digitale unique pour le patient, en partenariat entre la médecine de ville et les SAMU, et nous allons lancer des expérimentations territoriales pour que des services d’accès aux soins pilotes puissent voir le jour dans les territoires dans lesquels les acteurs sont volontaires et prêts.

Sur ces différents sujets, télésanté, exercice coordonné, accès aux soins non programmés, ainsi que sur le développement de la qualité et de la pertinence des soins pour les médecins spécialistes, nous ferons confiance au dialogue social, comme nous l’avons fait avec les accords du Ségur.

C’est donc à la CNAM de lancer des négociations avec les partenaires conventionnels pour un ou des avenants conventionnels, qui doivent être négociés – et je l’espère signés ! – rapidement, afin qu’il produise leurs premiers effets dans les prochains mois.

12. Vous nous dites : le Covid a révélé, encore plus qu’elles ne l’étaient déjà, les inégalités de santé et les problématiques de santé mentale

Nous ne perdons pas de vue les défis immenses qui nous restent à relever, les défis dont nous mesurions l’urgence avant la crise sanitaire et qui sont aujourd’hui des priorités absolues.

Ce sont d’abord les inégalités de santé.

Je l’ai déjà dit, et c’est une conviction très forte, les inégalités de santé, ce sont autant de coups de canif dans notre contrat social.

Là encore, nous devrons nous appuyer sur les territoires, en dotant chaque région d’une gouvernance stratégique de réduction des inégalités, avec des élus, des associations, des usagers, qui s’appuieront sur un comité scientifique.

Une gouvernance stratégique, pourquoi une gouvernance stratégique ? Eh bien pour garantir une prise en charge globale, médicale, psychologique, sociale, médico-sociale, en établissements comme en ville et au domicile avec des équipes pluridisciplinaires.

Pour garantir que dans chaque région et dans leurs territoires, les besoins spécifiques de prévention, d’accès aux soins certaines populations sont bien identifiés, que des programmes concertés, pluri annuels, sont mis en œuvre et évalués.

Et ça n’est pas tout : nous allons renforcer les actions des ARS en direction des travailleurs pauvres, nous allons renforcer les 400 permanences d’accès aux soins de santé, qui prennent en charge les patients sans droit dans les hôpitaux et nous allons développer 60 centres de santé « participatifs », avec une offre adaptée aux populations des territoires défavorisés.

Enfin, nous allons développer les démarches d’ « aller vers », pour toucher les populations les plus difficiles à atteindre, car on a vu pendant la crise combien ces démarches étaient indispensables.

Il s’agit concrètement de développer les équipes mobiles pluridisicplinaires, « PASS mobiles », équipes mobiles psychiatrie précarité, qui seront autant d’acteurs qui interviendront pour la santé de personnes en difficultés.

L’ensemble de ces actions, ce sont 100 millions d’euros par an pour lutter contre les inégalités de santé.

Ma conviction en matière de lutte contre les inégalités de santé, c’est qu’il n’y a pas d’un côté le soin, les lits d’hospitalisation, la démographie médicale et de l’autre la prévention, la promotion de la santé, le travail sur les déterminants. Tout ceci est un continuum, et le Ségur doit permettre d’agir à toutes les étapes.

Voilà donc des mesures fortes et concrètes, qui nous aideront à lutter efficacement contre les inégalités de santé.

Parmi les enjeux qui sont apparus avec une acuité nouvelle, il y a le renforcement de l’offre de soutien psychiatrique et psychologique de la population, qui a retenu toute l’attention du rapport de Nicole Notat.

La crise sanitaire a révélé de manière criante la vulnérabilité psychique de nombreux Français et il est indispensable d’insuffler une nouvelle ambition à la feuille de route santé mentale et psychiatrie.

Au-delà des accords sur les rémunérations, qui profiteront évidemment aux professionnels de la psychiatrie, la psychiatrie sera un pilier de notre politique d’investissement, pour renforcer l’offre de soins psychiatriques et psychologiques dans les régions, en fonction des besoins de santé des différents territoires.

Par ailleurs, nous soutiendrons avec une énergie nouvelle les projets territoriaux de santé mentale, qui seront mis en œuvre d’ici la fin de l’année, et en début d’année 2021, nous signerons des contrats territoriaux de santé mentale.

Mesdames, messieurs,

Voilà l’esprit du Ségur de la santé, voilà les grandes orientations qui concernent le quotidien des soignants.

Il s’agit de remettre de l’humain, des moyens et du sens dans notre système de santé. C’est un cap ambitieux, sans rien renier de ce qui a été fait depuis 2017 puisque bien au contraire, nous voulons accélérer la mise en œuvre de mesures qui sont plus que jamais nécessaires.

Le Ségur de la santé prend fin aujourd’hui. Nous avons agi « vite et fort » parce qu’il le fallait. Mais nous avons tracé ensemble des perspectives nouvelles, parce qu’il le fallait aussi.

Bien sûr, en moins de deux mois, tous les sujets n’ont pas pu être traités. Parmi ceux-ci j’en citerai deux, et d’abord l’Outre-mer, qui retient toute notre attention, et j’étais en Guyane il y a dix jours. Il faut que nous menions avec le ministère des Outre-mer une concertation et des actions spécifiques à l’Outre-mer.

Le deuxième sujet, c’est celui d’une santé publique forte pour mieux se préparer et mieux combattre les nouvelles crises qui ne manqueront pas de surgir et qui affecteront la santé des populations.

Tant sur le plan de la formation, de la recherche, de l’éducation à la santé et aux enjeux sanitaires, que de l’organisation d’une santé publique opérationnelle.

Nous devons nous fixer des objectifs ambitieux et concrets d’amélioration de la santé. J’en citerai un seul qui me tient à cœur : la santé des enfants.

Il y a énormément à faire en la matière, Adrien Taquet qui y a beaucoup travaillé dans le cadre des « 1000 jours » le sait mieux que quiconque. Je pense notamment mais pas seulement à la pédopsychiatrie. Sur ce sujet comme sur quelques autres objectifs majeurs, je souhaite qu’à l’automne nous y travaillons ardemment et collectivement, dans ce qui pourrait être un « Ségur de la santé publique ».

Mais revenons à ce Ségur de la santé. Je vous en ai livré les conclusions. Reste l’exécution, car il faut traduire ces conclusions en résultats concrets, sur le terrain, dans vos services, dans vos cabinets, dans vos établissements médico-sociaux, partout où vous exercez.

Vous pouvez compter sur mon énergie et ma détermination : dès demain, nous lancerons en concertation avec vous la préparation des textes, législatifs et réglementaires, des financements, et l’ensemble des réflexions qu’il faut poursuivre. Nous avons besoin de concerter, de concerter et de concerter, avec les élus et avec les soignants.

Si 50 jours nous ont permis de bâtir les fondations, nous devons désormais prendre le temps de poursuivre la concertation, pour que ces mesures soient les plus opérationnelles et les plus efficaces possibles.

Un comité de suivi, qui vous associera, sera mis en place, pour s’en assurer. Et nous publierons très régulièrement un point sur l’état d’avancement et sur les résultats des conclusions du Ségur.

Les changements se verront, progressivement, mais ils se verront et surtout, ils se vivront. C’est indispensable.

Je serai très attentif à ce que le Ségur s’incarne demain dans tous les territoires parce que si tel n’est pas le cas, je vous le dis comme je le pense, le Ségur n’aura servi à rien.

Nous avons, vous avez, toutes les clés en main pour que les conclusions du Ségur de la santé s’incarnent demain dans le quotidien des soignants et dans la vie des Français.

Je vous remercie.

pdf Discours d’Olivier Véran – Conclusions du Ségur de la santé Téléchargement (498.1 ko)

La France présente quelques unes de ses mesures innovantes pour lutter contre l’antibiorésistance

La France est engagée depuis de nombreuses années dans la lutte contre l’antibiorésistance, qui est une réelle menace pour la santé publique, identifiée comme sujet prioritaire par l’OMS et les Nations Unies.

Une feuille de route interministérielle publiée en 2016 liste d’ailleurs 40 actions à mener en France, dans une perspective “Une seule santé”.

Ce document d’information présente de manière succincte quelques mesures innovantes en santé humaine pour maîtriser l’antibiorésistance mises en place à ce jour (mai 2020). Il sera actualisé de manière annuelle.

- Consultez le document en version française :

pdf Quelques mesures innovantes du plan d’action national français de lutte (…) Téléchargement (4 Mo)

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2019
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English version

Discours d’Olivier Véran, conférence de presse du 21 mars 2020

Conférence de presse du 21 mars 2020 – COVID-19.

Seul le prononcé fait foi

pdf Discours d’Olivier Véran, conférence de presse du 21 mars 2020 Téléchargement (370.2 ko)

Mesdames, messieurs,

Depuis mardi, en restant chez eux, les Français ont pris le chemin de la résistance contre le virus.

C’est une course de fond qui s’engage et nous n’en sommes qu’au début ; nous ne savons pas encore pour combien de temps nous devrons nous tenir à distance les uns des autres, mais une chose est certaine : il faudra se montrer très patient et très solidaire.

Une autre chose est certaine et il ne faut pas avoir peur de le dire : dans un premier temps, la situation va continuer à s’aggraver, avant que les effets du confinement, de la prise de distance fassent leur preuve. Je rappelle qu’ils permettent de limiter le nombre de personnes infectées et le nombre de personnes admises dans nos hôpitaux.

La France est loin d’être isolée dans sa stratégie. Le confinement généralisé, la fermeture des écoles, la limitation des rassemblements sont des mesures désormais adoptées par la quasi-totalité des pays européens. Nous ne faisons ni plus, ni moins que les autres et nous nous inscrivons dans une stratégie concertée au jour le jour. Seuls les moments de mise en place ont pu être différents, tenant compte des différences de stades d’épidémie constatés dans chaque pays.

Les Français s’interrogent et nous interrogent légitimement sur l’étendue actuelle du confinement et notre capacité à le faire respecter. Ils s’interrogent et nous interrogent sur la durée de ce confinement : j’ai saisi le conseil scientifique de ces questions légitimes qui rendra des conclusions publiques lundi.

Notre ennemi est récent, il était encore inconnu au début de l’année et grâce à la recherche, grâce à la science, grâce à la médecine, nous le comprenons mieux chaque jour. Plus personne désormais ne sous-estime sa dangerosité pour l’homme. Je rappelle que si 85% des symptômes sont bénins, que 98 à 99% des personnes guérissent, le COVID-19 peut tuer. Si les personnes les plus fragiles sont aussi les plus âgées et les plus malades, il y a dans nos services de réanimation, de nombreux patients plus jeunes.

Le confinement généralisé – appliqué partout avec rigueur et détermination –est la clé pour vaincre l’épidémie, donner du

temps à nos hôpitaux et nos soignants, sauver de nombreuses vies.

Et je veux vous le dire comme je le pense : en de pareilles circonstances, la désinvolture et la légèreté ne sont pas seulement irresponsables, elles sont dangereuses pour soi et dangereuses pour les autres.

Depuis le premier jour, les Français ont pu observer avec fierté mais aussi soulagement que nous étions capables d’une union nationale indispensable pour maintenir la cohésion dans notre société. Je le redis, la polémique non plus n’a pas sa place, à l’heure d’un péril inédit, et au vu des sacrifices consentis.

Ces derniers jours, un enjeu est sur toutes les lèvres, celui des équipements en masques de protection.

Je veux dire aux Français, en particulier aux soignants, que je comprends et partage leurs attentes et parfois leurs colères face à cette situation qui, de fait, prive un certain nombre de nos concitoyens de masques dans des situations qui le nécessitent pourtant.

Vous savez, face à une épidémie d’une telle ampleur, il pourrait être facile de mobiliser notre énergie sur la recherche de responsabilités. Je nous invite collectivement à mobiliser dans la période notre énergie auprès de celles et ceux qui sauvent des vies, avec celles et ceux qui maintiennent notre pays en vie. Il sera temps le moment venu, de tirer toutes les conséquences en matière de préparation de notre pays face à une menace qui, je le rappelle, constitue une première sanitaire depuis plus d’un siècle.

Ayant dit cela, je veux me livrer aujourd’hui comme je l’ai fait à chaque occasion depuis que je suis ministre, à un exercice de transparence absolue et vous présenter la situation telle qu’elle est.

Suite à de premières alertes sérieuses, qui auraient pu évoluer comme la crise actuelle, les pouvoirs publics ont pris la décision, il y a une dizaine d’années, d’équiper la France d’un milliard de masques chirurgicaux et de 600 millions de masques FFP2. Souvenons-nous qu’à l’époque, certains avaient raillé la ministre de la santé pour toutes ses précautions. Les vérités d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui.

Quels que soient les processus de décision ayant conduit à ce que ces stocks ne soient pas renouvelés dans la durée, toujours est-il que ces stocks de masques se sont réduits année après année. De sorte, que lorsque le COVID est apparu, il ne restait qu’un stock d’Etat de 117 millions de masques chirurgicaux pour adultes et aucun stock stratégique d’Etat de masques FFP2.

C’est parce que nous avons, dès le début, considéré que la disponibilité en masques allait être une difficulté dans la gestion de cette crise qu’il a été décidé de recourir dès le mois de janvier à l’importation de masques, en provenance de tous les pays producteurs, avant même les premiers cas sur le territoire national.

Nous avons tout mis en œuvre pour augmenter notre stock, dans un marché, vous le savez, extrêmement tendu et où une grande partie de la production vient de Chine, berceau de l’épidémie. La France, en plus des stocks et de la production nationale renforcée, a ainsi passé plusieurs commandes de masques de protection à l’étranger auprès d’industriels en capacité de fournir rapidement de gros volumes. Ainsi, je peux vous annoncer que nous avons d’ores et déjà signé plusieurs commandes de plus de 250 millions de masques qui seront livrés progressivement.

En parallèle, de nombreuses personnes, institutions, ou entreprises, se sont mobilisées face à cette situation exceptionnelle pour faire dons de masques supplémentaires : le Crédit Agricole, LVMH. Je tiens à les remercier de leur engagement exceptionnel pour protéger notre système de santé et nos patients les plus fragiles.

J’entends bien sur l’urgence de donner des masques à ceux qui nous protègent, à ceux qui nous soignent, à ceux qui sont malades.

Ma responsabilité de ministre, c’est aussi de tout mettre en œuvre pour que ces masques si indispensables puissent être délivrés dans la durée. Je connais la durée de nos stocks, je ne connais pas encore celle de l’épidémie.

C’est pourquoi, une stratégie nationale d’utilisation des masques a été mise en place afin de pouvoir préserver notre système de santé, nos soignants, et les patients les plus fragiles. Elle nous permet de garantir que toutes les personnes qui doivent être protégées par un masque puissent en bénéficier pendant toute la durée de l’épidémie.

Je veux revenir brièvement sur les décisions déjà prises avant d’annoncer celles à venir.

Les masques ont d’abord été distribués au sein des zones de circulation active du virus, parce que notre choix a toujours été de donner la priorité aux personnels exposés et aux zones qui en avaient le plus besoin.

A la fin du mois de février, 15 millions de masques chirurgicaux ont été livrés aux établissements de santé de première et de deuxième ligne.

Dès le 3 mars, à la demande du Président de la République, nous avons sécurisé notre équipement en masques par une réquisition de toutes les ressources disponibles sur le territoire national. Nous sommes le seul pays à avoir pris une telle décision.

Dès le début du mois du mars également, nous avons distribué 25 millions de masques pour répondre aux besoins des établissements de santé de référence mais aussi aux professionnels de santé de ville, des professionnels du secteur médico-social et des transporteurs sanitaires.

Des livraisons de masques ont aussi été réalisées, les 17 et 18 mars, à hauteur de 1,6 millions de masques de norme FFP2 et de 10,7 millions de masques chirurgicaux pour les professionnels de ville en première ligne pour la prise en charge en ville de malades suspects ou confirmés du COVID- 19.

Vous l’aurez compris, j’ai fait le choix difficile mais un choix responsable d’octroyer les masques de protection d’abord aux professionnels de santé pour nous permettre de tenir le plus longtemps possible.

Depuis des semaines, nous travaillons jour et nuit à augmenter la production et les importations de masques. Toute production possible a été commandée. Toute production disponible a été réquisitionnée. Toute distribution possible a été assurée.

Un approvisionnement a été réalisé ces derniers jours auprès des établissements les plus exposés dans le Grand Est, les Hauts-de-France, l’Occitanie, l’Île-de-France et en Bourgogne- Franche-Comté.

Un approvisionnement global destiné aux établissements de santé, à tous les établissements médico-sociaux et aux transporteurs sanitaires a été réalisé à l’échelle nationale hier.

Un second approvisionnement sera effectué dans les jours qui viennent pour consolider leurs stocks. Le total de ces 2 livraisons représentera 17 millions de masques.

Au total, depuis la dernière semaine de février, 70 millions de masques ont été livrés aux professionnels de santé de ville, à l’hôpital et dans nos EHPAD.

Grâce à la réquisition des stocks et de la production sur le territoire national, aux dons et aux importations, nous avons récupéré dans le même temps, depuis la dernière semaine de février, près de 40 millions de masques supplémentaires.

Nous disposons, à ce jour, d’un stock d’Etat de 86 millions de masques :

- 5 millions de masques de norme FFP2 ;

- 81 millions de masques chirurgicaux.

Nous prévoyons de disposer de 24 millions de masques par semaine dans notre pays.

Voilà la réalité des chiffres.

La réalité, c’est aussi que ces derniers jours, la logistique a été complexe à gérer et nous avons pris du temps pour assurer la meilleure répartition possible.

Je dis « pris » et non « perdu » parce qu’encore une fois, dans les zones les plus sensibles nous avions et nous avons déstocké des masques. Pour faire face à cette urgence inédite que nous traversons, nous avons donc réarmé notre système de production et de logistique de façon colossale et rapide. La mise en place d’une chaine de distribution adaptée, a effectivement été complexe, je le sais. Mais elle fonctionne maintenant, et elle permettra d’approvisionner rapidement

les hôpitaux, les praticiens en ville, les pharmacies, les acteurs du soin à domicile, l’ensemble des professionnels de santé et des patients pour qui l’utilisation des masques est recommandée. J’en profite pour remercier du fond du cœur, les pharmaciens d’officine qui depuis le premier jour se mobilisent dans des conditions que je sais difficiles.

La transparence toujours. La France est en mesure de fabriquer entre 6 millions de masques supplémentaires chaque semaine. Et dès le mois d’avril, 8 millions par semaine. Pour moitié des FFP2.

Les producteurs français ont mis leurs chaînes de production en tension et ces chaînes fonctionnent pour répondre à une demande sans précédent. Les usines tournent à plein régime.

De nouvelles chaînes de livraison ont été mises en place en urgence, pour assurer la distribution de masques à l’ensemble des professionnels de santé prenant en charge ou étant en contact potentiel avec des patients atteints de coronavirus.

Enfin, comme nous l’avons déjà indiqué, Le Président de la République et le Premier ministre ont demandé au ministère de l’Economie et au ministère de la Défense d’identifier des alternatives, soit pour démultiplier les chaines de production, soit pour qualifier des alternatives, jetables ou réutilisables. Les ministères ont qualifié des bancs de tests, mis à disposition des industriels des spécifications, et 40 prototypes sont en cours de tests, pour des masques chirurgicaux comme pour des FFP2. Je salue la mobilisation des industriels sur ce sujet qui doit nous permettre d’apporter des solutions notamment vers les secteurs autres que celui de la santé.

Enfin, de nombreuses alternatives innovantes sont en cours d’expertise pour répondre à ces besoins urgents de protection. Les industriels français sont pleinement mobilisés avec les pouvoirs publics, pour répondre à cette urgence sanitaire, et je tiens à les en remercier. Elles montrent la créativité, la solidarité dans l’adversité de nos entreprises et de nos concitoyens.

Au regard de ces capacités de production et des stocks disponibles, nos priorités restent :

- De protéger les professionnels de santé amenés à prendre en charge des patients COVID-19 en ville comme à l’hôpital ;

- Et de préserver les capacités hospitalières de prise en charge en protégeant les personnes qui interviennent auprès des personnes âgées en EHPAD pour éviter les hospitalisations.

Ce sont des priorités absolues. Protéger les soignants, c’est protéger les malades, et in fine, sauver des vies. Et entre ceux qui souhaitent être rassurés, et ceux qui doivent être protégés, j’assume de donner la priorité aux seconds.

La distribution de ces masques est en cours comme je viens de vous l’indiquer et nous travaillons sans relâche à optimiser leur distribution partout où des dysfonctionnements ont pu intervenir.

L’inquiétude, légitime, de la population face à cette situation inédite entraine également des comportements que je voudrais condamner avec la plus grande fermeté. Nous avons effectivement constaté de nombreux vols, utilisations détournées ou inadaptées de masques de protection. Que ce soit à l’intérieur des hôpitaux, en cours de distribution, jusque dans les véhicules des soignants. Ces comportements mettent en danger nos soignants en diminuant les disponibilités en masques. Soyons responsables ensemble, protégeons ceux qui nous soignent.

J’entends la demande de matériels de protection de la part de plusieurs professions pouvant être au contact direct avec la population. Mardi, à la demande du Président de la République, nous recevrons le Conseil scientifique pour envisager toutes modifications, extensions des modes de répartition des masques au-delà des seuls soignants et personnes malades.

Les masques limitent votre transmission du virus si vous pouvez le porter en permanence, mais certainement pas votre exposition car elle est constante. Les masques protègent certains, mais seuls les gestes barrières nous protègent tous, car il y a transmission par les mains et les objets si vous ne vous lavez pas les mains très régulièrement !

Prenons un exemple très concret : en population générale, une personne qui marche dans la rue pour aller faire ses courses n’a pas besoin de porter un masque, parce que le virus se transmet essentiellement par les mains et il faut rester plus de 15 minutes à moins d’un mètre d’une personne contagieuse pour que le risque de transmission par la bouche se développe.

C’est pourquoi j’invite toute personne qui dispose de masques à les mettre à la disposition des soignants en les déposant à l’établissement de santé le plus proche, à un médecin ou infirmier libéral, ou dans une officine de pharmacie.

J’invite toute entreprise, toute organisation qui en dispose à se rapprocher de l’ARS la plus proche ou, pour les stocks les plus importants (plus de 200 000 masques), du Ministère des Solidarités et de la Santé.

Les masques doivent revenir prioritairement à ceux qui en ont vraiment besoin. Et je vous assure que les gens en réanimation portent des masques toute la journée.

J’en viens aux choix que nous avons faits pour la distribution de masques dans les 15 jours qui viennent.

Nous donnerons, comme nous l’avons fait jusqu’à présent, la priorité :

- à la protection des professionnels de santé amenés à prendre en charge des patients COVID 19 en ville comme à l’hôpital ;

- et à la protection des personnes qui interviennent auprès des personnes âgées en EHPAD, pour préserver les capacités hospitalières.

Pour la prochaine distribution, nous procéderons donc de la façon suivante :

- Pour les médecins de ville, les biologistes médicaux et les infirmiers de ville : nous allons distribuer 18 masques par semaine et par professionnel, dont des masques FFP2 dans le strict respect des indications ;

- Pour les pharmaciens de ville : 18 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel ;

- Pour les masseurs-kinésithérapeutes : 6 masques par semaine et par professionnel, chirurgicaux ou aux normes FFP2, dans le strict respect des indications et selon les disponibilités, pour la réalisation des actes prioritaires et non reportables ;

- Pour les sages-femmes : 6 masques chirurgicaux par semaine pour la prise en charge des femmes confirmées COVID-19 ;

- Pour les chirurgiens-dentistes : ces professionnels disposent désormais d’un stock dédié de masques qu’ils ont eux-mêmes réparti sur le territoire de façon à pouvoir dans la durée assurer les soins urgents à la population. Je les en remercie.

- Pour les prestataires de service et les distributeurs de matériel
: 1 boîte de 50 masques chirurgicaux par semaine et, en moyenne, par entreprise pour assurer les visites prioritaires ;

- Pour les personnes exerçant des activités de services d’aide et de soins à domicile : 9 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel exerçant au sein de la structure pour assurer les visites prioritaires.

Ces personnes pourront s’approvisionner en masques auprès des officines dans les territoires les plus touchés.

Je veux saluer chaleureusement ces professionnels et leurs encadrants – c’est grâce à eux que nous pourrons organiser une prise en charge à domicile et des retours d’hospitalisation.

Pour les EHPAD et les structures médico-sociales accueillant des personnes fragiles, notamment les personnes en situation de handicap ou les patients COVID-19 sans domicile ne relevant pas d’une hospitalisation : nous distribuerons 5 masques chirurgicaux par lit ou place et par semaine.

S’agissant encore des EHPAD, je sais qu’il y a eu des tensions dans certains endroits, j’ai reçu hier une lettre signée des responsables des fédérations des EHPAD me demandant de leur garantir 500 000 masques chirurgicaux par jour compte tenu des fragilités des personnes âgées qui y résident. Je leur réponds ce jour que j’ai entendu leur demande et qu’ils disposeront dans la durée de ces 500 000 masques chirurgicaux par jour.

Nous sommes avec les professionnels pour les aider à s’organiser, à se protéger et à protéger les résidents.

Pour eux, ainsi que pour les autres établissements médico- sociaux prenant en charge des personnes particulièrement vulnérables, les masques seront disponibles dans des établissements-plateformes.

Le nombre de masques sera proportionnel à la taille des établissements. Lorsque des symptômes apparaissent, la dotation devra permettre de couvrir en priorité les personnes qui œuvrent auprès des cas possibles ou confirmés. A tous les professionnels des EHPAD, je veux dire un immense merci, ils sont les gardiens des plus vulnérables.

J’en viens aux établissements de santé : pour l’hospitalisation conventionnelle, nous distribuerons 3 masques chirurgicaux par jour et par professionnel de santé dans les services de soins prenant en charge les cas possibles ou confirmés et, pour la réalisation des gestes à risque, des masques FFP2 dans les services d’urgence, d’accueil des malades COVID-19 et de soins critiques ;

Pour l’hospitalisation à domicile : nous distribuerons 2 boîtes de 50 masques chirurgicaux par semaine et, en moyenne, par structure ;

Pour les transporteurs sanitaires et les centres de secours : nous distribuerons 1 boîte de 50 masques par semaine et par structure.

Je veux profiter de cette intervention pour vous parler des tests diagnostic. Là aussi j’entends les questions, les attentes, l’incompréhension parfois comme j’entends l’expression publique de nombreux experts.

Dans le même esprit que celui qui a présidé à la distribution des masques, nous avons fait jusque-là le choix d’un usage rationnel, raisonnable et raisonné des tests.

- Rationnel car il y a une logique qui prévaut lors de chaque épidémie quand un virus circule vite : ne pas dépister de manière systématique mais baser le suivi sur la surveillance des symptômes. C’est ce que nous faisons chaque hiver par exemple avec la grippe.

- Raisonné car réaliser des tests mobilise d’importantes ressources qu’il s’agisse de la mobilisation des professionnels pour prélever ou des réactifs pour les réaliser.

Les tests ne servent pas à mesurer, mais à contenir l’épidémie. En la matière, je rappelle que nous sommes depuis le premier jour parfaitement alignés sur les recommandations et pratiques internationales. Au stade 1 et 2, nous avons testé l’ensemble des cas contacts des malades, ce qui nous a permis un contrôle remarquable du foyer de Contamines Montjoie. J’avais même souhaité aller plus loin, en testant l’ensemble des personnes gravement atteintes de syndromes pulmonaires en réanimation.

Aujourd’hui, nous ne dépistons donc pas de façon automatique, car nous avons fait un choix, comme la plupart des pays, et conformément aux recommandations de la commission européenne, de réserver les tests à des publics prioritaires.

Les personnes ciblées sont, comme chez nos voisins européens, les personnes les plus à risque :

- Les professionnels de santé symptomatiques ;

- Les personnes âgées symptomatiques ;

- Les personnes présentant des difficultés respiratoires sévères ou des comorbidités ;

- Les personnes hospitalisées ;

- Les nouveaux foyers et nouveaux territoires.

En France, nous priorisons également les femmes enceintes et donneurs d’organes, de tissus ou de cellules.

Aujourd’hui, 4 000 tests sont effectués chaque jour sur ces personnes. Nous avons atteint un total de 60 000 tests. Actuellement, 70 laboratoires en plus des cinquante déjà équipés sont en capacité de réaliser des tests. Nous sommes ainsi parmi les premiers pays européens en matière de capacité de dépistage.

La capacité journalière de réalisation des tests va ainsi continuer sa montée en puissance.

Ce n’est pas là une simple hypothèse de travail c’est un impératif de santé publique : la doctrine d’usage rationnel et raisonné des tests doit évoluer. Ce n’est pas moi qui le dit c’est le directeur général de l’OMS. Lundi dernier le Dr Tedros a délivré un message simple « Testez, testez, testez »

La France doit donc désormais suivre cette voie et se préparer à faire évoluer rapidement sa stratégie de dépistage. L’enjeu c’est d’être en mesure de multiplier nos capacités de test au moment où nous lèverons le confinement. Quand je dis multiplier, cela veut dire multiplier. Pas juste augmenter. Sans attendre, nous travaillons avec l’ensemble des industriels en France comme à l’étranger pour augmenter notre capacité de tests dans les plus bref délais.

L’espoir est aussi tourné vers la recherche qui pourrait nous permettre d’ici à quelques semaines de disposer d’une nouvelle méthode diagnostic plus simple, plus rapide plus largement diffusable sur tout le territoire national. Vous l’avez compris, ce n’est pas sur la base d’un dépistage massif que nous mettrons fin au confinement. Mais c’est sur la base d’un dépistage massif que nous pourrions être amenés à accroître notre surveillance, une fois le confinement levé.

J’aurai l’occasion d’y revenir dans les prochains jours car à situation évolutive, vous l’avez compris, stratégie évolutive.

Mardi, je verrai avec le Président de la République le conseil scientifique pour évoquer les tests ainsi qu’une autre question, celle des traitements.

Ma stratégie, vous l’aurez compris est claire : adapter rapidement nos décisions en fonction de l’évolution des connaissances et des recommandations pour toujours mieux protéger les français.

C’est que je fais également en matière de stratégie thérapeutique, en m’assurant au jour le jour que si demain un traitement démontrait son efficacité, les Français puissent en disposer sans délais. Que nous ne manquions ni de stock de médicaments, ni de capacité à en produire pour répondre à la demande, ni même des matières premières indispensables pour y arriver. J’ai, depuis le premier jour de ma prise de fonction encouragé, accompagné, facilité, toute étude de recherche clinique visant à répondre à la demande des chercheurs. Plusieurs sont en cours dans de grands hôpitaux français.

Ministre de la santé, j’ai le devoir de respecter l’exigence scientifique et sanitaire pour toutes décisions de traitement, j’ai aussi le devoir et l’exigence de tout faire pour que nous puissions le plus rapidement possible, trouver traitement et vaccins.

Mesdames, messieurs,

Mon souci de la transparence reste – comme au premier jour – total, la voici, avec des chiffres et des annonces on ne peut plus claires.

Nous avons une méthode et nous la suivons, pour permettre à notre système de santé de tenir bon, pour permettre de protéger ceux qui en ont besoin dès que la situation se présente.

Permettez-moi pour terminer de saluer et de dire la reconnaissance de la Nation tout entière aux soignants qui, en première ligne, luttent avec un courage exceptionnel.

Je salue aussi et je remercie chaleureusement celles et ceux qui assurent le ravitaillement et la distribution des biens essentiels, je remercie les services de l’Etat, nos forces de police et de gendarmerie et toutes celles et tous ceux qui permettent à la France de se protéger et de tenir bon.

Votre soutien quel que soit votre façon de l’exprimer, en applaudissant à vos fenêtres à 20H comme vous le faites spontanément, en apportant à manger aux soignants, en rendant votre véhicule disponible pour ramener une infirmière après une longue nuit de garde, ou tout simplement en garantissant par votre travail la continuité la vie économique de notre pays, votre soutien est magnifique. Quel que soit le poste de travail que vous occupez, il constitue forcément un maillon essentiel de la chaine qui relie économie et santé.

Sans frigo, pas de médicament.

Sans composant électrique, pas de frigo.

Sans matières premières, pas de composants électriques. Sans transport de marchandises, pas de matières premières.

A l’arrière du front, le rôle de chacun est crucial, parce que c’est une guerre de positions.

En respectant les consignes qui vous ont été données, vous permettrez aux soignants d’agir plus vite, vous permettrez de réduire la propagation du virus, vous permettrez à la France de faire face à cette épidémie.

Nous vivons un moment historique et c’est une épreuve sans précédent que nous devons surmonter aujourd’hui, ensemble.

Je compte sur chacun d’entre vous, pour suivre avec rigueur les consignes qui vous sont données, mais aussi pour ne pas céder aux sirènes de la polémique et de la division.

La situation est bien trop grave. Soyons solidaires, soyons courageux, soyons à la hauteur du défi qui se dresse devant nous.

Je vous remercie.

Discours de Christelle Dubos : COVID-19 : accueil des enfants de moins de 3 ans

Point presse 16 mars 2020 – COVID-19 : accueil des enfants de moins de 3 ans.

Seul le prononcé fait foi.

Mesdames, messieurs,

Afin de ralentir au maximum la propagation du COVID-19 et ainsi éviter l’engorgement de notre système de Santé, le Président de la République et le Premier ministre ont pris des mesures exceptionnelles.

Parmi ces mesures, la fermeture des crèches au même titre que celle des écoles, des collèges, des lycées et des universités a été décrétée.

Je veux rappeler ici les raisons qui motivent ces décisions :

Elles se fondent sur des avis de médecins et d’experts en épidémiologie : les enfants et les plus jeunes sont ceux qui propageraient le plus rapidement le virus, sans forcément avoir de symptômes ou – heureusement – souffrir de formes aiguës de la maladie.

La concentration au sein d’un même établissement de plusieurs dizaines d’enfants est un facteur important de propagation du virus. Mais les structures qui accueillent un nombre d’enfants beaucoup plus réduit ne présentent pas les mêmes risques.

Une approche pragmatique fondée sur une analyse des mesures de réduction sociale nous conduit à considérer que nous pouvons maintenir en fonctionnement des structures qui accueillent moins de 10 enfants.

Nous fondant sur les avis scientifiques, nous avons avec Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, pris dès vendredi les décisions suivantes :

Les établissements d’accueil du jeune enfant accueillant plus de 10 enfants sont fermés.

Sont concernés : les crèches, et les maisons d’assistants maternels accueillant plus de 10 enfants.

En revanche, les structures qui accueillent moins de 10 enfants doivent être maintenues. C’est le cas des micro crèches, elles restent donc ouvertes. Et c’est le cas des assistants maternels qui peuvent ainsi maintenir leur activité. Les dérogations permettant aux micro-crèches d’accueillir exceptionnellement plus de 10 enfants sont suspendues.

Ces mesures ont été transmises aux autorités compétentes et aux professionnels, mises en application depuis ce matin, et resteront en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

Concernant l’accueil des enfants des personnes indispensables à la gestion de la crise :

Conformément aux annonces du Président de la République jeudi soir dernier, un service de garde est mis en place région par région pour que les personnels qui sont indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants et continuer d’aller au travail pour vous protéger et vous soigner. Le dispositif a été déployé ce week-end.

Les établissements d’accueil du jeune enfant rattaché à un établissement de santé, social, médico-social ou aux services de l’Etat chargé de la gestion de l’épidémie restent ouverts.

Dans ces établissements – qu’il s’agisse de crèches, de halte-garderies, ou de multi-accueil – l’organisation interne de l’établissement permettra de composer des groupes de 10 enfants maximum, sans temps de rassemblement.

Par ailleurs, les préfets organisent depuis ce weekend les solutions d’accueil prioritaire dans chaque territoire et pourront réquisitionner les établissements nécessaires.

Les parents exerçants une profession prioritaire ont été informés par les gestionnaires des structures concernées que l’accueil de leurs enfants peut être assuré.

L’ensemble de ces informations ont été transmises ce weekend aux préfectures, aux structures d’accueil du jeune enfant et aux ARS pour permettre la mise en place de ces solutions de garde dès ce matin.

Enfin, le Gouvernement met en place dès aujourd’hui sur le site mon-enfant.fr un portail qui permettra à chacun de s’inscrire pour demander une place d’accueil prioritaire pour son enfant. Cela permettra aux préfets de mieux juger des besoins.

A noter également que les personnels des crèches mobilisées feront partie des personnels prioritaires.

Nous devons tout mettre en place pour faciliter le travail de nos concitoyens qui sont en première ligne face à l’épidémie : je pense au personnel hospitalier, aux personnel des structures médico-sociales qui s’occupent de nos concitoyens les plus fragiles, mais aussi de celles et ceux qui coordonnent la gestion de la crise épidémique depuis les centres de gestion de crise des préfectures ou des agences régionales de santé.

Les autres modes d’accueil, en particulier les assistants maternels, sont mobilisés pour accueillir les autres enfants.

Je rappelle que les assistants maternels employés par un particulier, un établissement ou un service d’accueil familial (crèche familiale ou établissement multi-accueil familial) peuvent continuer à accueillir des enfants à leur domicile.

Pour celles qui sont employées par un établissement ou service, les regroupements sont suspendus à partir du 16 mars et jusqu’à nouvel ordre.

Les assistants maternels exerçant à domicile (salariées de particuliers employeurs ou de crèches familiales) vont être autorisés à accueillir jusqu’à 6 enfants de moins de trois ans et jusqu’à nouvel ordre.

Les assistants maternels informent leurs PMI du recours à cette disposition et des coordonnées des parents d’enfants accueillis, par email ou téléphone.

Les communes pourront développer localement des solutions d’accueil, en particulier chez les assistants maternels ou via de la garde d’enfant au domicile des parents. Les relais d’assistants maternels pourront être mobilisés pour faciliter la rencontre entre professionnels de l’accueil du jeune enfant et parents en recherche de solutions d’accueil.

Enfin, comme annoncé par le ministre vendredi dernier, nous allons inscrire dans la loi le service universel d’information aux familles (SUIF) qui devra rapidement permettre que figurent toutes les disponibilités des assistantes maternelles (et des crèches) de la façon la plus actualisée possible.

Au nom du Gouvernement, je veux affirmer ici devant vous que l’Etat sera aux côtés des professionnels de l’accueil du jeune enfant pour faire face à cette situation exceptionnelle :

Les assistantes maternelles bénéficieront de l’activité partielle, nous allons le mettre en place très rapidement, notamment pour celles dont les MAM ferment.

L’Etat soutiendra financièrement les crèches, qu’elles soient publiques ou privées, via les CAF.

Le dispositif de soutien sera voté par le Conseil d’administration de la CNAF. Pour les crèches privées, il sera tenu compte de l’activité partielle. Ce dispositif s’appliquera à chaque place fermée.

Je rappelle par ailleurs que les places vacantes ne seront pas facturées aux familles.

Mesdames et messieurs,

Le COVID-19 bouscule notre quotidien. Notre quotidien de parents, notre quotidien professionnel, notre quotidien de citoyen.

Il nous appartient tous d’en prendre la mesure et d’adopter dès maintenant les bons gestes.

Je tiens à remercier l’ensemble des professionnels de la petite enfance – qu’ils travaillent en accueil collectif ou individuel – et qui sont aujourd’hui mobilisés.

J’ai une pensée toute particulière :

- d’abord celles et ceux qui accueilleront les enfants des personnes mobilisés pour affronter la crise,

- ensuite pour les assistants maternels qui resteront mobilisés pour accueillir les enfants de ceux qui ne peuvent pas faire autrement.

Je remercie aussi la CNAF et l’ensemble des agents des caisses d’allocations familiales qui accompagneront parents, professionnels et structure face à une situation en tout point exceptionnelle.

L’Etat sera présent aujourd’hui. L’Etat sera présent demain. Nous ferons face ensemble.

Je vous remercie et je vais répondre maintenant à vos questions.

pdf Discours de Christelle Dubos : COVID-19 Accueil du jeune enfant Téléchargement (313.1 ko)

Discours Olivier Véran

Discours d’Olivier VERAN

21ème édition du Congrès national des internes de médecine générale

21 Février 2020

Seul le prononcé fait foi.

Madame la Présidente, Chère Marianne CINOT,

Chers consœurs, chers confrères,

Chers internes,

Chers amis,

Quoi de plus normal que d’être aujourd’hui parmi vous ?

Alors que j’ai pris mes fonctions il y a quelques jours seulement, j’ai évidemment accepté de venir rencontrer celles et ceux qui, après avoir franchi bien des obstacles, s’apprêtent à leur tour à œuvrer à la transformation de notre système de santé.

J’ai été à votre place et je sais qu’être interne, c’est connaître l’enthousiasme d’une vocation et l’angoisse d’un avenir qui comporte toujours son lot d’incertitudes.

Ce quotidien d’étudiant, ce quotidien de soignant, vous en faites justement le thème de ce 21ème Congrès National des Internes de Médecine Générale
« Soignants de demain : se construire au quotidien ».

Au-delà du plaisir de la rime – qui est une habitude dans les thèmes de vos Congrès nationaux ! – c’est un retour aux fondamentaux : l’avenir de la médecine, nous le construisons ensemble dès aujourd’hui.

Le nombre toujours aussi élevé de participants à cette édition témoigne de votre dynamisme et de l’intérêt grandissant des étudiants, des jeunes professionnels, aux évolutions de notre système de santé.

Cela fait 23 ans que votre syndicat est un interlocuteur des pouvoirs publics, dans un esprit toujours exigeant et pragmatique.

L’ISNAR-IMG a cette capacité de défier les décideurs et les représentants institutionnels, sans pour autant céder aux tentations de la surenchère ou de la communication excessive.

Avant de s’interroger sur la construction du soignant de demain, il est important de répondre à la question suivante : quel système de santé voulons-nous pour les décennies à venir ?

Comment garantir à nos concitoyens la pérennité de l’un des meilleurs systèmes de santé au monde, tout en redonnant du sens à la vocation des soignants ?

C’est tout l’enjeu de la stratégie présentée en septembre 2018 par le Président de la République.

Nous devons prendre en charge notre système de santé, avec ses pathologies chroniques et ses décompensations, sans oublier la prévention.

Ce traitement, c’est « Ma Santé 2022 » :

o La révolution de la prévention que nous avons initiée depuis près de 3 ans, et dont vous êtes les premiers ambassadeurs ;

o Je pense aussi au développement des coopérations interprofessionnelles, qui ne signe en aucun cas un rétrécissement du champ de compétence du médecin, bien au contraire !

o Les réformes de la formation initiale ensuite qui étaient nécessaires et attendues. Vous êtes bien placés pour le savoir, la formation doit mieux prendre en compte ces impératifs de coopération entre les métiers et de qualité des soins, mais je pense aussi à la diversification des opportunités professionnelles offertes aux jeunes médecins.

Nous avons pensé ensemble ces réformes et nous devons les mettre en œuvre ensemble. Il y a des craintes qui se sont exprimées sur la rapidité de mise en œuvre. Je les ai entendues et tous les moyens seront mis pour être à la hauteur des enjeux ;

o Ce traitement « Ma Santé 2022 » c’est aussi le numérique dont toutes les promesses doivent être mises au service des patients et des futurs professionnels que vous êtes ;

o Ma vision de notre système de santé c’est aussi une nouvelle dynamique pour renforcer la médecine libérale, pour qu’elle soit plus organisée, plus attractive, plus forte ;

o Enfin, « Ma Santé 2022 » c’est également l’hôpital. L’hôpital c’est bien souvent votre quotidien en temps qu’interne, vous voyez tous les jours ses difficultés. Les mesures investir pour l’hôpital annoncées à la fin de l’année dernière doivent permettre de rompre avec le sentiment de malaise et de doute auxquels l’hôpital est confronté. De nouveaux leviers financiers ont été activés pour faciliter la transformation du système de santé et améliorer le quotidien des soignants.

La « construction des soignants de demain » débute évidemment avec l’entrée dans les études.

Les réformes des premiers cycles des études de médecine marquées par la suppression du numerus clausus dès la rentrée prochaine répondent au double objectif d’inscrire les étudiants dans un parcours de réussite mais aussi de recruter puis de former autrement les futurs professionnels de santé, en phase avec un système de soins qui évolue.

La formation initiale doit évidemment rester exigeante sur les connaissances médicales et les compétences cliniques mais il nous faut aussi développer la capacité à collaborer, à maîtriser l’apport de nouvelles technologies voire de l’intelligence artificielle… Voilà des exemples de ce que seront les besoins de demain.

Mais une médecine du 21ème siècle n’est pas une médecine déshumanisée. Les patients attendent aussi plus d’empathie et d’accompagnement. La révision profonde d’un deuxième cycle aujourd’hui principalement orienté vers la préparation des ECNi au détriment des compétences cliniques et relationnelles, cette révision est indispensable.

A l’obsession du classement il nous faudra substituer l’adéquation des profils aux projets.

Ces nouvelles modalités de formation, qui s’appliqueront à la rentrée 2020, nécessiteront des étudiants davantage impliqués dans leurs stages. Dans ce cadre, et conformément à l’engagement pris par Agnès BUZYN, la réforme s’accompagnera d’une augmentation de la rémunération des externes.

Les conditions d’études et de travail des étudiants doivent être propices à la bonne réussite universitaire et l’épanouissement professionnel.

Les conditions d’accueil des étudiants hospitaliers devront être sécurisées, qu’il s’agisse de l’accès au restaurant du personnel ou encore la mise à disposition d’une chambre de garde. Cela me paraît être le b.a.-ba d’une bonne intégration à l’hôpital.

Aussi, j’ai demandé à mes services la publication, d’ici la prochaine rentrée, d’une instruction sur les droits des étudiants hospitaliers. Ce texte devra naturellement être travaillé avec les représentants des étudiants, je pense évidemment à la Présidente de l’ANEMF, chère Roxane HELLANDSJO-PROST, qui doit être dans la salle.

Au quotidien, un jeune médecin, un interne, fait face à des décisions et des situations qui peuvent être humainement difficiles. Cet apprentissage de la vie, de la souffrance, de la mort, est le passage obligé pour chacun d’entre nous.

Cet apprentissage est suffisamment lourd pour ne pas y ajouter des conditions de travail déraisonnables.

Plus de vingt ans après son obligation, le repos de sécurité après une garde n’est toujours pas respecté dans bon nombre de services hospitaliers.

Plus de dix ans après l’obligation d’une durée maximale de 48 heures de travail hebdomadaire, cette limite n’est toujours pas respectée.

Cela n’est plus acceptable. Trop de drames se sont déroulés.

C’est la raison pour laquelle, et dans le prolongement des engagements pris :

- Tous le temps de travail effectué devra être comptabilisé : les demi-gardes devront ainsi être reconnues et incluses dans le temps de travail hebdomadaire et donc rémunérées ;
- Les commissions médicales d’établissements ainsi que les conseils des facultés de médecine devront faire un bilan, chaque année, du temps de travail des internes. Les hôpitaux et les universités devront en tirer les conséquences, notamment concernant les agréments de stage ;

- De la même manière, et je n’ai pas de difficulté à le dire, nous devrons construire un mécanisme de sanction financière pour les établissements qui ne respectent pas le temps de travail des internes.

De la même façon, hormis pour les Docteurs Juniors, la possibilité de réaliser du temps de travail additionnel ne sera pas ouverte aux internes.

La limite restera à 48 heures par semaine qui est le maximum autorisé par la réglementation européenne.

Les conditions de travail et d’étude reposent également sur les choix des terrains de stages qui permettent de construire son futur exercice professionnel.

La réforme du troisième cycle des études de médecine a largement ouvert la possibilité de réaliser des stages dans l’ensemble des structures où s’exerce aujourd’hui la médecine : cabinets de ville, centres de santé, maisons de santé pluri-professionnelles, hôpitaux de proximité…

Autant de lieux d’exercice qui permettent aux internes de se former aux spécificités de l’exercice de la médecine de proximité, y compris dans les zones à faible densité médicale.

La loi « Ma Santé 2022 » de juillet dernier a d’ailleurs introduit l’obligation pour les internes en médecine générale de réaliser prioritairement des stages en zones sous-denses.

Cette obligation nécessite que nous allions beaucoup plus loin sur le nombre de terrains stages disponibles et donc sur le nombre de maîtres de stages universitaires.

Piloté par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et le ministère des solidarités et de la santé, un groupe de réflexion a été installé : il doit aboutir à des propositions pour développer très largement la maîtrise de stage, en médecine générale comme dans les autres spécialités. Des mesures devront être mises en œuvre dès la rentrée prochaine.

J’ai bien conscience que les stages en zones sous-denses peuvent représenter un surcoût financier pour les internes, voire parfois demander un véritable engagement.

En 2018, une prime de 200€ avait été mise en place pour ces stages éloignés.

Dès lors que nous sommes dans la dynamique d’une augmentation du nombre de maîtres de stage, je souhaite que cette indemnité soit revalorisée à 300€ et la condition kilométrique soit supprimée, les déserts médicaux sont souvent plus proches qu’il n’y paraît.

Je sais que de nombreuses questions se posent concernant la maquette de l’internat en médecine générale. Notamment sur sa durée.

Comme vous, ma conviction est qu’il faudra allonger le DES à 4 ans. La médecine générale n’a pas à être une spécialité à part, qui serait moins disante que d’autres en termes de compétences à acquérir.

Toutefois, les conditions ne me semblent pas encore réunies. L’année 2020 doit être mise à profit pour aller au terme des travaux nécessaires au passage à un DES à quatre ans.

La montée en charge du nombre de terrains de stage ambulatoires constitue une condition sine qua none à cette évolution.

Il y a un sujet sur lequel votre syndicat, l’ISNAR-IMG a beaucoup travaillé, c’est l’indépendance de la formation vis-à-vis de l’industrie des produits de santé.

Je souhaite à cet égard saluer votre campagne « No Free Lunch », sur le modèle nord-américain, qui consistait à se lancer le défi de refuser les repas sponsorisés par l’industrie.

Je souhaite être clair dans mon propos : l‘industrie des produits de santé est essentielle pour notre système de soins, elle est souvent source d’innovation thérapeutique pour les patients. Mais je souhaite insister sur une chose : la prescription d’un produit de santé ne peut se faire que sur la base d’une évaluation scientifique et d’un bénéfice pour le patient.

L’industrie des produits de santé ne doit pas pouvoir influencer individuellement les étudiants.

Durant vos études, si vous vous construisez au quotidien, c’est notamment pour vous préparer à votre installation future.

Le rapport du Dr Sophie AUGROS a permis de faire évoluer, lors de la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, les différents contrats d’aides à l’installation, comme les PTMG (les praticiens territoriaux de médecine générale), pour les fusionner au sein d’un « contrat des débuts d’exercice » pour sécuriser les nouvelles installations.

Il est possible de relever le défi de l’installation en zones sous-denses : c’est ce que vous expliquez dans le Guide que vous publiez pour les élections municipales.

S’il y a encore des interrogations, j’arrêterais là le suspens, et je le dis très clairement : je m’opposerai à tous ceux qui prônent la coercition à l’installation.

Je ne serai pas le Ministre de la fin de la liberté d’installation.

Pour une raison simple : cela n’a jamais fonctionné, cela ne fonctionne nulle part ailleurs, cela ne fonctionnera tout simplement pas.

Comme vous l’évoquez dans votre guide, l’attractivité des territoires passera par les dynamiques locales. Pour cela vous vous appuyez sur les outils mis à disposition depuis 3 ans : l’exercice coordonné, les MSP, les CPTS…

Je voudrais simplement insister sur deux points : nous avons déjà plus de 450 projets de CPTS, qui ont été créés pour la plupart à l’initiative des professionnels de santé de ville et qui répondent aux besoins de santé des territoires.

Cette dynamique va s’accélérer grâce aux financements conventionnels et à l’appui apporté par les ARS, mais la condition du succès est aussi de laisser toute la place aux initiatives des professionnels et à la diversité de leurs projets.

Le deuxième point est que les CPTS sont un formidable espace d’innovation pour notre système de santé. Je souhaite que vous participiez pleinement à faire émerger ces innovations et que vous y trouviez un intérêt à agir pour l’exercice de votre future profession.

J’aimerais terminer sur un point, et c’est l’un des piliers de la transformation du système de santé, l’exercice isolé doit devenir l’exception d’ici 2022.

Votre génération l’a bien compris car seulement 4% des étudiants et internes ont un souhait d’installation isolée en ville.

Le système de santé de demain, c’est un réseau de soins de proximité, dont font partie tous les professionnels de santé d’un territoire, quel que soit leur statut, et qui garantit à la population l’accès permanent à des soins et en particulier aux soins non programmés.

Mesdames et messieurs, Chers internes,

J’aimerais vous dire à quel point je suis heureux de pouvoir travailler avec vous à poursuivre la transformation de notre système de santé.

La voix de la jeune génération de professionnels de santé est écoutée, elle est surtout entendue.

Vous avez participé à la création de « Ma Santé 2022 », nous devons transformer l’essai ensemble.

Peut-être un dernier mot plus personnel : les études de médecine sont difficiles, pas tant intellectuellement qu’humainement. Vous aurez – ou bien vous avez déjà eu – des moments de doutes, d’incertitude dans vos choix, ou des moments où vous avez envie de tout laisser tomber.

Mais rappelez-vous que le métier auquel vous vous destinez est une formidable aventure humaine, certainement la plus belle qui soit.

Je vous remercie.

pdf 200221 – Discours ISNAR-IMG Olivier VERAN Téléchargement (335.5 ko)

Discours d’Agnès BUZYN – Vœux à la presse 2020

Discours pour des Vœux à la presse de Madame Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé le 28 janvier 2020

Seul le prononcé fait foi

Madame, messieurs les secrétaires d’Etat,

Madame la nouvelle Présidente de l’AJIS, Chère Lucie Prusaz, et je salue évidemment l’ancienne Présidente de l’AJIS, chère Bénédicte Fouchez,

Mesdames et messieurs les journalistes,

Mesdames, messieurs,

Avec Christelle Dubos, Adrien Taquet et Laurent Pietraszewski, nous tenions à partager avec vous ce moment pour vous adresser nos vœux les plus chaleureux.

Des vœux aux journalistes, l’idée peut sembler un peu désuète.

Je ne crois pas, bien au contraire, et cette tradition des vœux revêt dans ces murs un sens bien particulier, parce que si l’action sanitaire et l’action sociale ne peuvent se passer d’information(s), c’est qu’il n’y a pas de démocratie sanitaire et de démocratie sociale sans journalistes.

Je sais que vous avez à cœur de transmettre à vos lecteurs, à vos auditeurs, à vos téléspectateurs, une information de qualité.

Je sais aussi que cette responsabilité est de plus en plus difficile.

D’aucuns parlent aujourd’hui de post-vérité, et adoptent une posture de défiance à l’égard des paroles scientifiques, médicales, ou politiques.

C’est l’ère du soupçon généralisé, de la suspicion et du doute qui se suffit à lui-même.

Votre profession n’est pas épargnée.

Elle est même en première ligne et prise entre deux feux : d’une part, avec le rythme toujours plus rapide de l’information en continu ; d’autre part, avec la concurrence des réseaux sociaux, où règnent l’instantané, le spontané, et des informations ni vérifiées, ni vérifiables.

Quand un fait en chasse un autre, en temps réel, l’analyse disparaît et la formation du sens devient impossible.

Comment rétablir la vérité quand n’importe qui peut opposer aux études scientifiques ses propres croyances, parfois fantaisistes ?

« Le journalisme, c’est le contact et la distance » ; telle était la devise d’Hubert Beuve-Méry, et j’ai bien conscience de la difficulté toujours plus grande de votre métier, qui doit à la fois refuser le sensationnalisme et ne faire montre d’aucune complaisance à l’égard de la parole publique.

Si l’on y regarde de plus de près, ce qui était une exigence hier est devenu un défi et même un combat, le combat du « parler vrai », qui est d’abord un combat démocratique.

Faire votre travail aujourd’hui, c’est bien souvent faire preuve de résistance, et nous constatons que les populismes, qui prospèrent de manière inquiétante partout en Europe et dans le monde, ont tous en commun la haine des médias.

Haine des médias, haine de la vérité, haine de la démocratie, c’est une seule et même menace. Défendre les médias, défendre la vérité et défendre la démocratie, c’est un seul et même devoir.

En vous lisant, en vous écoutant, ou en répondant à vos questions, je mesure évidemment, ce qui ne va pas, mais je ne vous reprocherai pas en ce moment de ne jamais parler des trains qui arrivent à l’heure.

D’autant qu’il m’arrive aussi, parfois, de lire ou d’entendre que des chantiers avancent, et ce ministère en compte beaucoup.

Nous avons fait le choix de rassembler dans un seul et même document l’ensemble des réalisations de l’année 2019 et de décrire notre programme de travail pour 2020.

A le parcourir, j’ai toutes les raisons du monde de le trouver incomplet, tant les chantiers engagés sont nombreux et divers.

Mais l’important est ailleurs : il signe et exprime une façon de travailler ;

- Une façon d’embrasser toutes les politiques sociales ;
- D’être au rendez-vous de la prévention et de l’intervention la plus précoce possible ;
- De traiter les nouvelles vulnérabilités et de renforcer l’universalité des risques à couvrir ;
- De mieux traduire la prise en compte de tous les parcours de vie ;
- Et le besoin de personnalisation de nos modes d’intervention.

J’ai tenu à ce que nous prenions successivement la parole avec Christelle Dubos, Adrien Taquet et Laurent Pietraszewski ; les secrétaires d’état reviendront dans quelques instants sur les bilans et les perspectives de leurs domaines d’action respectifs.

J’y ai tenu parce qu’au Ministère des Solidarités et de la Santé, nous avons su construire un collectif extrêmement soudé.

Cette cohésion n’avait rien d’une option pour affronter les défis immenses qui se dressent devant la société française.

Elle est notre réussite : nous nous entendons bien, nous travaillons bien ensemble, et j’ai la faiblesse de penser que cela se voit.

Et de notoriété, cela est assez rare dans les grands départements ministériels.

Notre rôle et notre responsabilité, c’est de consolider un lien social qui s’était fragilisé ; c’est aussi de regarder sans fléchir les défis immenses qui ne nous attendent plus puisqu’ils sont déjà là, juste devant nous.

Je pense évidemment au grand âge parce que vous le savez très bien : notre société change de visage.

Une très forte accélération du vieillissement s’opérera dans les années à venir, du fait de l’avancée en âge des baby-boomers.

En 2030, c’est-à-dire demain, nous vivrons un premier point de bascule et les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 15 ans.

Je ne vous l’apprends pas, le Président de la République a rappelé dans ses vœux que le grand âge serait une priorité de 2020.

Le projet de loi « grand âge et autonomie » sera donc présenté à l’été, après une phase de concertation avec le secteur et les collectivités territoriales.

Ce sont des garanties très fortes, apportées au plus haut niveau de l’Etat.

Sans entrer dans le détail, je veux simplement partager avec vous quelques grandes lignes de la vision que je veux défendre dans les mois à venir.

La majorité des personnes âgées veulent rester chez elles pour y vivre jusqu’au bout leur vie.

Ce que cela signifie, c’est que le secteur de l’accompagnement à domicile va devoir absorber une grande partie du choc démographique à venir.

Et dès maintenant, les attentes sont extrêmement fortes.

De la part des aînés et de leurs aidants, qui n’en peuvent plus du parcours du combattant. Ils veulent une vraie coordination entre l’accompagnement et le soin, une limitation du nombre d’intervenants et une vraie garantie de service.

Du côté des professionnels, les attentes sont aussi extrêmement fortes et Myriam EL KHOMRI a montré dans son rapport à quel point une nouvelle organisation du travail était indispensable pour transformer les métiers et donner envie aux jeunes de s’y engager.

Ce que nous voulons faire, c’est tout simplement « changer de braquet ».

Outre la possibilité d’un maintien à domicile le plus longtemps possible, l’entrée en établissement doit devenir l’exception.

L’EHPAD doit être recentré sur la prise en charge des besoins de santé les plus lourds, ce qui nécessitera :
- une fusion des financements soins et dépendance ;
- une augmentation des personnels de soins, seule façon de garantir une progression du taux d’encadrement en personnel des EHPAD ;

- et un plan d’investissement massif de rénovation et de construction d’EHPAD.

Enfin, nous voulons baisser le poids du reste à charge pour les plus modestes, et je rappelle que la crainte de « peser » sur leurs enfants ou leurs petits-enfants est très régulièrement mentionnée par les Français quand ils sont interrogés sur leur avenir dans le grand âge.

J’insiste aussi sur la stratégie « Vieillir en bonne santé », parce qu’elle touche à nos représentations du grand âge et c’est un message qu’il faut diffuser le plus largement possible : la perte d’autonomie n’est pas une fatalité et la dépendance n’est pas un âge de la vie.

Elle se prévient par des réflexes à adopter le plus tôt possible, pour agir sur les déterminants de santé.

Vous le voyez, je ne vous l’apprends pas, dans ce ministère, ce que nous inventons chaque jour, ce sont les solidarités et le système de santé de demain. Ce que nous inventons chaque jour, c’est un Etat social moderne, un Etat social plus juste et plus robuste.

Tous nos efforts sont tournés vers un seul but : combattre les nouvelles injustices et accompagner les nouvelles fragilités.

Parce que c’est cela un Etat social moderne, c’est un Etat qui fait le choix de l’universalité et qui tient compte des parcours de vie, c’est un Etat qui détecte les nouveaux risques et qui prévient leur apparition.

Cet Etat social moderne est la condition de la prospérité sociale, il est la condition d’une société où chacun trouve sa place et la prend pleinement, où le quotidien n’est plus une lutte désespérée, où les inégalités se réduisent et réduisent la division des Français.

La crise des gilets jaunes a révélé avec fracas ces nouvelles fragilités françaises, ces nouvelles détresses et ce besoin criant d’un Etat social adapté aux réalités de son temps.

Rendre notre système de protection sociale parfait, c’est peut-être un peu ambitieux ; l’améliorer, je crois que c’est un objectif raisonnable.

L’améliorer, c’est opérer un double mouvement, en « allant vers » les personnes pour tenir compte de leurs besoins spécifiques, tout en renforçant l’universalité des droits et des prestations.

Quand les solidarités sont menacées, quand des fragilités sont détectées, l’Etat social moderne doit être là et se dresser pour protéger celles et ceux qui en ont besoin.

Je pense évidemment aux familles, multiples, diverses et en proie à de nouvelles difficultés et pour lesquelles nous nous sommes mobilisés.

Christelle Dubos vous en parlera dans quelques instants, mais je crois que nous pouvons être fiers au MSS de proposer un véritable service de versement des pensions alimentaires qui, dès cette année, permettra de soulager les familles en difficulté.

Un Etat social moderne, c’est un Etat qui sait que trop de Français renoncent à s’équiper d’une paire de lunettes, à se faire poser une prothèse dentaire ou à s’équiper d’une aide auditive.

Tous les équipements qui composent le panier 100% Santé seront pris en charge intégralement par la Sécurité sociale et les complémentaires santé. Voilà une mesure très concrète pour l’accès de tous aux soins.

Un Etat social moderne, c’est un Etat qui connaît l’importance des 1000 premiers jours de la vie d’un enfant, pour son développement mais aussi pour la santé globale de l’adulte qu’il deviendra et Adrien Taquet évoquera notre politique de la petite enfance, radicalement nouvelle, ambitieuse et audacieuse.

Un Etat social moderne du XXIème siècle, c’est aussi celui qui recrée les conditions d’un système universel de retraites, le même pour tous, capable de protéger les plus vulnérables et de tenir compte des carrières heurtées ou incomplètes.

Laurent Pietraszewski reviendra évidemment, dans quelques instants, sur ce sujet.

Un Etat social moderne, c’est un Etat qui connaît les vertus de la prévention, partout, dans tous les domaines.

Nous agissons donc pour mettre en œuvre cette prévention qui est, j’ose le dire, une petite révolution culturelle.

Je pense par exemple à la lutte que nous menons contre l’obésité, par une meilleure information sur la qualité nutritionnelle des aliments, en développant l’utilisation de Nutriscore dans l’étiquetage des aliments.

Un Etat social moderne, c’est enfin un Etat qui reconnaît la famille dans sa diversité, qui reconnaît toutes les familles et qui veille scrupuleusement au respect des grands principes : la dignité de la personne humaine, l’autonomie de chacun et la solidarité de tous.

Le projet de loi bioéthique est à mi-chemin de son parcours parlementaire, mais je tiens à dire que, par-delà les sensibilités, les débats à l’Assemblée nationale ont été d’une qualité exceptionnelle.

Et le gouvernement est extrêmement attentif, dans le débat en cours au Sénat, à ce que des lignes rouges ne soient pas franchies par les sénateurs en matière de génétique.

Mesdames, messieurs,

Je n’ignore rien des difficultés, des impatiences et des colères.

Vous me trouverez peut-être bien optimiste, je n’en serais pas vexée, mais je crois que les discussions en cours sur la réforme de notre système de retraite prouvent à leur façon que le dialogue social est retrouvé dans notre pays.

Certes, il y a des négociations, il y a des oppositions, il y a des désaccords et des divergences, nous appelons cela la démocratie.

En 2020, je mettrai tout en œuvre pour incarner l’ambition de la stratégie « Ma santé 2022 » : cette stratégie a posé le bon diagnostic sur les maux dont souffre depuis trop longtemps notre système de santé.

Les réponses ont été construites, des moyens inédits ont été déployés et nous sommes dans la phase « ingrate » de la mise en œuvre, phase « ingrate » parce que jugée parfois à juste titre trop lente.

Mais nous suivons un cap qui est le bon : instaurer un système de santé mieux organisé entre la médecine de ville et la médecine hospitalière dans les territoires et libérer du temps médical utile pour faciliter un accès de soins de qualité pour tous les Français.

Les impatiences et les colères sont pourtant nombreuses, je le sais.

Je pense en particulier à l’hôpital public et je voulais terminer par là pour mieux insister et pour rappeler mon attachement indéfectible à l’hôpital.

Je connais bien l’hôpital public, je sais ce qu’il représente pour les Français et je sais ce que les Français lui doivent. Ma détermination pour aider les soignants est infatigable.

Ma Santé 2022 a été déclinée en 2019 spécifiquement aux urgences, avec le pacte de refondation et à l’hôpital public avec le plan investir pour l’hôpital.

Cette feuille de route pour l’hôpital public est une réponse sans précédent.

Beaucoup de perspectives s’ouvrent devant nous, que nous allons concrétiser comme nous avons déjà concrétisé beaucoup d’annonces récentes – je pense aux primes des urgences, au dégel des tarifs ou encore à l’opération-vérité sur les lits d’aval dans tous les hôpitaux.

Quand je prends l’engagement d’augmenter les budgets de l’hôpital pour les trois prochaines années, je pose un acte majeur.

Oui, nous étions arrivés au bout d’une logique.

Oui, nous avons décidé qu’il fallait réinventer la régulation financière de l’hôpital.

Oui nous avons levé des sujets qui ne sont plus des tabous : le capacitaire en lits, la progression des tarifs, la plus grande participation de l’Etat au financement des investissements des établissements de santé.

Cette rupture, c’est aussi une décision concrète qui se traduira dans le quotidien des soignants comme des patients.

Mesdames, messieurs,

J’ai évoqué beaucoup de sujets, qui sont aussi beaucoup de chantiers et je sais que vous les suivez avec la plus grande attention, pour informer nos concitoyens.

J’ai commencé mon propos en disant que vous étiez indispensables à la démocratie sanitaire, à la démocratie sociale et à la démocratie tout court.

Les transformations profondes que nous engageons ont besoin d’être connues, non pas pour satisfaire personnellement la ministre que je suis, mais pour que les Français s’emparent des dispositifs que nous créons.

Je vous le dis comme je le pense : si l’action politique ne rencontre pas le quotidien des Français, elle est tout bonnement inutile.

De très beaux projets sont nés ici depuis deux ans et demi ; d’autres sont en construction et formeront demain l’Etat social moderne qui aide et qui protège chacun, du premier au dernier souffle, à chaque étape de la vie.

Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 2020.

Je laisse maintenant la parole à Christelle Dubos ; Adrien Taquet et Laurent Pietraszewski poursuivront et ensuite, j’inviterai Lucie Prusaz, présidente de l’AJIS, à poser la première question.

Je vous remercie.

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Discours d’Agnès BUZYN sur les Aides-soignants – 12 février 2020

Agnès Buzyn Séquence Aides-soignants 12 février 2020

Madame la ministre, chère Myriam El Khomri,

Mesdames, messieurs les élu(e)s,

Chers tous,

Je tenais à être présente aujourd’hui, pour mettre en lumière un métier absolument central pour notre système de soin.

Mettre en lumière ce métier, c’est d’abord parler de celles et ceux qui l’exercent au quotidien, c’est regarder en face leurs difficultés et c’est construire ensemble des solutions pour demain.

Chère Myriam El KHOMRI, votre rapport ne nous a pas invité à faire autre chose.

Nous connaissions les enjeux du métier d’aide-soignant et les constats sont très largement partagés.

La situation est celle d’un double fossé :

• D’abord un fossé entre les besoins et l’attractivité des métiers.

Les besoins sont immenses, et ils ne cesseront de grandir, notamment dans le domaine du grand âge.

Or l’attractivité de ces métiers décline, avec des chiffres qui nous inquiètent et nous obligent à changer de braquet : entre 2012 et 2017, on constate une diminution de 25 % du nombre de candidatures aux concours d’entrée des instituts de formation des aides-soignants (IFAS).

• Le second fossé est celui qui sépare le sentiment d’invisibilité dont témoignent les professionnels et la fierté qu’ils éprouvent au quotidien, la fierté d’exercer un métier du soin, un métier plein de sens.

Comme vous le dites souvent chère Myriam, « les attentes que nous avons vis-à-vis des aides-soignants, mais aussi d’autres métiers comme les auxiliaires de vie à domicile, sont inversement proportionnelles à la reconnaissance dont nous les gratifions ».

Aujourd’hui nous sommes ici pour montrer comment nous pouvons avancer pour réduire ce double fossé, pour renforcer l’attractivité du métier d’aide-soignant et pour témoigner à ceux qui l’exercent de notre gratitude collective.

Faire un métier qui a du sens, c’est bien, faire ce métier dans de bonnes conditions, c’est mieux et pour tout dire, c’est normal, c’est légitime, c’est nécessaire.

Avant d’entrer dans le détail, je veux dire deux mots sur la méthode :

• Je viens de rencontrer le groupe de travail qui a été constituée et qui a associé les premiers concernés, les aides-soignants eux-mêmes, mais aussi les acteurs de la formation, des organisations syndicales et des employeurs.

Ce groupe a travaillé pendant des mois et je remercie chaleureusement celles et ceux qui s’y sont engagés, parce que les choses avancent, des propositions solides sont aujourd’hui sur la table et c’est tout un secteur du soin qui est en train de se réinventer.

• L’approche était la plus globale possible : en regardant les évolutions sociétales, les besoins émergents et la spécificité des patients pris en charge, nous avons dépassé une approche purement technique du métier d’aide-soignant.

Autrement dit, le groupe a dépassé l’approche technique pure pour aborder le sujet par le sens, par les compétences, par les défis qui se posent.

• Le groupe a donc formulé des recommandations très concrètes, qui portent à la fois sur les missions et compétences des aides-soignants, les attendus de leur formation, les modalités d’accès à la formation et les formations complémentaires spécifiques orientées autour des problématiques propres de la personne âgée.

Une fois la méthode rappelée, je souhaite vous préciser concrètement ce que nous allons faire :

D’abord, pour renforcer l’attractivité, nous voulons envoyer un signal en ouvrant le plus largement possible l’accès à la formation initiale

Ce que nous constatons, je l’ai dit, c’est une baisse très nette des candidatures au concours d’aide-soignant ; parallèlement, les premiers éléments de bilan disponibles sur la suppression récente du concours d’entrée en Institut de formation aux soins infirmiers et l’articulation avec Parcours sup montrent un afflux de candidatures.

Par ailleurs, le concours actuel d’aide-soignant ne permet pas de valoriser de façon satisfaisante certaine compétences humaines absolument essentielles pour l’exercice du métier d’aide-soignant.

C’est pourquoi je souhaite que nous supprimions le concours d’entrée en IFAS dès septembre 2020. C’était une des recommandations du rapport El Khomri.

Le concours sera remplacé par un système d’examen de dossiers qui permettra d’identifier des compétences clés pour ce métier, et, pour ceux qui auront été sélectionnés, cet examen sera complété par un entretien, pour confirmer l’inscription et s’assurer de la pertinence de cette orientation.

Ce système permettra de limiter les désistements en cours de formation – et c’est un point central : les candidats doivent savoir ce qui les attend et arriver dans un cursus qui correspond à leurs profils, à leurs attentes, à leurs aspirations.

En 2021, une réflexion sera menée avec le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation pour travailler sur la visibilité de ces formations en articulation avec la plateforme Parcours sup.

Je veux apporter ici trois précisions extrêmement importantes :

• D’abord, supprimer le concours, ce n’est pas baisser le niveau d’exigence.

L’évaluation des candidats restera sélective, mais au même titre que ce que nous faisons ailleurs dans les études de santé, nous voulons diversifier les parcours et favoriser les compétences et les projets plutôt que les connaissances.

Ce qui compte, c’est le niveau de qualification à la sortie, pas à l’entrée.

Je préfère de beaucoup un diplômé compétent et solide sur ses appuis dans sa pratique professionnelle, à un candidat qui réussit un concours.

Et je vous le dis comme je le pense : supprimer le concours, c’est lever un frein psychologique et c’est élargir l’appel des vocations.

• Ensuite, il y aura un dispositif transitoire, notamment pour ceux qui préparent en ce moment le concours.

• Enfin, et cela va de soi, les IFAS seront accompagnés dans ce changement.

Pour des communautés pédagogiques imprégnées d’un certain mode de sélection, la suppression du concours, c’est un vrai défi à relever, j’en suis bien consciente.

Nous travaillons donc en étroite collaboration avec Régions de France pour accompagner cette transition, et Claire Bernard, que je salue, directrice des Etudes de Régions de France, peut en témoigner.

Nous aurons aussi à travailler sur la diversification des voies d’accès, notamment sur l’apprentissage et la valorisation des acquis de l’expérience. Ce sont des points essentiels sur lesquels l’Etat et les Régions doivent travailler main dans la main.

Ensuite, pour renforcer l’attractivité, nous travaillons sur les missions et les compétences des aides-soignants qui reflètent vraiment le sens du métier, en cohérence avec le rapport de Myriam El Khomri.

Notre ambition, c’est de sortir d’une vision du métier d’aide-soignant réduite à l’exécution d’une série d’actes, voire de tâches. Et de reconnaître ce qui fait leur spécificité propre.

Le groupe de travail a mis en valeur pour la première fois trois missions absolument centrales :

• Accompagner la personne dans les activités de sa vie quotidienne et sociale et dans le respect de son projet de vie ;

• Collaborer au projet de soins personnalisé dans son champ de compétences ;

• Et enfin, contribuer à la prévention des risques et au raisonnement clinique interprofessionnel.

Ce sont des points absolument centraux, et je veux mettre un accent particulier sur la prévention : nous avons annoncé au mois de janvier une stratégie de prévention de la perte d’autonomie liée à l’âge, qui montre que la perte d’autonomie n’est pas une fatalité, et que des marges d’autonomie peuvent toujours être préservées.

Chère Myriam, je me souviens du témoignage d’un aide-soignant formidable, membre de votre équipe projet, sur les gestes quotidiens qui permettent de préserver l’autonomie des résidents.

Quel défi et quel sens pour le métier d’aide-soignant de demain !

A la fin du mois d’avril, je présenterai en détail le nouveau référentiel des missions, des activités et des blocs de compétences de la profession.

D’ici là, nous avons encore des sujets à approfondir avec tout le monde autour de la table. Je souhaite évidemment que les représentants des infirmiers soient associés à ces travaux.

Pour renforcer l’attractivité, nous voulons aussi refondre le contenu de la formation initiale.

Logiquement, la refonte du référentiel des missions, des activités et des compétences entraînera une refonte des modules de formation, avec de nouveaux enseignements autour :

• Du repérage des fragilités ;

• Des « nouveaux » actes réalisables par les aides-soignants ;

• De la démarche qualité ;

• De la gestion des risques pour les patients mais aussi pour les aides-soignants eux-mêmes ;

• Du raisonnement clinique en équipe pluri-professionnelle ;

• Et enfin, des enseignements nouveaux devront être dispensés autour des outils de communication, de la domotique et de tout ce qui doit faciliter leur pratique professionnelle future.

Pour prendre en compte ces nouveaux enseignements et ces nouvelles ambitions, la formation sera légèrement allongée et équilibrée avec une répartition égale entre la formation pratique et théorique, pour une durée totale de 44 semaines.

Je présenterai en détail le nouveau référentiel de formation de la profession d’ici à la mi-mai, pour une mise en œuvre en septembre.

Il nous restera à mener la réflexion, en lien avec les conseils régionaux, sur la capacité de l’appareil de formation de nos instituts, qui doivent accueillir plus d’élèves aides-soignants.

Dans un contexte de renforcement de l’attractivité de la profession qui doit amener à porter un regard différent sur le métier, cette augmentation prendra tout son sens.

A nouveau les équipes pédagogiques des IFAS seront évidemment accompagnées.

Il y a un point spécifique dont je veux parler aussi : lors de la présentation de votre rapport, chère Myriam, j’avais été frappée par le témoignage d’un membre de votre équipe projet, qui rappelait que les aides-soignants ne peuvent pas enseigner eux-mêmes en IFAS.

Cela ne me paraît pas juste, et même contraire au bon sens. Les aides-soignants doivent pouvoir partager leur savoir, leur expérience, et former ceux qui feront l’avenir de leur profession. Nous allons changer cela, rapidement.

Enfin, chère Myriam, vous avez identifié dans votre rapport les situations particulières des personnes en reconversion professionnelle, qui doivent payer très cher leur formation initiale, lorsque Pôle Emploi n’a pas pris en charge le coût de la formation.

Nous travaillons avec le ministère du travail sur ces freins à l’entrée en formation et plus largement, avec l’ensemble des acteurs de la formation et de l’insertion professionnelle, sur la façon dont nous pourrions mobiliser au mieux ce gisement formidable d’emplois à l’avenir.

Quatrième point : pour renforcer l’attractivité, nous allons aussi revoir la formation continue.

Nous le savons : les aides-soignants sont et seront toujours davantage en première ligne pour l’accompagnement des personnes âgées.

Mais jusqu’à aujourd’hui, soyons lucides, soyons honnêtes et disons les choses clairement : la formation et la reconnaissance financière n’étaient pas à la hauteur de cette mission fondamentale. Pour changer cela, nous avons pris plusieurs décisions.

D’abord, je l’ai annoncé dans le cadre des mesures « investir pour l’hôpital » le 20 novembre dernier, et cela concerne l’ensemble des aides-soignants exerçant en EHPAD, en unités de soins longue durée ainsi qu’en service de soins de suite et de réadaptation ou de médecine gériatrique.

Ils bénéficieront tous d’une nouvelle prime de 100 euros nets par mois.

Cette prime est effective depuis janvier 2020, et elle sera versée avec effet rétroactif d’ici quelques semaines.

J’en viens à la question cruciale de la formation.

Jusqu’à présent, la seule formation spécifique consacrée aux besoins du grand âge était la formation d’assistant de soin en gérontologie, centrée principalement sur les besoins des personnes ayant des troubles cognitifs lourds.

Nous avons donc décidé de changer d’approche : sortir d’une minorité de soignants formés et passer à une majorité de soignants formés.

Une nouvelle formation certifiante de 105 heures sera donc accessible aux aides-soignants travaillant auprès de nos aînés.

Son contenu a déjà été travaillé avec les membres du groupe de travail et sera présenté début mars.

Les premières formations « accompagnement du grand-âge en équipe » pourront débuter d’ici la fin de l’année.

Cette formation socle sera complétée d’un module complémentaire facultatif, d’une semaine, centré sur les troubles cognitifs les plus lourds – l’ensemble correspondant aux exigences actuelles de la formation ASG.

Cette démarche est avant tout destinée à renforcer les compétences, à développer la culture du grand âge et de la bientraitance et à consolider une pratique professionnelle, en permettant à chacun de participer à des formations collectives et de rompre ainsi une forme d’isolement professionnel.

Les établissements seront très fortement incités à envoyer les professionnels en formation, en concevant des plans de formation bien plus ambitieux. J’y serai extrêmement attentive.

Je veux toutefois être très claire : le versement de la prime est un acquis, il ne sera pas conditionné à la réalisation de la formation.

Il y a d’un côté la prime, et de l’autre, l’affirmation d’une ambition très large de formation.

S’agissant de l’articulation avec l’actuelle prime ASG, évidemment, ceux qui touchent cette prime aujourd’hui ne doivent pas être pénalisés.

Cela signifie d’abord qu’ils basculeront vers la prime générale grand âge, qui est plus favorable financièrement.

Cela signifie aussi que leur spécificité sera reconnue : ils seront réputés avoir effectué la formation sur le grand âge.

Autre point important souligné par le rapport de Myriam EL KHOMRI : pour renforcer l’attractivité, nous devons faciliter les passerelles.

Nous allons fluidifier les parcours des aides-soignants vers plusieurs métiers : je pense évidemment aux auxiliaires de puériculture, au métier d’assistant de régulation médicale, ou aux métiers de l’accompagnement éducatif et social.

Par ailleurs, je veux que nous réduisions la durée du cursus infirmier qui est aujourd’hui de 3 ans pour les aides-soignants qui ont déjà exercé plusieurs années. Je souhaite que les dispenses de formation et de stage soient revues dans ce sens.

Dans le prolongement de cette réflexion, je souhaite également que les conditions de reclassement des aides-soignants devenant infirmiers par le canal de la promotion professionnelle soient améliorées.

Nous devons aussi lutter avec une énergie toute particulière contre la pénibilité et contre la sinistralité.

Nous savons que les accidents du travail et les maladies professionnelles sont très fréquents dans le secteur hospitalier et celui du grand âge.

Un tel niveau n’est pas acceptable, à la fois pour les agents mais aussi parce qu’un fort niveau d’absentéisme porte atteinte à la qualité du service rendu, et engendre toujours une pression supplémentaire sur l’ensemble des agents.

Nous allons donc renforcer résolument les moyens financiers dédiés à la prévention de la sinistralité, en créant un fonds national de prévention doté de 40 millions d’euros et dédié au financement d’actions très concrètes de prévention dans la fonction publique hospitalière.

Les structures du secteur privé connaîtront également une hausse substantielle des aides dédiées à la prévention.

En cas de conclusion d’un accord de branche prévoyant des actions de réduction de la pénibilité, des investissements pourront être cofinancés par la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la sécurité sociale.

Enfin, vous le savez, nous travaillons sur la gestion des fins de carrière.

J’ai ainsi souhaité que nous identifions, en fin de carrière, des mécanismes spécifiques à l’hôpital, pour faciliter les reconversions et alléger de manière supplémentaire le temps de travail lorsque c’est nécessaire.

Je suis très attachée à ce chantier essentiel de gestion des parcours professionnels des hospitaliers.

Un nouvel outil d’aménagement du temps de travail et de reconversion sera mis en place, avec un temps partiel de fin de carrière financé par le Fonds pour l’Emploi Hospitalier.

L’objectif, c’est de permettre aux aides-soignants et aux agents des services hospitaliers qualifiés d’opter pour un mi-temps payé à 75% sur leurs deux dernières années de carrière et de continuer à cotiser pour leur retraite à 100%.

Et surtout je rappelle mon engagement pour la création d’un grade de débouché en catégorie B pour les aides-soignants en fin de carrières.

Mesdames, messieurs,

Vous le voyez, nous entrons dans une période très dense pour répondre aux grands enjeux relevés dans le rapport EL KHOMRI, pour répondre à ce que nous disent les professionnels.

Nous avons beaucoup avancé, mais nombre de sujets sont encore devant nous.

S’il est indispensable de se confronter spécifiquement aux enjeux du métier d’aide-soignant, nous n’oublions pas pour autant les autres métiers ; pour ce qui concerne le grand âge, je pense évidemment aux enjeux fondamentaux des métiers du domicile.

Je veux donc rappeler le calendrier qui est devant nous sur le sujet général de la réforme du grand âge.

Conformément à l’engagement du Premier ministre, la réforme du grand âge et de l’autonomie fera l’objet d’un projet de loi spécifique présenté à l’été 2020.

Il permettra de répondre aux attentes légitimes des Français, que chacun connaît :

• rester chez soi le plus longtemps possible grâce à des services à domicile renforcés ;

• pouvoir choisir un lieu de vie intermédiaire entre le domicile et l’établissement ;

• être accueillis dans des EHPAD rénovés ;

• être mieux en capacité d’assurer financièrement le coût d’un hébergement en établissement ;

• être accompagnés par des professionnels bien formés et en nombre suffisant.

Dans chacun des axes de cette réforme, nous aurons une double ambition : répondre aux attentes des aînés et de leurs proches, et augmenter la qualité de vie au travail des professionnels.

A titre d’exemple, rénover les EHPAD, c’est aussi :

• promouvoir un nouveau mode d’organisation spatiale, en petites unités de vie, pour un meilleur suivi par les professionnels ;

• c’est équiper les EHPAD avec des instruments qui facilitent la vie des professionnels : des rails de transfert, des fauteuils électriques, des systèmes de détection des chutes, mais aussi des outils numériques comme les dossiers patients informatisés et interopérables.

De la même manière, réformer le maintien à domicile, c’est aussi augmenter l’accès à la formation et aux temps de coordination pour les auxiliaires de vie.

L’objectif est bien, je le répète, la présentation du projet de loi à l’été.

Une conférence nationale des métiers du grand âge rassemblant toutes les parties prenantes concernées sera ensuite organisée dans la foulée de la présentation du projet de loi.

Cette conférence nationale assurera la mise en œuvre des initiatives qui ne relèvent pas de l’Etat mais qui nécessitent la mobilisation de toutes les parties prenantes, les collectivités, les partenaires sociaux et les fédérations.

Voilà où nous en sommes, il reste du chemin mais l’étape d’aujourd’hui montre que nous avançons à un bon rythme et que nous sommes sur la bonne voie.

La façon dont nous réinventons le métier d’aide-soignant est significative de l’ambition que nous portons pour notre système de santé. Je suis fière de pouvoir, aux côtés de Myriam El Khomri, jeter les bases d’un métier résolument tourné vers l’avenir.

Parce que le système de santé n’est rien sans ceux qui le font vivre.

Et à ceux qui le font vivre, je veux que nous apportions collectivement de la reconnaissance et des perspectives, pour que la société tout entière soit digne de ceux qui sont en première ligne dans la prise en charge des patients, de nos aînés, de nos proches, de nous-mêmes.

C’est évidemment le cas des aides-soignants et nous mesurons tout ce que nous leur devons en construisant dès aujourd’hui, avec eux, avec vous, l’avenir de ce beau métier.

Vous pouvez compter sur ma détermination.

Je vous remercie.

pdf Discours – Agnès BUZYN – Aides-soignants – 13 février 2020 Téléchargement (265.4 ko)
pdf Communiqué de presse – Agnès BUZYN – Aides-soignants – 13 février (…) Téléchargement (288.1 ko)

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